jean-pierre favier
Formateur
Abonné·e de Mediapart

171 Billets

0 Édition

Billet de blog 8 avr. 2018

jean-pierre favier
Formateur
Abonné·e de Mediapart

En Ariège, près de 250 personnes ont manifesté contre la mine de Salau

Répondant à l'appel de l'Association "Stop Mine Salau", près de 250 personnes ont manifesté ce samedi 7 avril à Saint-Girons en Ariège contre le Permis de Recherches de la Mine de Salau. Cette marche citoyenne avait pour but d'informer les populations sur les problématiques actuelles du PERM de Couflens concernant les recherches minières à Salau, et notamment sur la présence avérée d'amiante.

jean-pierre favier
Formateur
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

"Non à la mine, oui à la vie !" Comme en février 2017, les opposants sont retournés dans la rue pour montrer leur détermination contre la réouverture de la mine de Salau, à Couflens. Répondant à l'appel de l'Association "Stop Mine Salau", près de 250 personnes ont manifesté ce samedi 7 avril à Saint-Girons en Ariège contre le Permis de Recherches de la Mine de Salau pour extraire du tungstène. 

Pour cette manifestation, "Stop Mine Salau" avait le soutien de : Couflens Salau Demain, Comité Écologique Ariégeois, APRA Le Chabot, ANPER, Le CIAPP, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, ZAD-31, Ban Asbestos France, Asso Henri Pézerat, ATTAC 09, Solidaires 09, Les Faucheurs Volontaires 09, Les Urgentistes du Climat, Les Amis de la Terre-MPy, José Bové, La France Insoumise, Le Coucou, Monnaie 09 (monnaie locale), et Europe Ecologie Les Verts.

Bénédicte Taurine (FI), la députée de la 1re circonscription d'Ariège et son suppléant Marcel Lopez, ainsi que Kathy Wersinger, conseillère régionale EELV étaient présent-e-s à cette manifestation.

Cette marche citoyenne avait pour but notamment d'informer les populations sur la présence avérée d'amiante à Salau : en novembre 2017, Géodéris (expert public pour les risques «après-mine») a annoncé "avoir consulté les archives de la Sté Minière d’Anglade, où près de 500 documents ont retenu son attention. Ces archives confirment bien la présence d’actinolite et de trémolite dans l’ancienne mine" : deux variétés d’amiante. Sur le site de "Stop Mine Salau", lire cette compilation de documents relatifs à la l'amiante, l'arsenic et leur présence à Salau.

Dans les années 80, des prélèvements ont confirmé la présence d'amiante dans l’air, dans les poussières et dans la roche. Et des fibres d’amiante ont été retrouvé dans les poumons d'un mineur qui avait travaillé quinze ans à Salau. Lire cette lettre ouverte de juin 2017 d'Annie Thébaud-Mony (Sociologue et directrice de recherches à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale)  à Nicolas Hulot : "Dans les années 1980, avec Henri Pézerat qui fut le scientifique à qui nous devons l’interdiction de l’amiante en France, j’ai été amenée à répondre à la demande désespérée de mineurs de cette mine de Salau (alors appelée mine d’Anglade) atteints d’asbestose et de cancers."

Dans un entretien vidéo pour le site Azinat, Marcel Ricordeau et Jacques Renoud de "Stop Mine Salau" expliquent : "Les syndicats CGT et FO communiquaient beaucoup à partir des années 1983-84 pour alerter la direction et l’État sur les conséquences de l’amiante sur la santé des mineurs. Pour preuve, plusieurs thèses universitaires, des rapports de l’INSERM et du CNRS, du BRGM, des témoignages de médecins, d’infirmières, des affirmations des personnels de la DREAL, des personnels de Géodéris, témoignent du fait qu’il y avait de l’amiante à Salau du temps de l’ancienne exploitation…".

En septembre 2017, les opposants ont contesté les procédures d’analyse d’amiante par la société Mines du Salat (ex-Variscan Mines) et souligné l’absence de contrôle par les services de l’Etat. Voir ce reportage de Tv Bruits. Des analyses pour rien car une semaine plus tard, la préfecture expliquait : "Cette mesure ne permet, ni de caractériser l'air ambiant de toute la mine, constituée d'une galerie principale et de galeries secondaires et de bras morts, ni de caractériser l'amiante naturelle dans la roche". A noter que Michel Bonnemaison, président de Variscan Mines jusqu’en août 2017 dirige aujourd’hui "Les Mines du Salat" et "Ariège Tungstène", en charge du dossier de la mine de Salau.

En octobre 2017, les opposants à la réouverture de la mine de Salau étaient allés jusqu'à Toulouse : "Jamais rien n’a été fait pour régler la dépollution de ce tas de terre d’un million de m3 dans lequel il y a du cadmium, de l’arsenic et des métaux lourds issus de l’ancienne exploitation de la mine et qui peuvent glisser dans la rivière. Nous sommes donc tous concernés, en Ariège mais aussi à Toulouse, car le Salat se déverse dans la Garonne" expliquait alors Marcel Ricordeau, le président du Comité écologique ariégeois. Voir aussi ce reportage vidéo de France 3.

En décembre 2017, la députée Bénédicte Taurine (FI) a posé une question écrite à Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire sur les risques de pollution des déchets miniers à Salau et joint sa "voix à celle des associations et syndicats de l’Ariège pour demander une dépollution totale et complète du site minier ainsi que pour rappeler au gouvernement la responsabilité qui est la sienne dans ce dossier."

Et c'est intéressant de noter qu'en janvier dernier, c'est la députée Jennifer De Temmerman (LREM) qui a également demandé à travers une question écrite au ministre Nicolas Hulot : "Quelles solutions sont envisagées par le Gouvernement pour dépolluer le site minier de Salau et si elles seront mises en pratique même si la décision était prise de ne pas réouvrir la mine ?" 

D'ailleurs, au mois de mars dernier, une visite dans l'ancienne mine de Salau a révélé la présence de polluant type PCB (produit toxique aujourd'hui interdit) : "Cette découverte confirme les inquiétudes de certains habitants regroupés au sein d'une association et qui s'opposent à la réouverture de la mine".

Gypaète barbu © Richard Bartz

Et dernièrement, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, Le Comité Ecologique Ariégeois, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et l’association Stop mine Salau ont décidé de déposer plainte après le survol en hélicoptère d'une zone protégée par des techniciens de la société Variscan Mines : une "zone de sensibilité majeure (ZSM) liée à la reproduction de gypaètes barbus dans ce secteur, espèce emblématique des Pyrénées et rapace le plus menacé au niveau européen". Pourtant, la société Variscan s’était "engagée à emprunter un itinéraire situé en dehors de cette zone sensible". Mais le 22 février 2018, la société a survolé à 8 reprises cette zone de sensibilité.

En mars 2017, on apprenait que Variscan Mines, qui s’est vu attribuer le permis exclusif de recherches sur la mine de Salau, annonçait "la prise de contrôle de ce gisement par la minière australienne Apollo Minerals". Ensuite, Mediacités et Reporterre révélaient que ce projet de mine de Salau conduisait à un paradis fiscal car "pour engager les travaux de recherche, Variscan mines a promis-juré d’injecter 25 millions d’euros et elle a tissé un partenariat d’entreprise en participation avec Juniper Capital Partners, une société de capital risque dont la tête est domiciliée dans les Iles Vierges britanniques" ! Sans commentaires ! Et dans la plaquette de présentation officielle du projet, "il est davantage question d'or que de tungstène, car l'or attire bien plus les investisseurs" explique Jacques Renoud de "Stop Mine Salau".

Il faut aussi savoir que Variscan Mines qui mène les projets miniers dans plusieurs départements de France a reçu 682 000 € de Crédit d'impôt recherche pour 2014 et 2015. 

Alors, "Gypaetes, oui ! Vautours de la finance non !"

"Variscan fous le camp !"

"Dépollution oui ! Re-pollution non !"

Manif Stop Mine Salau © Aurélie
Manifestation Stop Mine Salau © Favier

Plusieurs prises de parole ont eu lieu devant l'hôtel de ville de Saint-Girons ce samedi 7 avril :

Jacques Renoud de Stop Mine Salau © Favier
Marcel Ricardeau (Comité écologique ariégeois) © Favier
Marcel Lopez (FI) © Favier
Attac 09 © Favier
Manifestation Stop Mine Salau © Favier
Manif Stop Mine Salau © Aurélie
Banderolle © Favier
Drapeau EELV © Favier

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Services publics
RER B : voyage sur la ligne qui déraille
Le RER B est la deuxième ligne de train la plus chargée d’Europe, et pourtant elle souffre de nombreuses tares : quatre terminus, un tunnel partagé avec le RER D et, surtout, un sous-investissement chronique de la part de la région et de l’État. Les usagers souffrent, les conducteurs aussi.
par Khedidja Zerouali
Journal — Migrations
Étrangers sous OQTF : la justice recadre la préfecture de Seine-Maritime
Le tribunal administratif de Rouen vient de débouter la préfecture qui demandait aux gestionnaires de centres d’hébergement d’urgence d’exclure de leur dispositif « insertion » les étrangers en situation irrégulière faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire exécutoire. Une décision qui vient contredire les circulaires et les récents engagements du ministère de l’intérieur.
par Manuel Sanson
Journal
La précarité étudiante s’enracine et le gouvernement répond à côté
Le gouvernement vient de débloquer 10 millions d’euros pour soutenir les associations qui agissent en faveur des étudiants précaires. Seulement, les principaux acteurs considèrent que la réponse est insuffisante et attendent des mesures structurelles pour endiguer la pauvreté des étudiants.
par Faïza Zerouala
Journal — Europe
À Mykolaïv, les morts hantent civils et militaires
La ville de Mykolaïv subit depuis des mois le manque d’eau potable et les coupures d’électricité. La région a été bombardée sans relâche par l’armée russe jusqu’à la mi-novembre 2022 et plus de la moitié des habitants a quitté les lieux. Civils et militaires restés sur place racontent leur « cauchemar ».
par Mathilde Goanec

La sélection du Club

Billet de blog
Incendie de forêt : les causes ne sont pas que climatiques
[Rediffusion] Les forêts du Sud en particulier demandent beaucoup d'attention pour ne pas prendre feu. Coupe feu, garde-forestiers, défrichages, surveillances, pompiers de proximité, les moyens sont-ils encore là ou ces incendies sont-ils causés par l'impéritie des pouvoirs publics ?
par lecteurfid
Billet de blog
Des chênes (français) pour la Chine
Fric-frac dans les forêts françaises. Voler du bois n’est pas une mince affaire. Et pourtant, dans les Pyrénées, en Moselle, en Vendée, dans le Nord, le brigandage se multiplie. A l’heure des drones, GPS et autres trackers… (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet d’édition
Reboiser les forêts brûlées est favorisé par une niche fiscale
Si l'investissement forestier offre des possibilités de rendement limitées, il constitue en revanche une niche fiscale qui permet de réduire le montant de son impôt sur le revenu. L'investissement forestier réalisé par une personne domiciliée en France lui permet de bénéficier d'un avantage fiscal, que ce soit au titre de l'impôt sur le revenu ou de l'IFI (impôt sur la fortune immobilière).
par Patrick Cahez
Billet de blog
Vidéo - le gouvernement empêche les débats sur les forêts publiques par 49-3
Il y a un mois, nous avons publié ici une tribune signée par plus de 40 parlementaires, demandant un débat sur l’avenir de l'Office National des Forêts dans la loi de finances avant le 49-3 du gouvernement. Devinez quoi : les débats devaient avoir lieu le 2 novembre à 17h05. Le 49-3 a été activé le 2 novembre à 17h00. Mais tout n'est pas perdu : la suite se joue au Sénat dès mercredi.
par Pour des forêts vivantes