Le Heidegger de la collection 'Apprendre à philosopher' est littéralement à vomir.

Une introduction à Heidegger qui ignore tout des travaux critiques de ces dernières années.

Cela commence en effet par une « grande illusion » : « Aristote est né, il a vécu, il est mort ». C’est par ces mots que Heidegger commence un séminaire consacré au grand penseur macédonien. (…) [Heidegger] préfère qu’on se souvienne de ses livres et de ses idées, et non des vétilles éphémères de son existence ». (Page 21).

Il n’est pas question un seul instant d’interroger la fonction que joue ce mythe de la pensée pure à savoir de servir de couverture à la légitimation de la politique raciste d’extermination. Mais il n’y a pas que cela : les juifs étant voués à l’affairement avec l’étant ils sont « substantiellement » précisément incapables de vraie pensée ! Dans le contexte heideggérien la citation à propos d’Aristote prend le sens d’une déclaration antisémite !

Cet aspect malheureusement décisif et structurel  à l’heideggérisme est là aussi camouflé par la référence aux « nombreux élèves juifs » de Heidegger ; à Hannah Arendt ; à Hans Jonas. La bibliographie, brève, est à l’avenant. Steiner figure en bonne place, évidemment, et pas un mot sur les récents travaux critiques. Pas un mot, également, sur les « mauvais juifs » ; sur ces juifs qui ont rompu avec Heidegger ou l’ont critiqué : Anders, Meschonnic entre autres.

Calibré pour le bac et la licence de philo l’ouvrage est ainsi d’autant plus nauséabond. Où « apprendre à philosopher » devient « apprendre à se faire rouler et à rouler les autres ».

.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.