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Billet de blog 9 avr. 2018

Marche ou Grève : des cheminots ariégeois en route pour Paris !

En Ariège, la lutte contre la Réforme de la SNCF continue avec une initiative originale : une marche sur Paris de quatre cheminots pour demander "le retrait de cette réforme anti-sociale." Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes ce matin en gare de Pamiers pour assister à l'Assemblée Générale des Cheminot-e-s.

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Après avoir bloqué la gare de Foix le 3 avril dernier, investi le péage de l'autoroute de Pamiers le dimanche 8 avril pour une action de sensibilisation des usagers au mouvement national de grève à la SNCF, les cheminot-e-s ont mené une "Opération escargot" sur la RN 20 de Foix jusqu'à Pamiers ce lundi 9 avril. Ils ont ensuite tenu leur Assemblée Générale à la gare de Pamiers devant leurs soutiens. Puis, quatre cheminots ont commencé leur marche de Pamiers jusqu'au Palais de l’Elysée à Paris : arrivée le 8 mai !

Assemblée Générale devant la gare de Pamiers

Lors de l'Assemblée générale, Alexandre Goulard (CGT Cheminots), est revenu sur le très fort taux de mobilisation pour le dimanche 8 avril à l'Établissement Infra Circulation (EIC) de Midi Pyrénées : 100% chez les cadres et 70% chez les agents de maîtrise. Pour mieux comprendre ce qu'est un EIC, voir cette page de la SNCF.

Il a également parlé des heures de repos et expliqué qu'il fallait respecter les règles en déposant les D2I (déclarations individuelles d'intention que les agents grévistes déclarent 48 heures à l'avance) : "il n'y a aucune raison qu'on vienne nous attaquer. De toutes façons, si on nous attaque, il y aura très certainement des procédures collectives qui seront lancées." A ce propos, il a parlé d'une décision récente du Conseil de Prud’hommes du Mans qui a condamné la SNCF à rembourser un jour de grève prélevé à un cheminot au titre des repos en 2016 suite à l’exécution de 2 périodes de 2 jours de grève espacées d’une semaine pendant laquelle l’agent avait repris le travail. 

Jérôme Gomez de Sud Rail a lui insisté sur la question de la dette de la SNCF (près de 55 milliards d'euros annuels) : "pour nous, c'est le cœur du sujet la dette." Pour mieux comprendre, lire cet article "On vous explique pourquoi la reprise de la dette de la SNCF par l'Etat est le cheval de bataille des syndicats" car le rapport Spinetta ne donne aucune recommandation sur la reprise de la dette par l'Etat. 

Il a ensuite rappelé les revendications des cheminots : 

- Réintégration du système ferroviaire dans un seul EPIC (Établissement Public Industriel et Commercial) SNCF.

- Reprise intégrale de la dette du système ferroviaire par l’État.

- Statut (RH 001) pour tous les travailleurs du Rail (en commencant par la requalification de tous les contractuels).

- Le maintien, l'amélioration et le développement de toutes les dessertes ferroviaires (Voyageurs et Fret).

- La non-application des directives européennes concernant la mise en concurrence du ferroviaire.

- La réinternalisation de la charge de travail au sein de l'EPIC SNCF.

A la fin de l'AG, il y a eu plusieurs prises de parole spontanées dont celle de Michel Larive, le député LFI de la 2ème circonscription de l'Ariège qui était présent pour apporter son "soutien et celui de tout le groupe parlementaire de La France Insoumise" car la mobilisation des cheminots est un "combat légitime."

En route pour Paris contre la réforme de la SNCF !

Après l'Assemblée Générale et une pause repas, Sébastien Phalippou, Régis Rousse, Johan Lasmole et Patrick Viac, quatre cheminots ariégeois - dont un retraité - ont pris la route vers Paris avec comme première étape Cintegabelle pour passer leur première nuit. Mais pourquoi cette marche ? 

Sébastien Phalippou, employé au service caténaire de la SNCF, explique que cette idée est née lors "d'une discussion entre nous lors d'une AG" en mars dernier. Régis Rousse ajoute que cette initiative est une "démarche citoyenne" pour faire "prendre conscience de l'importance des Services Publics car "des gares qui ferment, des lignes qui ferment c'est casser le lien social." A savoir que la ligne Foix-La Tour de Carol est menacée en Ariège. "On veut faire prendre conscience aux gens que tout ce qui se dit par rapport à nos pseudo-privilèges est exagéré" explique aussi Régis Rousse à France info.

Ils demandent donc le retrait de cette "réforme anti-sociale" et déclarent dans le texte de leur pétition : "Luttons pour une société tournée vers l’Humain et gardons à l’esprit qu’il faut relever la tête tous ensemble pour défendre nos biens communs."

Sur la route, ils passeront notamment par des villes comme Toulouse, Montauban, Cahors, Brive, Limoges, Chateauroux, Vierzon et Orléans : 30 étapes au total !  

Pour soutenir leur initiative une pétition est en ligne (3500 signatures actuellement) : 

MARCHE ou GREVE

Le blog des marcheurs :

http://marche-ou-greve.over-blog.com

Le lien pour consulter le parcours et le besoin d'hébergement des marcheurs :

https://drive.google.com/file/d/1TEOFa9P3XcQeH19RVZ5JbZn7Z1Pk2BJS/view

Vote AG © Favier
Intervention du député Michel Larive © Favier
Banderolle France Insoumise © Renaud
Cheminots debout ! © Favier
Devant la gare © Favier
Intervention de Jean Triguéro, secrétaire départemental PCF 09 © Favier
Séance photo © Favier

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