L’équilibre du monde est en train de changer à une vitesse assez extraordinaire.
La Chine, naguère masse humaine sans aucune importance pour tous ceux qui méprisaient « ces petits hommes jaunes », est devenue la première puissance économique mondiale et l’Afrique ne sera sortie que pour peu de temps du statut de colonie des pays européens avant de redevenir une colonie chinoise, sans action militaire ni engagement dans les conflits de cet immense continent.
Le Proche-Orient, autrefois sans autre rôle que celui de réservoir de pétrole qui nous permettait de nous y approvisionner en ressource énergétique, est devenu le lieu d’affrontements religieux d’un autre temps devant lesquels le monde occidental n’a pas plus de réaction qu’un lapin devant un cobra, alors qu'ils menacent de se répandre encore plus vite que le virus d'Ebola.
L’Amérique Latine, fort difficilement, se libère peu à peu de la tutelle de sa voisine du Nord et c’est d’Argentine qu’est venu celui qui dirige désormais le Vatican avec ce qui apparaît comme une volonté d’en revenir aux principes fondamentaux de l’Evangile.
La question de la position de l’Ukraine, rotule entre l’Europe occidentale et la Russie, remet au goût du jour les grands affrontements du continent européen et les vexations infligées sottement à la Russie n’ont pu que conduire Vladimir 1er à se rebiffer à la manière d’un colonel du KGB, c’est à dire violemment, mais pas frontalement.
Plus les choses évoluent, et elles le font très vite, plus on a le sentiment que la paix devient si fragile qu’elle pourrait passer par le chas d’une aiguille.
Et, pendant ce temps, en Russie, on préserve les traditions et les vieilles superstitions. Parce que l’entrée d’un chat dans un nouveau logement, avant les propriétaires, est un présage de bonheur, une banque russe, la Sberbank, en fournit un, à titre temporaire, à tout souscripteur d’un prêt immobilier afin qu’il dispose de l’animal à faire entrer le premier dans le logement objet du prêt.
Le lien entre l’actualité ukrainienne et ce coup de pub de la Sberbank, c’est que cette banque publique russe est l’une des cibles majeures des mesures de rétorsion décidées par les dirigeants européens pour sanctionner la Russie.
Pour laisser la paix passer par le chas de l’aiguille, n’allons-nous pas lancer une cohorte de chats noirs envahir la Russie ?
Jean-Paul Bourgès 31 août 2014