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Billet de blog 19 oct. 2015

La bourse ou la vie, qui est au cœur de la réaction, qui souille la bourse du travail ?

Jean-Pierre Roche
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Réponse à l’article sur Médiapart : "Macron ose souiller la bourse du travail, ça ne peut pas passer sans réaction"

Madame, je n’ai pas d’affinités particulières avec monsieur Macron, mais ce n’est certainement pas en lui lançant un  yaourt « qui ne l’atteint pas », ou en criant des slogans comme « sans chemise et sans pantalon », que l‘on va faire avancer la démocratie et le débat.

Ce yaourt révèle une contestation en piètre état et s’avère dérisoire eu égard aux enjeux.

Il y eût une certaine noblesse à jeter des pavés : « Comme une fille la rue s’déshabille, les pavés s’entassent, les flics qui passent les prennent sur la gueule » Ferré. Le lancer du yaourt parait quelque peu en deçà. La lutte des classes serait convoquée à céder sa place à la lutte des glaces ? Nous « juifs allemands » devenus glaciers ambulants !

Et à quoi bon lancer si ce n’est pour atteindre ? Peu glorieux quand ça retombe, là, à six bancs devant sur une dame qui n’en demandait pas tant où là, à s’écraser devant le pupitre. Entrainez-vous madame et visez juste. Faites un peu de pétanque ou du tir à l’arc pour vous détendre en sus. Et savez-vous si Macron aime vraiment les yaourts ? C’était un bio au moins ? Ne me dites pas qu’il vient d’un supermarché et que vous engraissez des pires que Macron ? Vous gaspillez la nourriture alors que tant vont à la soupe populaire ? Vous auriez pu lancer autre chose et viser juste madame. La cocotte en papier tirée de cahiers de doléances ne vous sied pas ? L’avion alors, oh oui l’avion en papier ! Ça aurait eu de la gueule l’avion en papier, en l’Air de la France en quelque sorte, et la chute finale rattrapait la lutte.

Faut dire qu’avec tous les bravos que vous récoltez pour votre ratage le jet en vaut la chandelle car ça pédale fort dans le yaourt. Sous les pavés la plage, sous les yaourts le fromage.

Vous dites « Macron ose souiller la bourse du travail, ça ne peut pas passer sans réaction ». Mais madame, les bourses du travail sont souillées depuis des décennies par les staliniens productivistes qui sont les ennemis du socialisme libertaire et du libéralisme politique. Rouges, de honte, à l’extérieurs, bruns à l’intérieur. Rien d’étonnant à ce que les bastions PC virent souvent à la graine de fachos. Voyez les intelligents gros bras de la CGT qui criaient « sans chemise et sans pantalon », renchérissant sur ceux qui en était restés au torse et aux boutons de manchettes.

Ceux-là mêmes, dont le service d’ordre, ordres qui venaient de l’Est, a surtout frappé les authentiques révoltés, les « juifs allemands » et autres « gauchistes », comme ils disent, ne semblent pas vouloir s’amender. Productivistes, pro vendeurs d’armes. Tout ce qui bouge n’est pas rouge et ça vire au brun facilement. Le PC et la CGT, pro-nucléaires, sont au cœur de la réaction !

Pardon mais s’ils visent sous la ceinture ils auront affaire un jour aux vrais sans culottes et ce sera une autre paire de manche à traverser…

Vous pouvez toujours madame, avec les productivistes et les gouvernants, vous épuiser à essayer de sauver des emplois inutiles, le génie humain va plus vite que vos politiques dites sociales et les machines remplacent heureusement et inexorablement les hommes pour les tâches pénibles.

Le revenu ne doit plus dépendre du seul travail, le Revenu Citoyen doit partager les richesses hors marché et hors emploi. Supprimons tous les emplois inutiles, réduisons le temps de travail et le travail salarié. Substituons la centralité de la créativité à celle du travail salarié. Considérons l’existence comme une œuvre d’art.

En guise de réponse, balancez moi un yaourt sur le coin du baigneur, puisque c’est votre façon de dialoguer, mais permettez moi de le choisir auparavant car je compte bien l’attraper au vol, la propriété c’est au vol…, et le consommer à l’arrivée. Un caillé basque par exemple, à l’approche des érections régionales cela encouragera la production locale, épargnez-moi les milles vaches productivistes s’il vous plaît.

Vous m’avez finalement rendu sympathique ce monsieur Macron. Si vous le recroisez, dites lui que je vous ai parlé du Revenu Citoyen pour vous réconcilier tous les deux. Avec 900 euros inconditionnels par mois, on supprimerait l’assistanat, on ne craindrait plus les licenciements rendus plus faciles, on aurait moins besoin de travailler, on aurait des croissants pour nos matinées bien grasses et la croissance serait réservée à nos soirées polissonnes.

Et « par dessus le marché », passez moi l’expression, on aurait une gauche libérale et libertaire…

Elle n’est pas belle l’avis des Esprits Libres à la population et l’urgence de sortir de la misère sans trimer ? Elle n’est pas rebelle la vie ? Entraînez-vous madame, visez bien et touchez la cible.

« Vous voulez secourir les pauvres, moi je veux supprimer la misère ». Victor Hugo

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