Les accents poujadistes de Marianne

Ah ! la FaceBook-democracy et ses débats fair-play !...

Guillaume Meurice vient de publier le billet suivant dans Siné mensuel :

 © Guillaume Meurice © Guillaume Meurice

Sur ce, Marianne a réagi par un billet d'humeur où Guillaume Meurice est accusé de donner des coups de rame aux petits commerçants qui se noient, de cracher sur la tombe de ceux qui se sont suicidés, bref d'être une belle ordure. Il y a même quelques références godwinesques aux résistants et aux collabos pour faire bonne mesure.

Comme il m'a semblé clair que Marianne préférait tirer la chose dans le sens populiste et démago qui flattait le gros de son lectorat présumé, je me suis fendu d'un commentaire sur le post FaceBook où Marianne faisait la promotion de son édito :

"C'est la presse poubelle qui dit que le billet publié dans Siné mensuel vise les petits commerçants, pas Meurice. Son texte, qui est super bien vu et très percutant d'un point de vue politique, met le doigt sur une énorme contradiction chez les entrepreneurs qui ne jurent que par le néolibéralisme : quand tout va bien, il est facile de défendre la loi du plus fort, de prôner la concurrence à tout crin, de mépriser les faibles et de chier sur la solidarité. Mais quand vient la grosse crise, toute cette idéologie arrogante s'écroule comme un château de cartes et il devient évident que la solidarité à du bon, finalement. Cette critique vise ceux qui jouent les gros bras, pas ceux ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Il est inquiétant que Marianne, qui se dit de gauche et revendique une forme de subtilité, passe complètement à côté de ça et verse dans un poujadisme de bistro."

Dans les minutes qui ont suivi, dès que les petits pouces levé et les petits cœurs sont arrivés, j'ai perdu toute possibilité d'accès à mon propre commentaire. Ils l'ont purement et simplement viré manu militari. Qu'est-ce qui se passe, Marianne ? On n'est pas d'humeur à faire la causette ?

 

 

 

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