On voudrait un gouvernement

Le gouvernement qu'on voudrait.

On voudrait un gouvernement qui n’enlève pas aux plus pauvres pour donner aux plus riches. On voudrait un gouvernement qui ne supprime pas l’ISF et qui n’instaure pas la flat tax parce qu’il sait très bien qu’en 2018, plus de 49 milliards d’euros ont été distribués en dividendes, ce qui est un record absolu depuis une vingtaine d’année. On voudrait un gouvernement conscient que les 20 milliards d’euros de CICE sont un cadeau aux grandes entreprises qui ne crée aucun emploi. On voudrait un gouvernement qui s’applique à redistribuer la richesse produite équitablement en réformant le système fiscal. On voudrait un gouvernement qui ne ferme pas les yeux sur les paradis fiscaux, ni sur l’optimisation fiscale légale et encore moins sur l’évasion fiscale illégale. On voudrait un gouvernement qui dégage les sommes nécessaires à une politique de solidarité au lieu d’en remplir les poches des « premiers de cordée » qui, comme le patron de LVMH en 2017, peuvent gagner jusqu’à 2,8 millions d’euros par heure.

On voudrait un gouvernement qui respecte les gens qui ont travaillé toute leur vie et qui ont cotisé toute leur vie pour leur retraite. On voudrait un gouvernement qui ne considère pas la vieillesse comme un marché destiné à enrichir les fonds de pension et autres gestionnaires d’actifs. On voudrait un gouvernement qui se préoccupe du bien être des anciens travailleurs et ne les remise pas après usage en espérant qu’ils meurent le plus vite possible pour coûter le moins cher possible. On voudrait un gouvernement qui pense la vieillesse dans le cadre de la solidarité.

On voudrait un gouvernement qui respecte les gens qui ont perdu leur travail après avoir cotisé pour leur allocation de chômage. On voudrait un gouvernement qui assiste les chômeurs au lieu de les fliquer et de les culpabiliser. On voudrait un gouvernement qui au lieu de comprimer le personnel de Pôle Emploi voit dans cette assistance aux chômeurs l’occasion d’embaucher. On voudrait un gouvernement qui pense le chômage dans le cadre de la solidarité.

On voudrait un gouvernement qui ne considère pas la santé comme un marché ni l’hôpital comme une entreprise faite pour produire du « séjour », autrement dit des profits. On voudrait un gouvernement qui donne aux médecins et aux soignants les moyens de leur mission. On voudrait un gouvernement qui considère la guérison des malades comme une priorité plus haute que la rentabilité des structures de soin. On voudrait un gouvernement qui pense la maladie dans le cadre de la solidarité.

Malheureusement, on a un gouvernement qui fait exactement le contraire. Tant qu’il continuera sur cette lancée, continuons à descendre dans la rue.

 

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