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Billet de blog 23 déc. 2019

De l'usage pervers de la psychiatrie

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Il n’est pas d’usage de commenter les décisions de justice. Cela est vrai, mais vu la légèreté de la façon dont on a traité l’affaire Sarah Halimi, nous sommes en droit de nous interroger.

La psychiatrie est souvent utilisé à des fins autre que son but premier, c’est à dire le soin à des personnes en souffrance psychique. On se souvient qu’en Union Soviétique, les opposants politiques étaient internés dans les hôpitaux psychiatriques. 

          Dans notre pays, la psychiatrie permet à des criminels d’éviter les procès. Surtout lorsque les procès ont un fort impact social.

        Je me souviens avoir eu connaissance d’une affaire qui avait fait grand-bruit à l’époque où Giscard était président. Un jour je rends visite à un de mes amis et je suis étonné de le voir lire Détective, un de ces journaux à scandale qui ne faisait pas partie de ses lectures habituelles. Il me dit que le journal relatait le malheur qui était arrivé à son voisin, Monsieur C. : La sœur de Monsieur C, marié à un Colonel, avait été retrouvé découpé en morceau dans une valise. L’enquête en avait déduit que l’auteur de ce découpage n’était autre que le mari de la victime, qui s’était débarrassé de sa légitime dans le but de vivre une nouvelle vie avec sa maîtresse. S’il s’agissait d’un individu ordinaire, le criminel se serait retrouvé derrière des barreaux très solides, mais un Colonel ne commet un tel acte ne peut pas être un criminel ordinaire. L’expertise psychiatrique en a déduit à un déséquilibre mental et le Colonel s’est retrouvé interné dans un Hôpital psychiatrique. Quelques années après, j’ai appris que le Colonel avait été libéré, car une nouvelle expertise avait conclu qu’il était irresponsable au moment du crime, mais qu’il avait depuis retrouvé ses esprits. Le Colonel a certainement rejoint sa maîtresse pour y vivre des jours heureux. 

Cette ancienne affaire risque de se reproduire avec le cas du meurtrier de Sarah Halimi.

Les juges ont d’abord refusé la qualification de crime antisémite. Je comprends cela car il vaut mieux laisser aux jurés d’assises le soin de cette qualification, car si l’antisémitisme est une circonstance aggravante pour les uns, elle est, hélas, une circonstance atténuante pour les autres. D’autre part, si il est vrai que dans un comportement raciste ou antisémite, il y a une composante délirante, il s’agit d’un comportement tout à fait responsable et c’est peut-être pour cette raison, que cette qualification n’a pas été retenue. 

     Les juges ont donc conclu, à la lumière des expertises psychiatriques, que l’auteur du crime était irresponsable, car il était sous l’emprise de substance toxique et illicite. Je tiens à rappeler que dire « Allah Akbahr »après un meurtre est une parole responsable et qui n'est absolument pas délirante. Il eut valu que  ce Monsieur fût  jugé. Ensuite on aurait pu a examiner s'il relèvait  d'une peine de prison ou d'un internement. Une absence de procès est une atteinte à la dignité non seulement des membres. de la famille des victimes, mais aussi de la dignité de la personne du meurtrier.

          La prochaine expertise conclura certainement à ce que le meurtre était irresponsable au moment des faits, mais qu'il a retrouvé ses esprits et qu'il pourra vivre des jours heureux

          Bonnes nuits ! Mesdames et Messieurs les magistrats ! Je souhaite que la décision que vous venez de prendre ne vous causera pas trop d'insomnies et que vous n’aurez pas à user de substances licites pour les calmer.

                       Jean-Pierre Bénisti

http://www.aurelia-myrtho.com/2019/12/de-l-usage-pervers-de-la-psychiatrie.html?fbclid=IwAR2HxYxUAdf_I05Y0CRwvrgjaao-3JCcIGovgyCb4jL1dW_nox7jjw_r5fM

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