Une histoire souvent oubliée (livre couleur kaki)

On m’imposa la guerre d’Algérie qu’on ne voulait pas nommer ainsi dans les arcanes du pouvoir

            Exceptés les instants les plus graves de la guerre d’Algérie et les manifestations du souvenir en faveur du 19 mars 1962 célébrées souvent devant les monuments aux morts, proclamant la fin de ce conflit, notre Pays a tendance à occulter  cette période. Pourtant nombre de citoyens ont accompli leur service militaire, ou une partie seulement, pendant ces évènements que l’on se refusait à qualifier d’un seul mot véritable : la guerre ! Maintenant encore, on ne rétablit pas la pure réalité du terme dans les milieux politiques et médiatiques malgré tous les drames qui se sont succédé. Des morts militaires et civils, des blessés souvent gravement, des disparitions comme celle de M. Audin et de nombreux Algériens effacés totalement lors de "corvées de bois", spécialité de certaines unités de l’Armée française. On ne peut également éviter de rappeler le retour en Métropole de toute la population "Pieds-Noirs" obligée de quitter domiciles, biens et amis. Tout cela est rarement évoqué.

            Il est impossible d’effacer ces drames, de plonger notre mémoire dans l’oubli ou l’ignorance. Ayant été obligé de participer à ces évènements de 1958 à 1961 comme appelé, maintenu 10 mois "sous les drapeaux" après 18 mois de service, soixante années plus tard  ces souvenirs sont ineffaçables. Même si je me trouve privilégié quelques mois, comme on peut le voir dans mon livre,"Couleur kaki", qui vient de paraître aux éditions EDILIVRE (voir le lien : https://www.edilivre.com/couleur-kaki-2a00fb6f3c.html ), la suite me plongea dans d’ineffaçables souvenirs où la violence, pas toujours physique, surgit.

J’ai replongé dans cette période brutalement et ma mémoire a été  ravivée. Un carton oublié dans une armoire m’a été remis après le décès de ma mère. Il contenait la quasi-totalité des lettres que je lui ai envoyées, ainsi qu’à d’autres membres de ma famille, pendant ces 28 mois. Ces courriers m’ont permis de rétablir le déroulé de cette difficile aventure forcée avec des références personnelles et aussi historiques. Tout ceci s’imprime dans mon ouvrage dont voici la présentation en quatrième de couverture :

« Rares sont les générations qui ne subissent pas au moins une guerre ou ce qui y ressemble. Le temps a épargné celle de mes enfants. Les années passent, mes petits-enfants grandissent. Qui peut savoir si un jour de tels évènements violents ne surgiront pas durant leurs vies ? Dans la première moitié du vingtième siècle, deux guerres marquèrent celles de ma grand-mère, de mes oncles et tantes. Cinq années rongèrent les destins de mon père, de ma mère et deux de leurs enfants.

Aîné de cette famille, on m’imposa la guerre d’Algérie qu’on ne voulait pas nommer ainsi dans les arcanes du pouvoir. Soixante années plus tard, j’ouvre un carton oublié dans l’armoire de ma mère. Tous les courriers envoyés à ma famille pendant près de deux années et demie, sont là, sous mes yeux.

L’Histoire de "ma" guerre, à vingt ans, se déroule et renaît dans les pages de ce livre… »

A son commencement ce livre était destiné aux membres de ma famille et surtout à mes enfants et mes petits enfants. Et, après réflexion, l’idée a germé de laisser l’empreinte de ces années qui n’appartenaient pas seulement à moi-même mais aussi aux générations plus jeunes, sans omettre de raviver les souvenirs de celle de mon âge. J’ajoute ci-dessous des éléments de l’introduction de l’ouvrage qui exprime ma démarche.

« Ce qui va suivre est issu d’une collection de nombreux courriers envoyés à ma famille et de quelques réponses de celle-ci, voire d’amis, pendant toute la durée de mon service militaire entre 1958 et 1961. J’ai volontairement oublié les remarques, qui foisonnent, sur les retards de courriers de part et d’autre ainsi que des détails concernant des colis, des demandes d’argent etc., qui n’ont pas ou peu d’intérêt pour le déroulement de cette histoire. Je veux montrer ce que peut être une aussi longue absence mais surtout les aléas d’une traversée de la vie militaire… imposée. Tout commence le 1ernovembre 1958 avec mon départ pour Berlin où je suis appelé à accomplir ce service obligatoire qui finira en Algérie… Les photographies personnelles des lieux manquent… Quand on a vingt ans, la préoccupation n’est pas l’image mais les interrogations qui dévorent notre tête où se bousculent aussi certaines inquiétudes. La fin de la deuxième guerre mondiale n’est pas loin. Elle a marqué notre enfance treize années plus tôt. Depuis novembre 1954, une autre guerre nous concerne, celle d’Algérie même si les autorités du Pays la nomment, par esprit colonial "opérations de maintien de l’ordre"…

            Enfin, les lettres que j’ai envoyées à ma famille pendant toute cette période ne sont qu’un pâle reflet de la réalité. Il m’importait de ne pas l’inquiéter avec les risques, parfois la violence, les frayeurs et les dangers auxquels nous étions confrontés surtout dans la période où je fus affecté dans une unité de combat.

            Souvent, je précise quelques références historiques en rapport avec les lieux que je fus appelé à croiser.»

            Ce livre peut être commandé dans une libraire ou à la FNAC.

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