A bout portant de la distance, la rencontre

En ces temps sombres de divsions. En ces temps incertains d'avenirs. En ces temps corrompus. Litanie effroyable de nos convictions qui glissent sur le toit de notre imbécilité manipulée. S'impose alors le citoyen en recherche de l'un et du tout, de l'individu et de l'ensemble, du soi et du lui.

Dans l'incroyable liste à la Prévert de nos prétendants, la démocratie se perd un peu plus tous les jours. Divisions, clivages, autisme institutionnel national, européen et international, notre classe politique dans son ensemble cherche un chemin qu'ils ne trouvent pas. Et pour cause ils ont perdu la destination : la démocratie vivante.

Dans tous les cas si l'on en croit mr Mélenchon, il ne devrait pas terminer sa mandature puisqu'il compte mettre en place une Constituante, et que cette dernière définira les nouvelles normes de la démocratie française, y compris le poste de président qui devrait selon toute vraissemblance soit devenir un rôle de représentation (porte parole), soit être tout simplement supprimé. Donc exit Mélenchon et place au peuple. 

Cela est assez utopique, j'en conviens, mais si une fois au moins les français pouvaient être en avance sur leur temps et non à la ramasse des autres, cela contribuerait au moins à rendre ce beau peuple de France, cosmopolite, fier de ses institutions, de sa démocratie de ses objectifs communs et du modèle économique au service des intérêts du peuple et non contre lui. 

Pour reprendre l'idée de Nancy, la condamnation à une peine où la multiplication de mise en examen doit être rédibitoire à l'exercice d'une quelconque représentation politique. Comment peut on tolérer que les deux tiers de nos représentants à l'assemblée aient été condamnés, mises en examens... ? N'est ce pas là l'aveu même qu'un modèle politique est mort et que les institutions qui sont en même temps le support et l'outil des praxis démocratiques sont inadaptées au potentiel démocratique citoyen décuplé par l'informatique. 

De toute façon que proposent les autres cadidats ; plus de sécurité, plus de précarité, moins de démocratie mais plus de sécurité et tout le tintouin des coupes sombres dans les budgets... et cela ad viternam... Ou alors Le pen, mais pour le coup, le choc sera tellement violent que tout se terminera en bain de sang et certainement à une nouvelle constitution. 

Bref entre la barbarie des lâches, les agappes des puissants et les orgies sanguinolantes des idéologues sectaires, le chemin reste étroit et il me semble que le peuple aujourd'hui doit parler. L'offre politique de Mélenchon constitue donc une possible remise à plat démocratique à la recherche d'un consensus entre individualisme et bien commun, sans pour autant déclencher la haine entre les acteurs de la démocratie et leurs détracteurs. Nous avons avant tout besoin d'un moment de répis pour penser notre projet national. De répis et de confiance commune. 

Bien sûr l'économie va se déchaîner contre cette France "gauchiste", communiste diront certains, osant tout dans le verbe et dans le geste. Mais bon, ça ne durera qu'un temps et puis depuis que les anglais on fait leur petit séisme, la balle est dans le camp des peuples. Sans peuple au final, pas d'économie. Pas d'économie, pas de riche. Que des pauvres !

Les manipulations sans réserves dont nous sommes victimes sont tellement nombreuses et croisées qu'il est difficile de faire la part des choses. Rien que posé comme cela, ce simple constat évoque toute l'étendue de notre problèmatique de citoyen : Comment décider à partir de connaissances instables voir érronées, et pire encore falsifiées (opacité boursière, financière, politique, environnementale...).

La réponse est apporté par Mohammed, je cite : "à bout portant de la distance, la rencontre". C'est cela que nous devons réaliser aujourd'hui. Cela fait peur. Il y a du boulot. Mais c'est ce qu'il faut faire. A vrai dire, si nous voulons penser un instant être citoyen, nous n'avons pas le choix. 

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