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Billet de blog 12 mars 2022

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UKRAINE EUROPÉENNE : gauche fédéraliste européenne contre « gauche » totalitaire.

La situation - L’histoire - Nos fautes - La question de l’OTAN - La classe politique française - Gauche fédéraliste européenne contre « gauche totalitaire » – Quelle politique internationale ? - Peur nucléaire ou dignité et raison - Face à cet État voyou -

Jean-Pierre Roche
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

LA SITUATION       
Aux yeux de Poutine, l’Union Européenne n’existe pas, et il ne voit en  Bruxelles que le siège de l’OTAN. Une Ukraine européenne et démocratique est en effet une menace mortelle pour son régime, la négociation s’avère difficile.

Au Belarus, Biélorussie, à Minsk et en Géorgie la démocratie, qui par deux fois a tenté de s’installer, a été réprimée par un pouvoir autoritaire et par l’intervention russe.                     
Poutine nie l’existence de l’Ukraine en tant qu’État indépendant. Révisionnisme historique, Empire et Union Soviétique reconstitués dans lequels Tchétchènes, Bélarusses, Ukrainiens, Georgiens et Moldaves sont soumis.     
Pourtant l’agresseur veut se faire passer pour l’agressé en muselant l’information libre et par la terreur, la Russie tente de se présenter comme une victime entourée de forces hostiles la menaçant mais l’OTAN n’a jamais envisagé d’attaquer un État indépendant et les capacités militaires russes dépassent de loin celles dont disposent l’Alliance en Europe.         
La propagande russe sur une OTAN qui l’encerclerait fait diversion nonobstant que les forces armées russes déployées étaient bien plus fortes que celles de l’OTAN déployées. 

Situation sans rapport entre la volonté soviétique en 1962 d’installer des missiles nucléaires à Cuba et le déploiement symbolique de quelques hommes en 1997 et 2004 en Pologne et Pays Baltes. Les bases aériennes et armes nucléaires de l’OTAN sont stables depuis cinquante ans. Le déploiement russe est, au contraire, colossal à la frontière occidentale, à Kaliningrad, au Belarus, Biélorussie, en Transnistrie et en Crimée, plus grande base militaire du monde depuis l’annexion.       
L’Ukraine devrait devenir neutre comme la Finlande dont l’ancien premier ministre souligne que « la finlandisation est une insulte ultime à un pays qui a été contraint de compromettre ses valeurs démocratiques face à un agresseur » et que ce « n’était pas un choix, mais une nécessité ». 
L’Europe centrale et orientale est victime d’une posture politique paternaliste de l’Occident. Le gazoduc Nord Stream 2 critiqué par l’Europe de l’Est s’avère calamiteux.

En février 2022 la Douma a demandé la reconnaissance des Républiques autoproclamées du Donbass et Poutine a reconnu ces Républiques nonobstant les engagements de Minsk et le protocole Normandie incluant Allemagne et France.        
Poutine veut aussi remettre en question le mémorandum de Budapest de 1994 incluant la dénucléarisation du Belarus, Biélorussie, et Loukachenko est à sa botte. Les essais de missiles capables de porter des charges nucléaires augurent d’installations permanentes et nous devons nous opposer à cette nucléarisation COÛTE QUE COÛTE comme on sait dire. C’est la ligne rouge et il faut frapper si elle est franchie.
Pour Poutine, piètre agent du KGB, les deux guerres mondiales, l’holocauste, les bombes atomiques et l’anthropocène destructeur passent au second plan et il considère que le plus grand malheur du 20ème siècle est la disparition de l’Union Soviétique que les peuples considèrent comme une libération.     
La Russie, avec sa puissante armée, son imposant arsenal d’ogives nucléaires et ses ambitions impériales, l’enclave de Kaliningrad – une « île » russe lourdement armée située au centre de la région baltique, l’annexion de la Crimée, la fomentation et la participation au conflit séparatiste dans le Donbass, le déploiement de plus de 100 000 soldats autour des frontières de l’Ukraine et enfin l’agression ouverte,  poursuit une stratégie de soumission politique et militaire des anciennes républiques soviétiques se trouvant à sa frontière.     

L’HISTOIRE
La guerre des mémoires, avec volonté de domination de la Russie sur l’Ukraine, est engagée depuis les divergences religieuses remontant au Concile de 1439. La demande de protection cosaque ukrainienne en 1654 n’est pas assortie de revendication territoriale mais se transforme en annexion. L’État russe est né récemment en 1721 avec le Tsar Pierre Le Grand. Le réveil national ukrainien au 19ème est réprimé par le tsarisme. Il existera une République socialiste soviétique ukrainienne non russe mais dominée et victime des répressions staliniennes.          
En décembre 1994, Biélorussie, Kazakhstan et l’Ukraine, États-Unis, Royaume-Uni et Russie, France et Chine sont aussi garants comme "témoins", signent les « mémorandums de Budapest », documents qui accordent des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité à ces trois anciennes Républiques socialistes soviétiques, en échange de leur ratification du TNP, traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.        
Ils s’engagent à « respecter l’indépendance, la souveraineté et les frontières existantes de l’Ukraine ». « La Fédération de Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis réaffirment leur obligation de s’abstenir de la menace ou de l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance de l’Ukraine, et qu’aucune de leurs armes ne sera jamais utilisée contre l’Ukraine, sauf en cas de légitime défense ou en conformité avec la charte des Nations unies. ».    
En 2009, États-Unis et Russie confirment la validité de ces mémorandums. En 2014, l’Ukraine en appelle à ce mémorandum que V. Poutine n’a pas respecté en envahissant la Crimée, en contrôlant un tiers du Donbass, en tirant sur des navires. Les Ukrainiens finlandisés se rendent alors compte que si le pays avait été dans l’Otan il n’aurait pas été agressé.       
En 2014, la révolution ukrainienne de Maïdan change plus encore la donne et fait passer de l’homo soviéticus à l’homo dignus : « Nous sommes une nation indépendante européenne et prêts à mourir pour l’état de droit, la démocratie, la justice ». Le conflit se développe : en 2018, au large du détroit de Kertch entre mer Noire et mer d’Azov, la marine russe tire sur trois navires ukrainiens, arraisonnés avec leurs membres d’équipage, annexion de la Crimée, soutien aux séparatistes du Donbass, cyberguerre, troupes en manœuvres à la frontière.    
La Crimée, russifiée après 1854, autonome en 1917, rattachée de 1945 à 1954 à la Russie, ukrainienne depuis 1954 à cause de la continuité territoriale, bilingue, demandait un statut autonome dans l’Ukraine mais non l’annexion par la Russie. Un pseudo référendum d’indépendance sans hypothèse d’autonomie y a été bâclé en 15 jours par les Russes. Avec l’invasion de la Crimée, 80 % de la flotte ukrainienne est passée entre les mains des Russes qui contrôlent la mer Noire et la mer d’Azov. Le pont de 18 km, construit entre la Crimée et la Russie, bloque le gros trafic de la marine ukrainienne et les inspecteurs douaniers russes tracassent, bloquent et taxent lourdement les moyens et petits navires. Les arches du pont empêchent le passage des gros navires qui représentent 20 % du trafic vers les ports ukrainiens qui font transiter les exportations céréalières et le trafic sidérurgique provenant du Donbass, centre économique de l’Ukraine. Le port de Marioupol voit trafic diminuer de 27 % en 2018. Odessa subit un véritable blocus.

En août 2021, 30éme anniversaire indépendance, le président Ukrainien déclare : «  L’Ukraine n’est pas la Russie ». L’Ukraine se considère comme un jeune pays mais avec une histoire millénaire plus ancienne que celle de la Russie et la monnaie ukrainienne remonte à l’époque médiévale.    
Si la Russie avait respecté la finlandisation neutralisation et intégrité de l’Ukraine du mémorandum de 1994 jamais la question de l’Otan ne se serait posée. C’est parce que la Russie annexe la Crimée, occupe une partie du Donbass, asphyxie les ports ukrainiens, mène une guerre informatique et masse ses troupes aux frontières que la question de l’Otan comme mille autres questions se posent avec acuité car V. Poutine affirme : « Les russes et les ukrainiens ne forment qu’un seul peuple ».               
NOS FAUTES         
La situation actuelle de guerre est aussi le résultat de situations et d’erreurs de notre part et de la part des États-Unis.
Faute de la France et de ses alliés ne cherchant pas l’autonomie vis-à-vis de la Russie, de la Chine, de l’Otan et ne se dotant pas de moyens suffisants informatiques, militaires et culturels.         
Faute structurelle de la France et de ses alliés européens qui, même avec Trump à la Maison Blanche et qui pourrait revenir, ne proposent pas un noyau fédéral fort au sein de l’U.E. avec armée et politique fiscale communes dans le cadre d’une fédération européenne à l’intérieur de l’Union européenne, permettant de nous passer de l’Otan et des Gafam à terme, affirmant notre souveraineté européenne.
Faute de ne pas établir la règle de la majorité à la place de la règle de l’unanimité au sein d’un cercle fédéral et de la majorité des trois quarts par exemple dans le second cercle des 27.     

Faute d’inertie devant les manœuvres de déstabilisation politiques, attaques informatiques, soutien aux extrêmes, implantation stratégique et espionnage.     
Faute d’inertie face, en Chine et en Russie, aux assassinats ou traque d’opposants, atteinte à la liberté d’information et aux droits humains, à l’oppression des peuples et minorités.
Faute originelle d’Obama qui lâche Hollande. Dans le conflit syrien, Obama avait affiché, sans que personne ne lui demande, UNE LIGNE ROUGE à ne pas franchir : l’emploi des armes chimiques. Hassad les a employées et Obama n’a rien fait.          L’occasion était idéale de frapper Assad, d’empêcher les Russes de s’engouffrer, de sauver les kurdes en calmant Erdogan. Ratée elle a signifié un feu vert aux dictateurs, Poutine et le PCC en particulier, qui ont considéré qu’ils avaient carte blanche pour leurs objectifs impérialistes.          
Faute d’inertie face à l’agression de la Tchétchénie avec élimination d’un dixième de la population.
Faute d’inertie lors de l’annexion de la Crimée. L’Angleterre et les Etats Unis ne respectent pas leur engagement, du mémorandum de Budapest de 1994, à sauvegarder l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de sa dénucléarisation et ne fixent même pas une ligne rouge sur le Donbass.   
Faute d’inertie face à l’agression dépeçant la Géorgie en 2008, répétition générale augurant en tout l’Ukraine.  
Faute
devant le Brexit contre lequel l’Europe reste spectatrice en amont comme en aval sans offrir la perspective d’un deuxième cercle européen non fédéré, adapté à l’Angleterre.
Faute d’inertie des européens, de l’Angleterre et des États-Unis après la mainmise du PCC sur Hong Kong en violation du principe un pays deux systèmes, qui restent spectateurs et ne se solidarisent pas militairement et politiquement de Taïwan dont il s’agit de s’apprêter à reconnaitre l’indépendance.           
Faute d’inertie face à l’oppression des Ouïghours en Chine.
Faute de la France et de ses alliés qui ne liquident pas le groupe Wagner officine mercenaire russe en Afrique.   
Faute des démocraties n’aidant et n’armant pas correctement l’Ukraine face à la menace russe.      
Faute des démocraties ne répondant pas correctement à la guerre informatique par la guerre informatique.
Faute de la gauche et des écologistes continuant à fréquenter J-L Mélenchon et son tropisme pour les dictatures.          
Faute de la droite continuant à fréquenter Fillon prorusse et Raffarin prochinois entre autres.
Faute avec un retrait en débandade d’Afghanistan prouvant que les États-Unis ne sont pas fiables.           
Faute de Macron qui va visiter et tutoyer Poutine, déjà choyé à Versailles et Brégançon, avant même de se rendre à Kiev.          
Faute d’inertie pour donner suite aux interventions militaires russes en Biélorussie puis au Donbass.    
Faute collective quand, avant l’invasion en Ukraine, nous laissons Poutine masser ses troupes sans masser plus de troupes que lui sur la frontière ukrainienne sur quatre fronts, Roumanie, Pologne, Hongrie et Roumanie et sans lui fixer une ligne rouge pour qu’il s’arrête un jour. L’armée américaine est dix fois supérieure à celle de Poutine. Avec l’Otan c’est bien plus. Pour sauver notre honneur c’était un moyen d’éviter cette guerre mais Biden l’a écarté et nous ne lui avons même pas proposé comme nous ne l’avons pas proposé aux anglais…   
Faute indélébile que nous regretterons car Poutine détruit tout et s’acharne sur les villes et leurs populations, sur toute la classe politique et les familles liées. Après ce véritable crime de non-assistance à pays frère en danger, nous devrons payer plus cher pour notre liberté. Il ne s’agit pas de craindre de mourir, il s’agit de craindre de ne pas vivre dignement. Nous ne devons pas laisser assassiner un peuple européen. C’est le moyen d’empêcher le massacre, de faire reculer Poutine et de prévenir pour Taïwan et d’autres pays de l’Est. Hélas Biden recule ne voyant pas que la question de Taïwan est liée…     
Faute de ne pas en appeler à des brigades internationales.        
Les sanctions autres ne sont pas suffisantes et trop tardives.          

LA QUESTION DE L’OTAN        
Nous sommes favorables à ce que nous quittions l’Otan si, et seulement si, nous avons un jour (!) une défense européenne capable. La critique de l’OTAN implique le développement d’une force d’autodéfense européenne, une coopération du renseignement et un soutien militaire nécessaires face aux politiques agressives. L’OTAN doit être dépassée, mais nous devons accepter son existence en tant que garant aujourd’hui le plus efficace de la sécurité de l’Europe de l’Est. Il est regrettable que l’Ukraine n’ai pas rejoint l’Otan afin d’éviter l’annexion de la Crimée. L’engagement à défendre l’intégralité de son territoire n’a pas été tenu. Reste à poursuivre et à amplifier nos sanctions vis-à-vis de V. Poutine et reste à intégrer l’Ukraine à l’Union Européenne. Chose complexe car nous n’avons pas deux ou trois cercles d’intégration. L’Europe a des moyens pour évoluer vers l’autonomie et elle a le potentiel pour pouvoir constituer un arsenal de défense à son niveau et ouvert à l’Ukraine.                       
La diplomatie reste l’outil de résolution des conflits mais nous devons soutenir l’Ukraine dans la guerre puis lui permettre de décider souverainement de son avenir, hors des ambitions du Kremlin ou du capitalisme occidental. Pour démocratiser le pays, la liquidation de sa dette, l’aide accrue à la reconstruction et au peuple contre la corruption et l’oligarchie ukrainienne et des institutions démocratiques s’imposent plutôt que des réformes néo-libérales du FMI 
La voix de l’Europe de l’Est centrale et orientale doit être entendue pour établir un partenariat sincère et soutenir les mouvements d’émancipation de gauche, libéraux et écologistes émergents y compris en Russie. La solidarité internationale basée sur la compréhension mutuelle s’impose.
L’Union Européenne doit engager deux systèmes solidaires d’institutions et de sécurité, militaire et énergétique, non limités par les intérêts nationaux des différents États membres, afin d’entamer un dialogue et de négocier avec les États-Unis, la Chine et la Russie en particulier.
LA CLASSE POLITIQUE FRANCAISE
Devant ce constat, la priorité des priorités consiste à se débarrasser de notre classe politique et de la 5ème République qui laissent s’infiltrer les intérêts russes et chinois sur notre sol et ne nous engage pas sur une voie fédérale d’un noyau dur de souveraineté européenne nous permettant d’être autonome vis-à-vis de l’Otan et des États-Unis, d’être alliés de l’Angleterre et des autres européens et d’être forts face aux régimes autoritaires.        
Devant ce constat et dans la conjoncture électorale les candidats poutiniens, Le Pen, Mélenchon et Zemmour et les minables fillonistes, doivent être mis au ban et honnis de la classe politique comme traîtres à la nation et à l’Europe aux destins liés tellement notre avenir national, lié à l’Europe, est fédéral.          La classe politique française n’est guère à la hauteur de ce conflit. Les extrêmes réunis, Rassemblement Nazional, E. Zemmour, PCF et J-L. Mélenchon s’alignent sur V. Poutine et désignent, avec toupet, l’Otan comme agresseur. Des individualités comme F. Fillon ou D. Strauss Kahn font également le jeu russe et V. Pécresse n’est pas claire. Là Le Pen dépend directement des prêts russo-hongrois. Il est regrettable qu’E. Macron ne soit pas allé à Kiev avant sa visite à Poutine.

Quand le trio rouge-brun, Le Pen, Mélenchon, Zemmour, l'axe, rivalisait en poutineries.
On croyait l’extrême droite imbattable avec M. Le Pen financée par les banques poutiniennes et E. Zemmour déclarant : « Je rêve d'un Poutine pour la France » mais J-L Mélenchon n’a pas dit son dernier mot. Jugeons-en.
Le 14 mars 2014, JLM, qui la veille affirmait ne soutenir « jamais quelqu’un qui franchit une frontière », pas touriste pour deux ronds, ouvre son blog en titrant : « La Crimée est perdue pour l’OTAN. Tant mieux » et prémonitoire sordide, il promet à l’Ukraine le même sort qu’à la Crimée, estimant que ce pays, où « ultras nationalistes, néonazis ou pas, et marionnettes des diverses fractions d’oligarques kleptocrates ukrainiens » instrumentalise « l’Occident » afin de « faire exploser » le pays. Il s’inquiète d’une « guerre contre les Russes », et se réjouit qu’elle serait perdue d’avance : « Qui est volontaire pour aller se battre au milieu d’un champ de centrales nucléaires nommé Ukraine, où trône déjà Tchernobyl ? Qui est disponible pour une crise économique pire que celle qui déroule déjà ses anneaux ? Qui en Allemagne ou ailleurs a trouvé le moyen de se passer du gaz et du pétrole qui transitent par l’Ukraine ? Personne ! La messe est dite. La Crimée sera russe et l’Ukraine entre dans un chaos aggravé. ».         
En 2014 lorsque F. Hollande refuse de livrer deux porte-hélicoptères suite  à l’annexion de la Crimée, JLM déplore : « Une trahison insupportable ! », « Une mesure sans signification militaire. Cette décision achève la vassalisation de notre pays à la main des USA et à la politique belliqueuse de l’Otan. ».
JLM explique en novembre 2020 dans l’Opinion que « les Russes sont des partenaires fiables alors que les États-Unis ne le sont pas », « …et pas seulement dans le domaine militaire ».
Il déclare au Figaro en novembre 2021 :« Je ne crois pas à une attitude agressive de la Russie ni de la Chine. Je connais ces pays, je connais leur stratégie internationale et leur manière de se poser les problèmes. Seul le monde anglo-saxon a une vision des relations internationales fondée sur l’agression. Les autres peuples ne raisonnent pas tous comme ça. »
En 2015, après l’assassinat de l’opposant ukrainien du président russe, Boris Nemtsov, Mélenchon estime que Poutine est « la première victime politique » du drame.
Disons à La France Insoumise qui a un programme intéressant mais qui défend JLM que ce n'est plus Le Pen de se fatiguer, qu’ils ont trop de Zemmour pour Méchant qui vous savez, qu’ils sont des Soumis à Un... traîtres à la nation et à notre Europe, à la démocratie.
C'est un adversaire résolu de tous temps de l'impérialisme américain qui écrit, mais rien ne justifie de défendre les Castro, Chavez, Poutine et PCC et de trahir les peuples victimes des impérialismes, américain, néo-soviétique et sino-impérialisme.
Sortir de l'Otan, oui mais SEULEMENT lorsque nous aurons une puissance européenne fédérée, précisément ce que les extrêmes ne veulent pas... Construire notre Europe fédérale exige de combattre les anti-européens de fait antinationaux.

GAUCHE FÉDÉRALISTE EUROPÉENNE CONTRE « GAUCHE » TOTALITAIRE      
Une gauche fédéraliste, libérale-libertaire, républicaine, universaliste, humaniste, féministe, écologiste, socialiste, européenne, girondine, existentialiste s’oppose à une « gauche » jacobine, totalitaire et communautariste.    
Le social fascisme, dit « communisme », instauré par Lénine et son groupe clanique puis développé par Staline, fondé sur la terreur, le parti unique, la dictature et le culte du chef, les médias aux ordres, la société militarisée et l’assassinat, le goulag, la répression, l’emprisonnement des opposants, les famines, les élections truquées, la propagande mensongère, est un socialisme en parole, un fascisme en réalité. Il se traduit au niveau international par le social impérialisme, socialiste internationaliste en parole, expansionnisme impérialiste visant à museler les peuples en réalité.       
À la chute de l’Union soviétique, en Russie, le social-fascisme social-impérialiste doit nécessairement faire sa mue et s’adapte en rouge-brun en se combinant avec les racines du tsarisme et du nationalisme d’extrême droite, grand-russes. Cela produit, hors doctrine communiste, la dictature interne et l’impérialisme néo-soviétique repris par les néo-fascistes autoritaristes façon Poutine. L’essence et l’existence du social-fascisme social-impérialiste, outre la pensée dogmatique sectaire dictatoriale intrinsèque du marxisme-léninisme est marquée par l’alliance initiale de Lénine et du kaiser allemand puis par le honteux Pacte germano-soviétique liant Hitler et Staline. Pacte qui n’est pas rompu par Staline mais par Hitler, et c’est le point important. L’entrée en guerre de Staline, allié et collaborateur d’Hitler, avec qui il dépèce la Pologne, n’est pas due à un antifascisme mais est une réponse forcée, de survie devant la remise en question du pacte liant fascisme brun et fascisme rouge étant donnée l’attaque surprise hitlérienne contre la Russie. Dès lors Staline, allié naturel des fascistes contre les démocraties capitalistes va apparaître comme un antifasciste de fait et se parer des lauriers de la victoire. Cela grâce à Hitler car s’il n’y avait pas eu cette attaque allemande, la Russie se serait trouvée du mauvais côté, du côté des pactés, pacsés, avec les fascistes du Reich. L’Ukraine a été prise en tenaille entre les nazis et les staliniens et, en 2015, elle a opéré une double opération,  dénazification et désoviétisassion, interdisant conjointement les insignes nazis et communistes. Elle célèbre ceux qui se sont opposé à l’occupation soviétique. Par-là, pour l’ancien du KGB Poutine elle se « nazifie ». Cette juste mise en parallèle des deux alliés est un scandale pour le Kremlin qui fait passer Staline comme le vainqueur décisif de la dernière guerre, tait le Pacte initial et tait les 85 millions de mort victimes des régimes communistes. Quand l’extrême droite ne représente plus que 2% au Parlement Ukrainien, Poutine parle de dénazifier de l’Ukraine sans défasciser, ce qui serait une priorité, le Kremlin, lui-même. On se souvient de l’intervention des Russes en Tchécoslovaquie au nom de la dénazification du pays, en fait pour liquider le printemps de Prague. L’Ukraine veut son indépendance face aux deux totalitarismes et ne veut pas passer de l’un à l’autre.
Nous sommes là au cœur du débat entre la gauche non capitaliste, non social-démocrate donc, la gauche libérale fédéraliste au sens du libéralisme politique et la gauche totalitaire.
La première n’hésitera pas à tracer un comparatif entre les deux totalitarismes alliés lors des deux guerres et les rejettera dans un même mouvement tout en discernant le plus dangereux à un moment donné. On s’engage contre la guerre au Vietnam mais on se félicite du prix Sakharov aux dissidents cubains ou russes quand Mélenchon sort de la salle du Parlement Européen au moment de la remise de ces prix… La gauche totalitaire ne jure que par « l’anti-impérialisme » nord-américain se contentant de dénoncer des erreurs où dérives staliniennes.
Cette fracture est irréconciliable en effet et les lectures historiques, tactiques et stratégies qui en découlent sont divergentes. La gauche totalitaire est pro Castro, pro chavez, pro Poutine, pro tout ce qui s’oppose à l’impérialisme nord-américain quand la gauche fédéraliste est anti totalitaire, pro européenne, libérale libertaire, attachée aux droits de l’humain, alliée aux sociaux-démocrates si nécessaire. Poutine, extrémiste de droite, considère que la fin de l’Union soviétique est le plus grand drame du XXème siècle nonobstant les deux guerres, la Shoa, les deux bombes atomiques, l’anthropocène, les procès et purges staliniennes et les 85 millions de morts cumulés des systèmes communistes… La gauche fédéralisme verra dans cet effondrement une libération pour les pays et peuples opprimées. Deux lectures diamétralement opposées. La gauche totalitaire ne voit pas dans l’Union européenne une chance de fédéralisme, mot qu’elle honni comme le fait l’extrême droite, pouvant nous rendre souverain vis-à-vis des deux impérialismes et ne cherche qu’à l’affaiblir quitte à cultiver un nationalisme de bon ton. Elle veut quitter l’OTAN, sans que nous nous soyons auparavant dotés d’une défense fédérale européenne exigeant un fédéralisme, et livre l’Europe à Poutine et aux tentations nationalistes internes. Constatons les dérives d’un triste, méchant et coléreux sire cumulant tous les impairs totalitaires : robespierrisme, lambertisme, mitterrandisme, castrisme, chavisme, poutinisme, nationalisme c’est-à-dire antifédéralisme, apprenti dictateur, « bruit et führer » de pacotille. Mélenchon aujourd’hui gêné aux entournures est contraint à condamner l’intervention de Poutine en Ukraine après avoir soutenu son intervention en Syrie pour sauver Hassad, sans condamner son intervention en Tchétchénie, en Géorgie, au Donbass, après s’être félicité de l’annexion de la Crimée et avoir affirmé que « toute guerre contre la Russie serait perdue d’avance » paroles condamnant de fait la résistance ukrainienne. 
En forgeant notre souveraineté fédérale européenne nous nous opposerons aux totalitarismes agressifs impérialistes russe et chinois et secondairement dans la conjoncture à l’impérialisme américain.

QUELLE POLITIQUE INTERNATIONALE ?  
Quel type de relations avec la Russie et les Etats totalitaires, pendant la guerre et après ? Membre du Conseil de sécurité de l’ONU, puissance nucléaire, producteur de titane et de gaz, grande nation et grand peuple, la Russie, État voyou, ne peut être un État paria.  .

Revoir les instances internationales  

Outre la création de la fédération européenne dans l’Union Européenne, fédération autour du noyau dur Allemagne France, Belgique, Espagne, Italie, Portugal et d’autres volontaires, il convient de supprimer la règle de l’unanimité au sein des 27 afin par exemple de ramener la Pologne et la Hongrie dans les règles de l’État de droit et de sanctionner nos paradis fiscaux.
Il serait sage de créer immédiatement, à côté de l’ONU, une Organisation de Nations Unis Démocratiques, une ONUD. Ticket d’entrée : Élections parlementaires libres et démocratiques, pluralisme médiatique, pas de ventes d’armes et dérivés aux pays non-membres, etc. 
Idem pour une ODMC, organisation démocratique mondiale du commerce à côté de l’OMC.      
Deux outils afin d’isoler les dictatures politiquement et économiquement et d’instaurer avec elle un rapport strict :          
- Les échanges politiques et diplomatiques avec les pays non- membres, dont les dictatures, seraient soumis à des clauses définies par l’ONUD et conformes à une stratégie générale de préservation et de solidarité démocratiques. Finis les tapis rouges versaillais ou les vacances à Brégançon et autres poutineries, pas de délégations officielles aux jeux, déclaration de principe sur les droits de l’humain et les libertés dans les pays concernés accompagnant toutes rencontres, etc… 
Idem pour les échanges économiques avec préférence démocratique et appels d’offres favorisant les démocraties, interdiction de transferts technologiques aux non-membres, impossibilité pour leurs ressortissants d’acheter des terres, des entreprises, de contrôler quoi que ce soit de stratégique.     
Ces deux instances devraient se doubler d’une offensive culturelle ciblée ouvrant grands les échanges culturels et le tourisme avec tous les pays du monde mais permettant à chaque rencontre et contact d’affirmer nos valeurs et de cibler les atteintes à ces valeurs. Un touriste étranger provenant d’un pays dictatorial recevrait en arrivant dans un pays démocratique une information, rédigée dans la langue adéquate, concernant nos valeurs et les atteintes aux droits humains dans son pays. De multiples ONG comme Amnesty seraient chargées de relayer tout ce réseau mondial et cette véritable offensive culturelle.

La politique étrangère doit être guidée par l’anti-impérialisme et le souci de préserver l’autonomie et le pouvoir des citoyens.        
La dénonciation de l’impérialisme russe n’exclut pas la critique des États-Unis et doit considérer la géopolitique issue de la guerre froide et de la décolonisation.     

PEUR NUCLEAIRE OU DIGNITE ET RAISON ?
Les adversaires de couloirs aériens et de la neutralisation de l’espace aérien ukrainien, Etats-Unis et européens jusque-là, sont complices de crimes contre notre humanité en laissant les mains libres au néo-fasciste Poutine, honte du grand peuple russe. Dix pays européens et la France en particulier ont armé ce dictateur et devront en répondre.
La propagande tactique poutinienne consiste à agiter la menace nucléaire pour éviter notre ingérence. Tous ceux qui tombent dans ce piège s’avèrent munichois manipulés et relèvent de la servitude volontaire, de l’inculture et de la naïveté. Tout le travail de Poutine consiste à inspirer la peur pour garder les mains libres. Seuls ceux qui n’ont pas peur sont dignes.
SI, ET SEULEMENT SI, POUTINE CESSE DE FAIRE PEUR IL TOMBERA. Ceux qui agitent l’épouvantail nucléaire, valets de la propagande poutinienne, feraient bien de lire Machiavel.
Si nous affirmons qu’un pays nucléarisé ne peut être attaqué :
- Nous encourageons ce pays à faire régner sa terreur en toute impunité.
- Nous renonçons à l’ingérence au nom des droits humains.
- Nous encourageons la prolifération nucléaire mondiale et tous les pays du Monde à se doter de l’arme nucléaire qui devient la seule arme valable ET pour ceux qui sont impérialistes ET pour ceux qui veulent se défendre. Ceux qui ne la possèdent pas sont présentés comme impuissants pour attaquer car ils risquent une réponse et pour se défendre car leur agresseur nucléarisé agirait en tout impunité, voir l’Ukraine.
Si au contraire nous refusons le chantage nucléaire nous empêchons les invasions, celle de Taïwan, de la Moldavie et d’autres à venir, et démontrons l’inanité de la force nucléaire et par là nous dissuadons sa prolifération.
Ainsi cette guerre aurait été évitée si nous avions, à la demande des ukrainiens, déployé autant de forces que Poutine aux frontières de l’Ukraine avec engagement de riposte si invasion.
En laissant faire cette guerre, la classe politique américaine et européenne est disqualifiée et commet plus qu’un crime, une faute. Logique, elle a choisi l’Otan sous la houlette d’un lâche comme Obama en Syrie, d’un fou complice de Poutine, Trump ou d’un hésitant Biden, et choisi les livraisons d’armes à Poutine plutôt que la souveraineté fédéraliste d’un noyau dur puissance européenne.
D’ailleurs ces pays laissent faire des massacres dans des pays non nucléaires, comme en Birmanie, preuve de leur indignité.
FACE À CET ÉTAT VOYOU
Il nous faut aussi :        
Nous appuyer sur le peuple russe par une information active en sa direction et l’inciter à renverser son dictateur.
Accueillir les réfugiés et aider les pays d’accueil limitrophes. Aider, protéger et armer la résistance, les combattants et opposants ukrainiens et dans le monde, les journalistes, les artistes, les lanceurs d’alerte, les intellectuels, les dissidents.
Organiser et armer des Brigades Internationales.
Développer l’offensive symbolique et culturelle et l’information,
Organiser la guerre informatique et de l’information
contre le sabotage, la désinformation et le mensonge par tous les moyens.
Exclure la Russie du système financier mondial et réduire ses capacités militaires et technologiques. Refuser tous ses produits et son gaz.
Retrouver notre indépendance économique et énergétique.
Obliger la Russie à dépenser et à se disperser en ouvrant d’autres théâtres partout dans le monde comme la liquidation des mercenaires Wagner en Afrique.  
Faire comprendre à la Chine, à l'Inde, à l'Iran et aux Émirats voire à la Turquie, qu'ils ont tout à perdre dans cette affaire et que, s'ils font preuve de mansuétude avec Poutine, l’Europe se renforcera à leur détriment.
Négocier avec le clan Poutine sans céder de territoires.       
S’adresser aux peuples et ressortissants russes.       
Montrer que nous ne voulons pas la guerre mais prouver que notre honneur vaut mieux que toute servitude en particulier celle consistant à laisser massacrer un peuple.                
Mettre à bas les dictatures et les pseudos démocraties dont la nôtre et l’américaine.    
Vive la 6ème République qui organisera notre Bien Vivre,    
Vivent la fédération Européenne, l’Union Européenne, leur défense et leur souveraineté.
Vivent de nouvelles instances internationales.
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