MACRON SE MÊLE DE TOUT MÊME DES NOMS DES RUES

Bientôt L’avenue des Champs-Élysées à Paris va changer de nom. Cette voie qui mène à l’Arc de Triomphe depuis le Palais de l’Élysée verra ses plaques de rue se nommer "Avenue Emmanuel Macron, Président de la République, 2017-2022"

Macron, Président de la République, se mêle de tout depuis qu’il a été élu… sans grande conviction par les citoyens. Ainsi on arrive à se demander si les maires, élus de base proches de la population, existent encore ! Pourquoi ?

            Une information diffusée par l’agence Reuters et relayée le 13 mars dernier par LCI au journal télévisé, nous jette une mesure pour le moins anti-démocratique et quasiment autoritaire. Une liste de 318 noms apparait pour que les maires et la population « regardent l’Histoire en face ». Macron annonçait cette mesure (une promesse) au média "Brut"  le 3 février dernier à l’Elysée : J’aimerais qu’il y ait une forme d’appel à la contribution collective et qu’on essaie d’identifier 300 à 500 noms… Et qu’on puisse décider ensuite d’en faire des rues, des statues. C’est comme ça que les choses changeront ? »

            Déboulonner les plaques de rues existantes qui mettaient souvent en valeur dans nos villages et villes des personnalités locales ou nationales, des lieux historiques voire, l’Histoire locale comme le langage, des fables… pour afficher de nouveaux noms  décidés en haut lieu est inacceptable. C’est tout simplement effacer l’Histoire ! N’est-ce pas une décision qui revient aux conseils municipaux de nos communes et souvent sur propositions des habitants mais aussi après avoir obtenu leur accord. Les citoyens sont concernés par un changement d’adresse avec tout ce que cela comporte de difficultés pour les courriers, les dossiers de santé, de retraite, de comptes bancaires, des impôts et de toutes les démarches professionnelles ou familiales.

            Macron met une nouvelle gifle à la démocratie. Mais ce projet est aussi grave dans le domaine financier ! Son projet, paraît-il, ressort des archives de la Nation pour trouver des noms. Il l’a imposé à la ministre déléguée à la Ville. Un "Conseil scientifique" (donc, c’est sérieux !...) a été désigné et soumis à la présidence du dénommé Pascal Blanchard, un historien, directeur d’une agence de communication. Ah ! la com ! Terre fertile de ce quinquennat. Quelle recherche intense des participants à ce conseil scientifique ! Combien étaient-ils ? Combien ont-ils été payés ? Quel temps ont-ils passé pour sortir les 318 noms dont quelques-uns comme ces suivants ? Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Lino Ventura, Raymond Kopa, Louis De Funès, Coluche, Dalida, Annie Cordy, Jacques Brel, Guy Béart, Henri Salvador… Ces noms très difficiles à trouver, à sortir de la mémoire du temps, méritaient-ils un Conseil scientifique ? Quelle recherche intense ! Quelle famille sortie des archives de la Nation !

            Même si on trouve dans cette liste de 318 noms de rares inconnus (et pas sûr pour tout le monde !), on peut s’interroger sur le bienfondé d’une telle initiative, sur le nombre de membres de ce "conseil scientifique", sur la méthode de travail, sur le temps passé et sur… le coût qui sera prélevé sur nos impôts. N’oublions pas non plus la dépense pour la fabrication des plaques de rues, le démontage et le remontage. Ceci est une escroquerie, un détournement de fonds, une mascarade d’intérêt politique.

            Bientôt L’avenue des Champs-Élysées à Paris va changer de nom. Cette voie qui mène à l’Arc de Triomphe depuis le Palais de l’Élysée verra ses plaques de rue se nommer "Avenue Emmanuel Macron, Président de la République, 2017-2022". 2022 est une date limite, il ne sera pas réélu ! On ne peut pas imaginer ce guignol accomplir un second mandat.

            Ajoutons encore que dans cette liste l’égalité homme-femme n’est toujours pas respectée avec seulement 67 noms sur les 318 soit 21 % seulement. On y trouve les noms de Gisèle Halimi, Françoise Giroud et quelques écrivaines mais la recherche n’est pas entrée dans les profondeurs de l’Histoire comme la période de la Commune de Paris et les manifestations plus récentes où les femmes se montrent dans les rues où rares sont les noms de femmes.

            Les élus locaux n’ont heureusement pas attendu "la sueur intellectuelle des scientifiques libérés le 10 mars" chargés de cette ridicule affaire pour honorer des personnalités connues ou non dans la sphère nationale, des évènements locaux ou nationaux exceptionnels ou ordinaires.

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