Faire de sa vie une œuvre d'art, spiritualité agnostique, sagesse tragique et beauté.

Spiritualité, éthique et beauté outrepassent le tragique de l’existence.

Préambule Bergson :
Aucun état n’est identique au précédent : la vie est par conséquent, par essence, création.
Elle est comme l’œuvre de l’artiste qui fait advenir le radicalement nouveau, l’original.
Vivre la vie signifie vivre cette création incessante de soi par soi, cela signifie la vivre en artiste. Notre vie est notre chef d’œuvre.
"Ainsi pour les moments de notre vie, dont nous sommes les artisans. Chacun est une espèce de création. Et, de même que le talent du peintre se forme ou se déforme, en tout cas se modifie sous l’influence même des œuvres qu’il produit, ainsi chacun de nos états, en même temps qu’il sort de nous, modifie notre personne, étant une forme nouvelle que nous venons de nous donner. On a raison de dire que ce que nous faisons dépend de ce que nous sommes ; mais il faut ajouter que nous sommes, dans une certaine mesure, ce que nous faisons et que nous nous créons continuellement nous-mêmes... Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même". Bergson

JOIE ET CRÉATION :
Signes de l’accomplissement du destin de l’homme.
Bergson nous apprend que la nature nous renseigne sur la destination métaphysique de l’humain. Ce signe que notre destination est atteinte est la joie, signe d’un puissant élan vital, d’une invention de vie, signe que l’élan vital l’emporte loin de la mort et l’inertie.
L’affectivité est plus qu’un simple état psychologique, c’est un outil métaphysique.
Essence métaphysique de la joie qui accompagne toute création. La joie est un état de plénitude et de satisfaction intégrale et possède, plus qu’un sens purement psychologique. Elle signifie que nous expérimentons une authentique perfection divine. En elle, nous pressentons quelque chose de beau et de grand, de divin. La création, qui est ce pour quoi nous sommes faits, nous fait participer, en quelque sorte, à la perfection divine.
La joie nous rend proches de l’action et du divin. Dans la joie, notre puissance est en expansion, alors que dans la tristesse et dans l’angoisse, cette puissance diminue. Importance des passions joyeuses, des affects positifs qui sont signes métaphysiques de l’être. Bergson rejoint Spinoza.

Joie et création sont liées. La joie signifie que l’on donne l’être et l’existence à ce qui n’existait pas, que l’on tire quelque chose du néant, que l’on invente. Le peintre qui produit une œuvre, réalise une création si le tableau est rigoureusement neuf, s’il voit les choses de manière nouvelle. Une œuvre originale renouvelle notre regard, notre façon d’appréhender, le réel.
La création, c’est un acte d’invention, dans l’ordre artistique, technique, scientifique, philosophique,… Créer, c’est faire surgir le neuf du néant.

L’homme n’est pas fait simplement pour se maintenir en vie, pour survivre. La survie ne donne pas à l’existence la plénitude. La réalisation de l’homme passe par l’activité créatrice. Par la créativité l’homme s’accomplit, réalise son destin, donne sens à sa vie.
La destination métaphysique de l’homme est de développer sa créativité dans tous les domaines.

Vif du sujet :

L’anagramme de LA VÉRITÉ est RELATIVE.

L’existence est tragique. La spiritualité, l’éthique et la beauté outrepassent le tragique de l’existence.

La spiritualité est la vie de l’esprit, de l’âme.
Ne pas confondre spiritualité et croyance irrationnelle, religion.

"Il n’est pas nécessaire de croire en Dieu pour être une bonne personne. Dans un sens, la notion traditionnelle de Dieu est dépassée. On peut être spirituel mais pas religieux. Il n’est pas nécessaire d’aller à l’église et de donner de l’argent - Pour beaucoup, la nature est une église. Quelques unes des meilleures personnes de l’histoire ne croyaient pas en Dieu, tandis que certains des pires actes l’ont été en son nom" Pape François, qui admet là qu’il peut y avoir une spiritualité sans Dieu.

La notion de Dieu est à repenser.
Si Dieu = la nature, alors nous sommes panthéistes…
Le panthéisme considère que Dieu est tout. Dieu n’est pas un être personnel distinct du monde, mais il est l’intégralité du monde. C’est l’immanence par opposition au principe de transcendance du Dieu créateur monothéiste.

Nb : Notez que le fait qu’un Dieu existe ne nous garantirait nullement l’immortalité ou la résurrection. Ce pourrait être un Dieu inutile, fainéant, voire méchant. Ce pourrait être une nature, une essence… une inhumanité, une chose non comparable à nous.
Vous êtes une espèce de Dieu pour une colonie de fourmis que vous élevez…

Nb : Le pari pascalien fait agir par cupidité, par intérêt, il façonne Dieu à sa façon car qui dit qu’un Dieu, présumé juste et bon, récompensera plus un mauvais qui a cru en lui qu’un bon n’y ayant pas cru ? Dieu injuste, sectaire !

Nb : « L’infinité est le fait initial originel. » Nietszche
L’infini n’est pas transcendant, c’est un fait.
Je fais partie de l’infini, de la nature.
Sagesse tragique. Réaliser le meilleur quoi que ce soit périssable.
Réflexion de Marcel Conche.

ÉTAT DE RÉFLEXION MÉTAPHYSIQUE :

La mort, Dieu, le néant et l’immortalité n’ont AUCUNE ESPÈCE D’IMPORTANCE pour les esprits libres puisque dans toutes les configurations et spéculations métaphysiques possibles, cela ne doit RIEN changer à leur vie, à leur façon de vivre, à leur éthique et à leurs actes.

La spiritualité agnostique considère qu’aucune spéculation métaphysique n’a un caractère scientifique mais intuitivement, subjectivement s’accorde du panthéisme, de l’existentialisme, d’un spiritualisme naturaliste et vitaliste considérant le matérialiste Darwinien.
Sagesse tragique, amour de la vie et du beau car nous cherchons, gai savoir et éternel retour, à persévérer dans notre être, façon d’être immortels ici et maintenant.
La beauté nous arrête, car elle nous détourne d’un coup de la laideur du monde, elle va en effet bien au-delà en ce qu’elle nous met en mouvement plus qu’elle ne nous nous fige.
Elle nous communique la joie et le bonheur, la volupté. Elle provoque le désir, désir d’aimer, d’être et de persévérer dans notre être. Ce faisant elle incite l’élan vital créatif, à faire de notre existence elle même une œuvre d’art.
Loin de seulement nous arrêter, de nous sidérer, elle nous met en mouvement existentiel. Disons qu’elle nous arrête pour mieux nous ébranler et nous mettre en mouvement !
"La beauté, je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle" fait dire Baudelaire à son étranger.
Éternelle, elle sublime nos existences qui, en pouvant devenir œuvre d’art, et c’est ce que la beauté nous fait entrevoir ou nous permet d’atteindre, prennent également cette dimension d’éternité palpable dans d’éternels instants d’essentiels, d’amour, d’imagination, de rêves, de création, d’éthique.
Après la joie et la beauté, notons qu’Epicure, éthique du bonheur, nous indique : prudence, tempérance, courage, justice.
Le je est un jeu, une construction d’une subjectivité, d’une singularité, d’un style éthique et esthétique.

La mort met en valeur la vie comme la nuit met en valeur le jour.
« L’individu libre ne pense rien moins qu’à la mort. » Spinoza.
« La joie de l’âme réside dans l’action. » Lyautey
« Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres. » La Boétie
Être un esprit libre, se choisir, se façonner, faire de sa vie une œuvre d’art.

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