Louise de QUENGO de TONQUEDEC était une fort pieuse Bretonne, et il était tout à fait logique et normal que ses funérailles fussent présidées par l’évêque de Saint Brieuc, entouré de la famille de la défunte, d’une foule considérable et au son des binious.
Son cercueil était recouvert du drapeau de la Bretagne avec ses hermines. Les autorités locales assistaient à la cérémonie … dont ils espéraient quelques retombées positives pour le village de Tonquédec et ses mille habitants.
Mais qu’était donc, avant de décéder à l’âge de soixante ans, cette Louise dont les obsèques remuèrent jusqu’au Préfet qui dut rendre ses armes républicaines devant la volonté des soixante descendants et des édiles de Tonquédec d’ensevelir Louise dans leur village alors qu’elle était décédée à Rennes ?
Tout juste une femme mariée à un certain Toussaint de PERRIEN. Elle était issue d’une illustre famille de bonne noblesse bretonne (En existe-t-il qui ne soit pas « bonne » ?). Décédée en 1656 à Rennes, elle avait été installée, habillée de tous ses atours, dans un sarcophage enfoui sous le sol du couvent des Jacobins, où on la trouva, intacte, en 2014 à l’occasion d’un chantier concernant cet ancien couvent.
Alors que Dame Louise n’avait pas dû souvent se montrer telle que le Créateur l’avait faite, même à Messire Toussaint de PERRIEN, son époux, on la déshabilla et une partie de ses restes fut prélevée afin d’être analysée au CHU de Toulouse. Quant à ses habits, ils étaient comme neufs et on ne les lui a pas remis avant de procéder à sa deuxième inhumation dans le cimetière de Tonquédec.
Ils vont pouvoir être exposés dans un local adéquat de Tonquédec … et les élus locaux espèrent bien que cela amènera des touristes attirés par ces restes d’un passé datant de l’époque où Louis XIV, ayant dix-huit ans, venait de décider de gouverner directement le Royaume de France en proclamant « L’Etat c’est moi ».
Ce commerce posthume d’un cadavre, très largement posthume, est assez caractéristique de notre époque où tout peut être transformé en bon euro sonnant et trébuchant pourvu qu’un communiquant avisé s’en occupe.
Quel monde !
Jean-Paul BOURGÈS 29 septembre 2015