Oh ! Que ma France est magnifique !

Citoyen. Citoyen. Où es-tu ? Q'entends-tu ? Que dis-tu ? Que comptes-tu faire ?

Ma France est magnifique.

Oh qu'elle est belle cette France qui se vautre dans sa soupe, dans sa lie, dans sa mocheté intellectuelle, politique, idéologique. 

Oh, qu'elle est magnifique cette France, qui se fourvoie dans des analyses toutes plus décousues les unes que les autres, toutes plus calculatrices et caricaturales, autocentrées. 

Les "grands partis" jouent la partition du mensonge, volontaire, manipulateur, abondament relayé par des médias avides de sujets "spectaculaires", le billet de banque ayant plus de sens que le bulletin de vote. 

Notre démocratie attaquée de toutes parts. Les accords économiques, les marchés financiers, la paupérisation croissante des travailleurs.... Les politiques se conforment au diktat européen qui n'envisage son existence que sur une seule longueur d'onde, celle de l'économie libérale, de la déserrance des valeurs qui fondent notre unité nationale. 

Bien entendu que le Fn pavoise. Depuis trente ans, ce diable agité en tout sens, tout le temps n'a servi qu'à affaiblir les autres discours idéologiques. La gauche n'est plus à gauche, la droite ne sert à rien, puisque la gauche la déborde de toutes parts dans son acharnement à valider les propositions européennes. La création des grandes régions à l'image des landers allemands est lourd de signification. L'Europe cherche à rebattre les cartes en Europe. Faire disparaitre les nations au profit de régions, division des peuples en myriades de particularismes régionaux, multiplication des difficultés pour faire émerger une autre politique, une autre organisation européenne. 

Et tous ces abstentionnistes. Que cherchent ils ? Que font ils ? Nous ne pouvons plus dire en 2015, que les abstentionnistes ne sont que des abstentionnistes. Ils savent très bien qu'ils affaiblissent la démocratie par leur constance anti démocratique. 22 millions d'électeurs qui s'abstiennent de voter au titre que la vie politique est pourrie, et ils ont raison, mais elle est pourrie parcequ'ils ne participent pas. Ils laissent voter les autres et s'en plaignent ensuite. Du moins le feignent-ils. Combien d'entre eux espèrent ne pas porter la responsabilité d'une France FN, sous couvert d'abstention, alors qu'ils savent pertinament qu'ils ont une lourde responsabilité dans ce processus. Au fond ne souhaitent ils pas une France FN, pour en finir avec les partis traditionnels. La stratégie du choc en quelque sorte, espérant peut-être dans leur for intérieur que si le Fn dirige un jour la France, alors le Grand Peuple Français, dans la rue mettra tout à terre, légitimité humaniste oblige. Mais ici s'arrête aussi leur raisonnement. Le Fn au pouvoir, ce sont les forces de l'ordre et toute la machinerie savament mise ne place par la droite et la gauche, au travers de ses lois sécuritaires, de son plan vigipirate, de son état d'urgence... qui sront autant d'outils pour baillonner les voix d'un peuple stupide, ébété, ahuri. 

Que les partis politiques soient faibles est une chose. Mais le peuple français est faible aujourd'hui. Idéologiquement, ontologiquement, culturellement, ce peuple est tiraillé entre le chacun pour soi et un désir d'unité, de relations pacifiées dans cet espace national.

La seule porte de sortie, et nous le sentons, c'est une Europe au service de ses peuples, de ses valeurs, de son économie. Une Europe pour les peuples, faite par les peuples, pour la sauvegarde de sa diversité, de son homogène diversité. Et pour que cette Europe émerge, il faut s'en séparer. Il faut lui infliger une fin de non recevoir, déchiré le traité de Maasticht, de Lisbonne, élire démocratiquement un président, des assemblées délibérative et décisionnaire, supprimer les systèmes des commissaires européens et confier l'Europe à ses citoyens en virant les lobbies et en mettant au pas les entreprises qui fondent l'économie européenne. 

Certainement revenir à des unités nationales, des unités sociales, des unités économiques, des unités politiques. Nous citoyens devons abandonner le combat national, pour l'instant il est vain, mais porter le fer sur l'Europe pour la réformer de fond en comble. Si nous ne le faisons pas, alors il faudra se séparer de cette commuauté européenne qui affaiblit les pouvoirs politiques au profit des intérêts privés, qui n'assiste pas ses peuples, l'exemple grec en est une représentation saisissante, qui impose une dictature idéologique imperméable au débat (les démocraties s'arrètent aux institutions européennes ; renégociation impossible des traités, de la constitution européenne). Autant d'outils qui fonctionnent contre les démocraties. 

Ce qu'il se passe en France se passe partout en Europe. Arrètons d'anlyser cela à l'aûne de notre simple nation. Quelle est cette réaction nationaliste à laquelle les peuples européens se livrent ? Et ici, ce sont les institutions européennes qui sont interrogées, non les institutions nationales... seulement dans leur "collaboration" soumise à cette idéologie européenne mortifère qui place l'économie avant l'homme. Pour changer cet état de fait, il faut réformer l'Europe. Le combat politique a changé de dimension. C'est peut-être cela que nous devons comprendre, nous citoyens atterrés.

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