UN PRÉSIDENT CULTUREL, C'EST POUR QUAND ?

UN PRÉSIDENT CULTUREL, C'EST POUR QUAND ?

La campagne électorale pour la Présidence de la République présente une immense zone d'ombre, un silence profond, un immobilisme vertigineux. Où est passée la Culture ? Le mot culture est absent du langage des candidats. Pourtant, sans culture, la République n'existerait pas. De l'enfance à la fin d'une vie, la culture conditionne la vie d'un peuple.

Il est vrai que pour nombre de ceux qui sont attirés par le sommet de l'Etat, cette fondation essentielle de la Société n'est qu'une marchandise. On laisse, comme nombre d'autres domaines, "les marchands" gérer ce gène fondamental qui garantit le présent et l'avenir en glanant la moisson du passé.

Rien ne résonne, et ne semble raisonner, dans les discours. Cette indifférence généralisée est insupportable, intolérable, révoltante. Partout le monde associatif qui gère la culture, bien souvent avec difficulté, grâce à quelques poignées de bénévoles infatigables, ce monde associatif entend une litanie générale inquiétante. La crise ! La crise va atrophier les budgets et, déjà, grondent des menaces meurtrières. Les subventions vont être amputées voire enterrées ou incinérées.

Un de mes amis affirmait il y a quelques jours : «la culture c'est la vie». Si on étouffe la culture, c'est le souffle de la vie que l'on arrête. Un monde sans culture fait disparaître ce qui a fondé nos sociétés modernes, les civilisations et, n'en déplaise à certains, les civilisations ont affiné la beauté du monde. Cette beauté s'effrite. La soumission à l'oligarchie financière doit cesser avant que l'assassinat de la culture ne s'accomplisse.

Mesdames et Messieurs les candidats, ouvrez vos programmes largement à l'essence même de la société.

Jean Riboulet, artiste peintre et poète

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