Théophile Gautier glorifié par Laurent Tailhade.

Théophile Gautier glorifié par Laurent Tailhade 1

Commémorations Gautier 1

Journaliste à la Dépêche, la Plume… puis à Comoedia (1908 à 1936), périodique d’ Henri Desgranges, fondateur du Tour de France, le Tarbais Laurent Tailhade est chargé du discours de commémoration du centième anniversaire de la naissance de Théophile Gautier à Tarbes, le 31 août 1811. Il rédige également un papier pour Comoedia.

COMOEDIA, 10 juillet 1911 : « A Tarbes – Le dimanche 2 juillet 1911, devançant les fêtes du centenaire parisien, Tarbes glorifiait le mémoire de Théophile Gautier, célébrait, avec le nom du poète, le charme de son pays natal, de sa « petite patrie ».

Ce fut une solennité d’un goût très spécial, d’un agrément inattendu. La plupart des inaugurations, qu’elles aient pour motif l’ouverture d’une école, d’un chemin vicinal, d’un abattoir, d’un bureau de poste, d’une prison ou d’un théâtre, qu’elles fassent tomber les derniers voiles aux pieds d’une bacchante de marbre ou sur les croquenots d’un financier, cependant que fanfares, chœur ou lyres, orphéons, sociétés musicales ou gymniques, déchaînent tour à tour, d’opiniâtres Marseillaises et des pas redoublés…

Le député, le sénateur, le membre du Gouvernement, qu’il soit ministre, secrétaire d’Etat, dans le plus pur langage parlementaire, vante les richesses du pays, ses fortes convictions républicaines, les progrès qu’il ne cesse de réaliser dans la culture physique et l’élevage des bestiaux… Après quoi, desserrant la valise qu’il apporte, l’homme de la place Beauvau pavoise d’aubergines quelques revers académiques, insère de nombreux poireaux sur le côté gauche d’horticulteurs bien-pensants…

Donc, Tarbes, à bon droit entre toutes les villes, se manifesta la première pour commémorer son illustre enfant. La déification d’un poète doit partir de son berceau avant de remonter une à une les étapes de sa vie.

Le promoteur de la solennité, M. Magnoac, maire de Tarbes, attentif, depuis douze ans à tout ce qui peut embellir la fraîche cité commise à sa garde, l’a excellemment compris. Ceux qui l’ont aidé, M. de Cardaillac, que l’on retrouve toujours dès qu’il s’agit de magnifier son pays aimé, M. Leconte qui, parnassien venu d’Arras, s’est fait un cœur méridional plein de paroles chaleureuses ; Tristan Derème, les frères Levasseur-Desperieu, jeunes et nobles poètes qui ont dit leur los (louange) de leur grand aïeul, ont donné un magnifique prélude aux fêtes du centenaire. Ils ont surtout infligé une leçon incomparable aux charlatans, aux vendeurs de politique départementale, prouvé par l’évidence que l’on peut, en province, autant qu’à Paris, éveiller l’attention, charmer les esprits et conquérir les foules par l’évocation de nobles images, par le seul enchantement de l’art et de la Beauté… Laurent Tailhade. »  A suivre.

A noter que Laurent Tailhade est mort en 1919, il y a cent ans.

        JP Boudet https://www.histopresse.com

 

Théophile Gautier glorifié par Laurent Tailhade Jean-Pierre Boudet 2019 © Jean-Pierre Boudet 2019 Théophile Gautier glorifié par Laurent Tailhade Jean-Pierre Boudet 2019 © Jean-Pierre Boudet 2019

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.