Le calme avant une nouvelle "tempête"?

Après une bataille "Waterlootesque", morne plaine, puis de nouveau des cris d'enfants, des parties de foot, de pétanque, des palabres...

Après le massacre à la tronçonneuse de 38 arbres avant hier, hier fut une journée particulière où les ouvriers ont découpé, broyé le résultat de "leur œuvre" de la veille, effaçant par là-même les traces visibles de la forfaiture commise par la mairie, la Soléam protégés par les CRS en armes, traces indélébiles dans la mémoire des personnes (et appareils photo, téléphones, etc) ayant vu de près ou de loin et/ou entendu ces tronçonneuses qui ne devaient soit disant pas résonner aux oreilles des riverain(e)s/usager(e)s de la plaine et les violences policières qui les ont accompagné...

Journée particulière, car les opposant(e)s "les plus déterminé(e)s" perché(e)s dans les arbres "s'attendaient" comme la veille à être délogé(e)s par les CRS, alors que vers 14h, une fois le broyage terminé (toujours "sécurisé" par des CRS sous les huées des opposant(e)s), les ouvriers ont commencé à remballer leur matériel (y compris de nouvelles barrières arrivées le matin), démonter les palissades (enfin celles que le "mistral" n'avait pas démoli) et retirer les algécos installés vendredi dernier...

Des petits groupes de CRS éparpillés à divers endroits de la place semblaient "désemparés" et pour certains déçus de ne plus pouvoir utiliser leurs matraques, gazeuses et autres grenades et ont fini par se regrouper et quitter la plaine en cortège de camions sous les huées, bravos et autres galéjades des diverses personnes ayant réinvesti la place, toujours cernée par les blocs de béton...L'ordre de "battre en retraite" leur a été visiblement donné...

Moment étrange où se mêlent divers sentiments pour les opposant(e)s, joie de voir partir (provisoirement peut-être) ce chantier et la police, colère face au saccage de ces 38 arbres qui aurait pu être "épargnés",moments de grande fraternité/solidarité entre toutes et tous et vigilance quant aux jours suivants...

Une fête "auberge Espagnole" a conclu cette étrange journée (je n'y étais pas, trop crevé, je suis rentré chez moi recharger les batteries) où tout le monde a pu décompresser un peu, conscient(e)s d'avoir quand même gagné une bataille... 

Arrivé sur place aujourd'hui en début d'après midi, on m'a dit que ce matin 15 cars de CRS étaient (re)venus et que quelques ouvriers avaient mis en place quelques palissades (de chantier, plus hautes que celles installées précédemment) puis les avaient démonté et étaient repartis, tout comme les CRS...

La place est de nouveau emplie de toute sa diversité humaine, des cris des enfants jouant ça et là, de groupes de personnes se formant, reformant au gré des diverses rencontres, de personnes âgées assises sur les bancs, de promeneurs(euses) de chien, parties de foot et autres coups à boire, bref la vie au milieu des 38 troncs témoignages "vivants" du massacre d'avant hier...

Le "calme" avant une nouvelle "tempête"?

 

 

 

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