« Vaurien » (suite du billet "pétrole")

Si cela ne vous fait rien je voudrais revenir sur trois fois rien, enfin sur quelque chose

En tant que bon aryen, que petit blanc quoi, je me fais traiter de bon à rien et, jusque là tout va bien et l’on ne me doit rien, c’est égal à moi-même. Mais naître bon aryen n’est pas toujours n’être bon à rien.

On peut être un vaurien, ce n’est ni la même chose ni la même valeur pour celui qui est souvent voleur.

De bon à rien à vaurien, un pas, celui qui coûte, du peu, presque rien.

Méchantes gens à traiter de moins que rien le vaurien et le bon à rien.

Le voleur n’est pas celui qu’on croit et le vaurien est habilité à demander son reste, à demander son compte, à réclamer l’addition, son petit quelque chose car moins que rien c’est plus bas que tout et que rien par définition quand vaurien est égal à rien et que bon à rien c’est bon à quelque chose. Faudrait voir à respecter l’échelle des valeurs.

À l’inverse vous flattez le moins que rien a le traiter de vaurien, plus encore de bon à rien. Car bon à rien c’est mauvais à tout mais ça vaut mieux que sans atout du tout.

« Qu’est ce qu’on peut faire, comme dit Nino Ferrer, quand on ne sait rien faire, on devient un homme à tout faire ». Revoilà par la bande notre atout d’homme à tout faire pas forcément bon à tout faire alors que la femme à tout faire est dite bonne à tout faire. Être femme à tout faire semble assez pour être dite bonne à tout faire, quand être homme à tout faire ne dit pas que l’on est bon à tout, même censé n’être mauvais en rien. Si vous demandez à un homme à tout faire de vous débarrasser de tout, il sera fort embarrassé car vous lui demandez de savoir ne rien faire avec tout et il ne sait pas faire car il est un homme à tout faire. On ne peut être bon à tout, sauf à être bonne dite à tout faire, compliqué pour un homme.

Si vous lui dites « Ne laissez rien », il se sentira bon à rien, mais ce n’est que s’il enlève tout qu’il sera bon atout, égal à une femme.

En lui demandant de « ne rien laisser » vous lui demandez quelque chose qui n’est pas rien.

Et si vous précisez « Surtout ne laissez rien » ça devient compliqué car rien sur tout , et même si ce tout n’est pas grand chose, va falloir le trouver pour dessus n’y rien laisser.

S’il s’agit surtout de ne rien laisser il convient aussi, l’air de rien, de ne rien délaisser, de ne rien poser dessus, par dessus tout pour faire le vide.

C’est bien ce que vous voulez « faire le vide », pas évident. Ne rien faire en tant que bon à rien, soit, mais faire le vide et avec rien, sans rien laisser, ce n’est pas donné à tous, au risque de ne rien donner de bon, de ne rien donner du tout. Et si ça ne donne rien, soit il n’en restera pas grand chose, et ce ne sera pas le tout, soit il en restera toujours quelque chose et ce ne sera pas rien, pas le vide en tous cas. Notez que tout est dans tout et inversement mais de là à faire le vide, c’est pas le tout, il y a un pas.

Tout enlever et qu’il ne reste rien, soit, mais avec quoi faire le vide si on enlève tout ? Surtout que vous voulez « Faire le vide par dessus tout », ce qui n’est pas rien, et si ça ou rien c’est du pareil au même, à tout prendre ou à laissez, il vaut mieux ça que rien.

Après tout vous prendrez bien quelque chose sauf s’il n’en reste plus rien et que vous n’êtes pas en reste.

Prenez un verre, ça fera le vide, mais pas deux car mieux vaut rester saoul vide quand on va faire le plein.

Fameux verre à moitié plein qui est à moitié vide. Mais comment le vider de tout son plein ou le remplir de tout son vide sans qu’il n’en reste rien ? Je conçois bien qu’il soit plein de vides, mais vides de plein je vois moins, et quand je dis moins, je dis pas du tout, j’en cache et des meilleures.

Je n’en pense pas moins, et quand je dis moins, c’est à dire pas grand chose, ce n’est déjà pas mal et si vous avez l’atout vous avez des cartes en mains et ce n’est pas rien. En revanche si vous avez la toux faut consulter car vous avez peut-être quelque chose. Tout au plus une toux avec vous, c’est tout ou rien mais jamais davantage.

Quand on vous dit « Tout va bien vous n’avez rien », ça peut vous rendre malade d'être ainsi dépourvu. Ça fait aller ou ça fait râler c’est selon. Ira bien qui ira le dernier, qui, gai, rira.

« Je ne trouve rien » sous entend qu’il y a bien quelque chose. Ça vous fait quelque chose ou bien cela ne vous fait rien. Et si vous avez quelque chose et bien vous voilà bien ! Et mine de rien vous faites mauvaise mine et vous vous minez, et vous râler et, minet, vous prenez de l’eau minérale.

Alors quand on vous dit « vous n’avez plus rien », au moins ne soyez pas fâché de n’avoir rien. C’est même, toute chose étant égale par ailleurs, un plus. Somme toute qui n’a plus rien est guéri, et c’était pas le tout, mais ça en faisait partie, surtout parti, comme pas deux, comme un pas de deux, de rien, parti on ne sait d’où, parti d’en rire ou sans laisser d’adresse.

Guéri mais il est rare que l’on doive vraiment quelque chose à qui l’on doit tout. Mais il est juste de lui prêter la main, de lui prêter main forte, de lui donner un coup demain voire aujourd’hui. Mais si ça coûte un bras on est à deux doigts de refuser même si on lui doit tout. On est alors mis à l’index montré du doigt comme un ingrat et du pareil au même comme un gras double, comme pas deux, si on y revient.

Avec votre air de ne pas y toucher, de ne toucher à rien, de Sainte nitouche et vos méthodes attrape tout qui ne servent à rien, ce n’est pas tout ça, mais l’air de rien, du tout au tout, vous ne tenez pas compte du tout venant, vous ne tenez même compte de rien, preuve que ce que je dis ou rien, pour vous, c’est bien la même chose et cela ne vaut rien. Excusez-moi du peu, pardonnez-moi mais de rien.

Restons-en là si ça ne vous fait rien et si ça vous fait plus qu’assez, si ça vous fait trop, restons en las !

J-P 29 04 20

 

 

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