La crise ? Une gigantesque carambouille bancaire

Il y a longtemps que les carambouilleurs de marchandises en tout genre ne s’étaient plus manifestés. Il s’agit d’une opération «économique» qui consiste pour des aigrefins, dissimulés derrière une entreprise fictive ou de façade, à acquérir auprès de fournisseurs abusés des marchandises qui ne leurs seront jamais payés pour les revendre immédiatement à bas prix à des clients peu scrupuleux et de disparaître ensuite dans la nature avec le «butin» de la revente.
Il y a longtemps que les carambouilleurs de marchandises en tout genre ne s’étaient plus manifestés. Il s’agit d’une opération «économique» qui consiste pour des aigrefins, dissimulés derrière une entreprise fictive ou de façade, à acquérir auprès de fournisseurs abusés des marchandises qui ne leurs seront jamais payés pour les revendre immédiatement à bas prix à des clients peu scrupuleux et de disparaître ensuite dans la nature avec le «butin» de la revente.

Face à ce genre d’escroquerie, on s’interroge toujours de savoir comment des fournisseurs avisés peuvent se faire duper dans ce genre de commerce ? Tout simplement parc que les opérations d’achat sont souventassorties d’un paiement artificiel, issu d’une cavalerie financière, qui ne sera découverte que lorsque en bout de chaîne le dernier payeur aura été défaillant.

 

La crise bancaire, requalifiée par les uns de crise financière etinterprétée à tort, par d’autres, comme une crise économique mondiale, semble comporter, n’en déplaise à certains, tous les stigmates du mode opératoire de la carambouille. Mieux, le système semble avoir même introduit l’achat de valeurs purement fictives comme certaines subprimes. Car au final, c’est bien la défaillance de la banque Lehman Brothers aux USA qui va faire s’écrouler le château de cartes qu’ils ont construits il y a bien longtemps.

 

Jusque-là, tout semblait tourner normalement. Des plus-values étaient dégagées à l’occasion de la revente de titres achetés à crédit, surévalués par des sociétés ad hoc payées pour le faire, pour être revendus àdes sociétés offshore domiciliées dans des paradis fiscaux, le tout couvert par de la monnaie de singe !

 

Comment a-t-on pu en arriver là ? Parce que, semble-t-il, les pouvoirs publics ont laissé reposer le système sur la seule confiance qu’ils avaient mis dans les institutionnels de la finance. Le plus scandaleux, me semble-t-il, c’est qu’aujourd’hui, ceux-là même qui sont à l’origine de cette gigantesque fraudepuissent s’étonner d’avoir perdu laconfiance qui leur avait été donnée ! Et d’avoir le culot de dire que si cette confiance ne revenait pas, le commerce mondial pourrait en pâtir.

 

A les entendre, ils ne devaient pas être touchés par la crise des subprimes ! Pas plus d’ailleurs que par la faillite de la banque Lehman ! Alors de quoi sont-ils touchés ? Si ce n’est d’avoir trop payé au comptant des marchandises «pourries» qu’ils avaient achetées à crédit.

 

Les pertes bancaires colossales, que l’on nous présente comme le fruit de l’éclatement de la bulle financière, et dont auraient été victimes malgré eux les organismes financiers, ne sont que le prix à payer de leur erreurs, pour ne pas dire de leurs fautes.

 

En effet, à bien y regarder, c’est à ce genre d’opérations gigantesques et mondialesque les professionnels de la finance se sont livrés. En achetant à crédit, derrière des sociétés créées pour les besoins de la cause, parfois dissimulées dans les paradis fiscaux, des titres ou valeurs dans l’espoir simplement de dégager de substantiels bénéfices en repassantimmédiatement la patate chaude à d’autres.

 

Ne rien faire pour empêcher que ne se reproduise la même chose dans dix ans, mais avec deux fois plus d’ampleur, serait engager dangereusementl’avenir de nos enfants qui en paieront le prix fort.

 

Pour éviter le pire qui reste peut-être à venir, il faut assortir les plans desoutien mis en place, d’une part de poursuites à titre personnel des responsables qui ont pu tirer profit de ces situations, et d’autre partde mesures pourlutter contre la monnaie virtuelle: notamment obliger les valeurs papiers à ne reposer que sur des actifs palpables et non comptables, interdire les flux financiers dans les paradis fiscaux liées aux opérations financières - si l’on ne peut lutter contre leur disparition - et interdire aux opérateurs de se rémunérer sur les produits dégagés.

 

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