Désir d'unité de la gauche écologiste, enjeux des européennes.

« Si la situation est si grave, pourquoi Yannick, pourquoi Benoit, on n'est pas entrain de se battre ensemble? ». Raphaël Glucksmann La République en marche, oui, mais la sixième…

Européennes, options franchouillardes et blues garanti.

Que retenir de l’ÉMISSION POLITIQUE sur F2 ?

Journalistes en bleu, chemise blanche, cravate bleue pour l’homme.
Loiseau, femme en pantalon, veste rouge, chemisier noir,
LFI, femme en pantalon, costume bleu, chemisier blanc,
Philippot en costume bleu, chemise blanche cravate rouge,
Dupont Aignan en costume bleu, chemise blanche cravate rouge
Asselineau en costume bleu, chemise blanche cravate bleue
Bellamy en costume bleu, chemise blanche, cravate bleue,
Lagarde en costume bleu, chemise blanche,cravate violette,
PCF en bleu, chemise blanche, sans cravate,
RHaine en bleu, chemise blanche, sans cravate,
Hamon en bleu, chemise blanche, sans cravate,
Jadot en bleu, chemise blanche, sans cravate,
Glucksmann en bleu, chemise bleue, sans cravate.
Originalité de notre classe politique qui laisse LREM se distinguer finalement tellement les autres donnent le blues. Lagarde et Glucksmann laissent échapper un faible détail comme s’ils n’étaient pas tout à fait intégrés. Les autres camisolés de grégarité, bons pour le Musée Grévin, méritent de se prendre une veste.
Commentaires politiques idem au détail prés !
On retiendra seulement la réflexion lucide de Raphaël Glucksmann: "Si la situation est si grave, pourquoi Yannick, pourquoi Benoit, on est pas entrain de se battre ensemble?

Quels enjeux ?

Réformer la France pour réformer l’Europe !
À considérer nos régimes nationaux il est bien logique que l’Union Européenne de ces régimes ne soit pas parfaite ! La France, insupportable monarchie présidentialiste, pseudo démocratie, se porte volontiers en donneuse de leçons mais elle fournit un contingent non négligeable de nationalistes, de poutiniens, de populistes au Parlement européen ! Si aimer la France c’est aimer l’Europe, comme le disent les Esprits Libres fédéralistes européens, changer l’Europe c’est d’abord changer la France ! Et changer la France c’est 6ème République, Revenu Citoyen, légalisation contrôlée et autres babioles dont il ne fût fût pas question lors du débat, des bas en effet et peu de hauts, sinon les cœurs.

Distinguons les pro-européens des nationalistes chauvins et des populistes.

À droite, battre le RN et contenir LR.
Le RN ne doit pas garder la main sur la recomposition de la droite et, soyons clairs, pour l’image de notre pays, il serait bon que la liste LREM, de centre droit, face un meilleur score que l’extrême droite qui arbore toujours l’oriflamme néo fasciste. À ce propos la présence des écologistes Pascal Canfin et de Pascal Durand est une bonne chose. Des élus écologistes valent mieux que des élus LREM au Parlement européen. Que la droite française soit absorbée par LREM plutôt que par le RN ou LR est une bonne chose également.

Souhaitons aussi que la liste fédéraliste de l’UDI menée par J-C Lagarde face un bon score afin que LREM se calme et que messieurs Wauquiez et Bellamy soient disqualifiés et retournent à la manif pour tousse.

Reprendre la main de la gauche et de l’écologie :
À gauche la FI ne doit pas garder la main. Il s’agit de lever l’hypothèque du mitterrandien, chaviste, castriste, cas triste Mélenchon ! Il serait heureux que la liste unitaire écologique et sociale de Glucksmann et que la liste des Verts passent devant celle de la FI ! Au passage la disparition du déjà cadavérique PCF, hommage au passage aux 86 millions de morts des régimes communistes, serait aussi une petite cerise sur le gâteau !

Les électeurs de la gauche écologiste souhaitent l’unité !

Les Verts, qui hier ralliaient Hamon, déclarent aujourd’hui n’avoir rien à voir avec la gauche, n’être pas concernés par la recomposition de la gauche ! Opportunisme au gré des élections ! Mais leur ligne écologiste pure rejette aussi l’alliance avec les écologistes tenants de la même ligne, Génération Écologie de Delphine Batho et MEI avec Antoine Waechter. Pas de tentative d’unité avec Cap 21 de Corinne Lepage non plus ! À l’opportunisme ils ajoutent le sectarisme.

Pourtant les Verts avaient l’occasion de prendre la main sur la recomposition de la gauche écologiste ! Ils ont reçu des offres de service de Ségolène Royal qui leur laissait la première place puis les offres de Hamon, de Glucksmann… Rien à faire.

Les Verts paieront cher leur opportunisme, leur sectarisme, leur amateurisme et leur incapacité à fédérer. Ce groupe cultive l’art de ne pas saisir l’Histoire, contrairement aux Verts des autres pays, en particulier aux Verts allemands.

Le sympathique mais inénarrable Hamon poursuit sa descente aux enfers ! Lui aussi a eu la main pour prendre la direction du PS quand le résultat de la primaire lui imposait. Choisi représentant du PS par la primaire il n’a rien trouvé de mieux que de déserter ce parti pour créer un groupe au nom énigmatique « Génération.s », avec pour bulletin le franglais BIG, pour « Bulletin d’Information de Génération.s » ! Il a eu la main pour recomposer la gauche et l’écologie quand Jadot et les Verts se sont ralliés à sa candidature et, alors que s’offrait la possibilité de dépasser les appareils Verts et PS par le haut en créant un parti écologiste socialiste sitôt après la primaire et le ralliement Verts, Hamon est allé boire un coup avec Mélenchon, à discrédité le Revenu Universel en prétendant le réserver à certaines catégories, le transformant en énième mesure sociale ajoutée à la machine à gaz, s’est fourvoyé dans sa contre productive taxation des robots et dans son gadget dangereux de « 49,3 citoyens ». Il s’entête et se contente d’une minime capacité de nuire.

Sympathique également Delphine Batho qui, avec le bon Waechter, nous proposent une écologie intégrale répondant à l’urgence écologique. Mais quid des enjeux sociaux et institutionnels liés et les alliances pour y parvenir ?

Les anciens PS, Hamon, Mélenchon, Batho, sont les plus ardents à dénoncer aujourd’hui, quand tout le monde s’y met, leur ancien parti à qui ils doivent leur carrière politique. Mais ils l’auront servi des décennies aux mauvais moments, moments où les Esprits Libres dénonçaient justement ce parti. Et quand, aujourd’hui, celui-ci n’est plus hégémonique, n’est même pas tête de liste, est même entrain de changer avec Olivier Faure, il faudrait bouder ! Retard d’un train avec moult wagons et arguments faibles au regard de la demande d’unité nécessaire qui émerge face à la division.

Raphaël Glucksmann et Claire Novian et leur liste, incluant Place Publique, Nouvelle Donne et le PS, mérite sympathie, bien que la proposition reste faible concernant tant les enjeux nationaux qu’européens, avec un aspect bisounours de Raphaël concernant les migrations mais aussi un éclair de lucidité : « Si la situation est si grave, pourquoi Yannick, pourquoi Benoit, on n'est pas entrain de se battre ensemble? ».

Notons que l’ensemble de l’échiquier politique n’a pas été capable de contrarier le brexit en modifiant l’offre européenne par des cercles, l’un fédéral avec le noyau des six pour base et deux autres cercles dont l’un pourrait convenir à l’Angleterre. Une telle modification aurait été susceptible de faire revenir les anglais sur le brexit.
Pas capable non plus d’appréhender le cas possible d’un second référendum revenant sur le brexit et laissant alors les anglais jouer un rôle négatif dans l’UE.

En esprits libres réaffirmons le fédéralisme, adapté à un noyau, revenant sur la règle de l’unanimité et adoptant des règles fiscales et une défense communes, affirmons l’impossibilité d’une souveraineté nationale et leur volonté de souverainisme européen. Réaffirmons notre volonté d’unir les peuples et les pays et régions par la culture plus que par le marché.

Que vive l’Europe des lumières, l’Europe culturelle, l’Europe laïque, l’Europe démocratique, fédérale, sociale et écologique, l’Europe des Esprits Libres, celle-là même dont il ne fût guère question lors de la foire télévisée nommée débat, dont il ne fût pas question lors de l’entourloupe nommée débat national… La République en marche, oui, mais la sixième…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.