Cette date ne dit sûrement pas grand-chose à la plupart des gens. C’est pendant la guerre, certes, mais trois mois avant l’entrée des USA dans le conflit à la suite de Pearl Harbour, et c’est un moment où l’Allemagne nazie triomphe un peu partout et avance profondément sur le territoire de l’URSS qu’elle avait envahi six mois plus tôt.
Et, pourtant, cette date est celle d’un record … un bien épouvantable record.
Ce jour là, près de Kiev, les nazis massacrèrent à la mitrailleuse, au bord d’un ravin à Babi Yar (Le ravin « de la vieille femme »), trente trois mille hommes, femmes et enfants juifs. Autant que la population actuelle de Mâcon, préfecture de la Saône-et-Loire.
La ville de Kiev comprenait de l’ordre de cent vingt mille Juifs pour une population un peu inférieure à un million d’habitants. En 24 heures c’est donc plus d’un quart des Juifs de Kiev qui, convoqués la veille de Yom Kippour, furent abattus de façon sauvagement industrielle. Jamais, même au summum du « rendement » ultérieur des camps d’extermination on ne retrouva un tel nombre de morts en si peu de temps.
Si, en ce jour, il me semble utile de rappeler cette date, c’est parce que, dans la foulée des irrésistibles progrès électoraux du FN, des révisionnistes, avérés ou souterrains, continuent eux aussi de progresser en profitant de la disparition de beaucoup des survivants pour raconter que la Shoah n’est qu’une légende.
Nous n’avons tout simplement pas le droit d’oublier.
Nous n’avons pas le droit de fermer les yeux devant la similitude économique, politique, idéologique entre l’Europe des années trente et celle d’aujourd’hui …
Nous n’avons pas le droit de nier que ce sont ces conditions qui firent du peuple le plus cultivé d’Europe l’instrument du crime génocidaire le pire de toute l’Histoire de l’humanité.
Ce soir j’entendis Stéphane RAVIER, nouveau sénateur FN des Bouches-du-Rhône, se vanter d’être depuis longtemps « un soldat de LE PEN » … ça n’est probablement que par une insuffisance de vocabulaire qu’il n’a pas dit « un soldat du Fuhrer LE PEN ».
Ecoutons, entendons, souvenons-nous … et levons-nous pour dire « Plus jamais ça », tant qu’il est temps. Ça urge !
Jean-Paul Bourgès 29 septembre 2014