Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 31 juillet 2013

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Reprendre un sujet dans le bon ordre

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans l’affaire de la collecte et du traitement des ordures ménagères sur le Plateau Vivaro-Vellave, dont j’ai plusieurs fois expliqué le contexte et les épisodes, les choses évoluent lentement mais sûrement.

Ce lundi nous avons vécu une étape fort intéressante où des représentants des différentes parties (La mairie de Saint Agrève, le Syndicat Intercommunal - SICTOM, le collectif associatif dont je suis membre, qui combat le projet du Syndicat depuis bientôt trois ans, et le médiateur investi dans la concertation imposée par le maire de Saint Agrève) ont entrepris de donner la parole aux habitants afin de savoir quelle solution leur convient le mieux, à partir d’un questionnaire élaboré par ces quatre parties. Nous étions donc aussi quatre à la mairie toute la matinée, jour de marché, pour recevoir ceux qui voulaient comprendre comment répondre à ce questionnaire en fonction de leur situation personnelle.

Nous verrons bien ce qui résultera de cette étape. Les habitants concernés se rallieront-ils largement à la formule que le SICTOM tenta d’imposer il y a trois ans ? Opteront-ils plutôt pour une alternative plus collective, telle que ce que propose le collectif associatif ?

Pour moi l’important n’est pas uniquement dans la caractéristique du système qui sera finalement mise en œuvre, mais beaucoup plus dans le fait qu’une démarche technocratique ait été stoppée.

A l’issue de la séance de lundi, le vice-président du SICTOM a eu la franchise de me dire « Le problème c’est que les élus communaux n’y connaissent rien et qu’ils ne s’y intéressent pas » (En clair : « on a décidé tous seuls puisqu’ils s’en fichaient »).

Toute la question de ce qu’est et signifie la démocratie se trouve condensée dans cette formule énoncée sans malice.

Comme le disait Winston CHURCHILL, la démocratie (Il voulait dire la démocratie telle que nous la pratiquons en Europe et en Amérique du Nord) est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Devant un éloignement de plus en plus marqué entre les citoyens et ceux qui prennent des décisions qui les concernent, l’émergence d’une démocratie participative de terrain est un réel espoir de retrouver une vie plus proche des citoyens.

Quand on voit la profonde dévalorisation des hommes et des femmes politiques, que ne ralentira pas une déclaration comme celle de NKM où elle déclarait récemment à un journal américain « Je suis une tueuse … », c’est de la base que doit repartir la confiance.

Chaque décision locale doit être discutée largement, ce qui signifie que les citoyens doivent se réapproprier les choix politiques au sens de ce qui conditionne la vie de nos cités.

Mais faire ça, au moment où les petites villes se sont vidées au profit des grandes villes … et alors que ce qui domine désormais ce sont des mégapoles où la dizaine de millions d’habitants est devenue l’unité de base, reconnaissons qu’à côté le combat de David contre Goliath ne paraissait pas aussi déséquilibré. C’est pourtant le seul chemin pour éviter à nos sociétés de basculer dans des systèmes politiques où le citoyen n’est plus qu’une unité de consommation, mais assurément plus une unité de décision. Dès lors voter n’apparaîtrait plus que comme un archaïsme à laisser tomber au plus vite. La situation en Chine, où le système semble avoir un mal extrême à maîtriser les frustrations et les révoltes,  suggère l’idée que le pire est devant nous.

Cela peut paraître dérisoire, mais tenir une réunion publique où quatre vingt personnes viennent dans un village de trois cents habitants ou répondre, côte à côte avec le responsable du SICTOM, et sans s’écharper, aux questions des habitants lors d’une permanence, m’apparaît comme une réelle avancée … non surtout du sujet lui-même, mais d’un retour à la démocratie.

Drôle de façon d’occuper ses vacances … peut-être, mais la « chose publique » restera toujours pour moi un sujet captivant que je préfère pratiquer que théoriser … à côté de la cueillette des giroles et de la cuisine qui en découle Le poulet fermier, cuit au four dans une poterie où les parfums des giroles, des golmotes et des cèpes se mêlaient …, était un délice).

Jean-Paul Bourgès, le 31 juillet 2013

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.