Entériner et annuler l'élection EN MÊME TEMPS!

SANTÉ DÉMOCRATIQUE ET DÉMOCRATIE VIVANTE

Hier soir les responsables politiques passaient à la télévision de plateau en plateau, et aucune chaine ne respectait la distance de un mètre entre eux. Aucun n’a protesté et aucun ne s’est masqué pour alerter. Au contraire ça éructait en veux-tu en voilà. Ce matin les équipes de campagne se réunissent et certaines en toute promiscuité. Ainsi le personnel politique va être décimé dans les jours qui viennent. Drôle de façon de donner l’exemple. Faut dire qu’en début d’épidémie ils serraient les mains, voire embrassaient, à tire-larigot, et en particulier les personnes âgées, électeurs fidèles,  comme ils le font toujours, avec pour effet premier de refiler quelques grippes à ceux qui ne l’auraient pas et pour effet second recherché d’être élus autant que faire se pouvait.

Naviguant à vue et ne voyant pas au-delà des Alpes, le pouvoir a pris la lourde responsabilité d’ajouter une crise politique à la crise sanitaire avec le maintien de ces élections,  voulu en particulier par Larcher et Baroin pour convenances politiques électorales au détriment de la santé publique et de la santé démocratique. Les groupes politiques ont presque tous insisté pour ce maintien et des présidents de régions comme Pécresse, Bernard ou Morin ont réclamé l’annulation. Ce maintient s’entendait 1er et 2ème tour évidemment et c’est là que le pari était beaucoup trop risqué. Résultat calamiteux avec abstention et report du deuxième tour probable.  

ANNULATION DU SECOND TOUR ET CONSÉQUENCES :

Il serait sage, en l’absence de textes de loi et de véritable jurisprudence, sauf à la Réunion pour une tornade, d’entériner le premier tour lorsque le Conseil est élu et d’annuler le vote du premier tour lorsqu’il y a ballotage.

Entériner les résultats du vote du premier tour lorsque la liste a obtenu la majorité absolue est une mesure démocratique moins pire que l’annulation. À l’exception toutefois de toutes les communes dans lesquelles un candidat a publiquement demandé en amont l’annulation du premier tour faisant valoir que les conditions de sérénité du scrutin n’étaient pas réunies, et dans l’hypothèse ou ce candidat demande l’annulation, cas assez rares mais que l’on peut trouver en particulier dans les zones les plus infectées au moment du premier tour.

Annuler la totalité du vote du premier tour partout où il y a ballotage, car effectivement les conditions de sérénité du scrutin n’étaient pas réunies et le résultat, le ballotage, ajouté à l’abstention, indique une indécision de l’électorat suffisante pour annuler l’élection. La congélation des résultats du premier tour en attendant le second serait une ineptie puisque l’actualité, la situation, l’évènement se poursuivent et que les politiques, en particulier les maires, sont jugés sur la gestion de cette actualité. Congeler le premier tour serait le rendre inactuel, non contemporain et l’évolution de l’électorat ne pourrait être prise en compte en fonction de l’attitude et du positionnement des politiques. Ce serait une démocratie figée, congelée quand nous la voulons vivante.

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