Police à l'école: crier avec les loups

Je crois que ce qui se joue, dans notre pays, aujourd’hui, n’est pas le fruit du hasard, mais rentre dans une stratégie globale d’instrumentalisation ou de pression des personnels de l’enseignement public (voir notamment l’affaire de la base-élèves, ou l’étude interne de veille des opinions commandée par l’éducation nationale pour identifier “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau”.).

Je crois que ce qui se joue, dans notre pays, aujourd’hui, n’est pas le fruit du hasard, mais rentre dans une stratégie globale d’instrumentalisation ou de pression des personnels de l’enseignement public (voir notamment l’affaire de la base-élèves, ou l’étude interne de veille des opinions commandée par l’éducation nationale pour identifier “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau”.).

Sens moral au sens de l'éthique, déontologie par rapport à son propre rôle
D’ “éducateur” qu’on cherche sciemment à balayer, il me semble.

De ce point de vue la vidéo effarante de proviseurs assistants à une attaque de chiens et de policiers,

(à faire circuler de toute urgence!) applaudissant au triomphe de la violence censé venir au secours de la “vertu” en dit long sur l’affaissement de nos “humanités”, sur les dérives d’un certain nombre de personnels de l’Éducation Nationale.
Cette vidéo de préparation générale des “esprits”, annonce déjà ce qui va se passer dans le Gers.

 

Sur Libé Labo/interview croisé/papa de Zoé, Proviseur du Collège


Dans l’affaire du collège de Marciac, le directeur, se retrouvant sans doute piègé par l’intervention à laquelle il s’est trouvé de fait associé, tentera encore quinze jours après les faits, de la justifier, faisant semblant de ne pas comprendre, ce qu’un enfant de 14 ans, comme Zoé, elle, saisit très bien… le débarquement de la violence un beau matin dans une école de la république, au nom même des principes de la république… avec son cortège de vexations, de bêtise, pour se terminer en prise de pouvoir sur votre corps adolescent…

Et il faut saluer encore une fois, ici, le courage du papa de Zoé ou de ce professeur de BTS, premiers et si seuls dans leur réaction au commencement de cette affaire…

 

Comme si dans cette époque de renoncement généralisé, un problème de conscience était la chose la plus déraisonnable !

 

Il y a plusieurs années le dramaturge Bernard-Marie Koltés écrivait “Combats de nègres et de chiens”, dans cette pièce de théâtre, il était question d'après mes souvenirs d’une époque bien évidemment révolue, de colonisation des esprits et des hommes, de domination, d’arbitraire, de pouvoir, et de peur. Surtout de peur !

 

P.-S. Cette affaire par tous ses tenants est "fascinante" ou fascisante c'est selon ... Faut-il vraiment arrêter de “crier au loup… ou avec les loups” comme le demandent certains internautes dont je lis les contributions ce matin sur certains sites ? Plus choqués par nos réactions, que par l’attitude des institutions de notre République.
Pourtant l'utilisation de la métaphore du loup dans cette affaire, révèle bien chez ces blogueurs, la folie même de la situation, le malaise qui finit par les traverser eux aussi, inconsciemment.
Mais qu’est-ce qui avance “à pas de loup” pour insidieusement grignoter quoi? dans cette république-là ?
Bête, bêtise, rapport de la force et du droit, de la bêtise et de la justice. Qui fait la Bête ? Qui rend l’homme plus bête que l’animal ?
Le dernier cours du Philosophe Jacques Derrida qui vient de sortir aux Éditions Galilée intitulé “la Bête et le souverain”, interroge prémonitoirement, je crois, toutes ces notions…

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