CHANGEONS LES INSTITUTIONS

« Il faut aussi relancer le chantier, que l’on a abandonné, d’un changement institutionnel. Il faut une VIe République, avec une répartition moins monarchique du pouvoir. Le système de la dyarchie à la tête de l’État, qui confine à l’absurdité kafkaïenne, est à bout de souffle. Il faut un pouvoir plus horizontal, et des contre-pouvoirs plus structurés. (Aurélie Philippetti) »

            Une répartition moins monarchique du pouvoir ! C’est avec cette bizarrerie que la socialiste et ancienne ministre de la Culture veut relancer le chantier de la 6ème République. Moins monarchique signifie que la monarchie institutionnelle actuelle continue à exister. Ce qui est indispensable ce n’est pas moins c’est pas du tout de monarchie. L’absurdité est là, ahurissante, dans ce terme moins. Moins de monarque mais un peu de monarchie quand même ! Voilà où en est le Parti Socialiste. Nous ne sommes plus en 1788 avant la Révolution Française qui a fait disparaître la monarchie… provisoirement. Oui il faut instituer une nouvelle République mais pas celle avancée par A. Filippetti où le pouvoir autoritaire, arbitraire d’un seul homme, voire d’une poignée d’individus autocrates continuent de nous mener à la baguette, de diriger sans l’avis du peuple. Cette conception du pouvoir doit être définitivement effacée et interdite.

            La VIème République implique le "chamboulement" des institutions actuelles. Il nous faut construire de nouvelles fondations sur lesquelles on doit asseoir la volonté et les souhaits du peuple. Cette construction ne peut s’élever qu’avec la participation de chacun d’entre nous. Elle ne doit pas être issue de l’esprit d’un seul homme ni d’un seul groupe de citoyens. J-L Melenchon et le Front de Gauche seront, dans cette création de la nouvelle république, à égalité avec le citoyen Dupont ou Durant ou x…. D’ailleurs ce qui est prévu dans leur discours commence par une assemblée constituante. Il nous faut mettre au musée de l’Histoire tout ce qui a précédé. Comment ? Remettons sur la table les cahiers de doléance où, tous, nous exprimerons ce que nous voulons pour l’avenir.

            Une exception au rejet du passé : notre devise, LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, LAÏCITÉ (cette dernière valeur républicaine étant à ajouter sur les frontons de nos bâtiments publics). Les Droits de l’Homme et du Citoyen sont intégrés dans cette devise. Ces symboles doivent inspirer toute la démarche de cette nouvelle constitution.

            Autre exception qui implique que du passé on ne peut faire table rase, tout n’est pas à effacer. Toutes les fautes des ploutocrates actuels, et ils sont nombreux, pris en flagrant délit d’escroquerie, d’abus de biens sociaux, de conflits d’intérêt, de dissimulation de patrimoine, etc… ne devront pas être plongées dans l’oubli. Il faudra commencer par installer une justice noble et insoupçonnable, mettre aux archives du souvenir tous ces codes devenus illisibles pour les communs des mortels, tous ceux qui sont censés ne pas ignorer la loi, c’est-à-dire nous, le Peuple. Chaque mise en cause devra être jugée par un tribunal populaire où siègeront aussi des magistrats professionnels dont le rôle unique sera d’éviter des erreurs ou des excès de justice prononcés par le dit tribunal. Ainsi tous les Sarkozy, Cahuzac, Copé, Guérini, Lavrilleux, etc… (la liste est longue !) devront être rejugés hors des lois actuelles, sans référence au Conseil d’Etat, au Conseil Constitutionnel qui seront supprimés, comme le Sénat.   L’Assemblée Nationale ne devra que traduire ce que la volonté populaire lui aura transmis et ordonné. Toute proposition de loi de sa part devra être soumise à l’approbation des électeurs. Les élus n’exerceront qu’un seul mandat dans la durée sans cumul avec un autre mandat. Leur indemnité sera calculée Sur la base du salaire moyen national sans autres indemnités, déterminé par le peuple sur rapport de l’INSEE. Ce salaire moyen sera calculé en tenant compte des indemnités aux chômeurs et aux autres citoyens en difficulté. Comme tout citoyen normal, ils paieront de leur poche les frais de bouche, les vêtements et leurs transports personnels. Un logement sera mis à leur disposition dans des immeubles de type HLM, tout autre type de logement étant à leur charge.

            Tout élu soupçonné d’une quelconque faute et faisant l’objet d’une enquête policière ou judiciaire est suspendu de sa fonction jusqu’à la reconnaissance de sa non-culpabilité. Tout élu reconnu coupable d’une faute et quelle que soit la gravité de celle-ci sera déclaré inéligible à vie.

            Voilà mon premier cahier de doléances. Certes la mise en œuvre de ce qui précède sera compliqué mais nous ne pouvons plus accepter les démarches actuelles du monde politique. Ces références seront le passé. N’hésitons pas. Plus de tabous pour nos propositions. Rouvrons les cahiers de doléances et soumettons-les à la discussion puis à la conclusion du peuple. Ce billet sera envoyé au Mouvement Sixième République.  

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