Racisme. Etat policier. La répression et la discrimination comme seules réponses face au poids de l'histoire.

L'actualité américaine vient nourrir le débat politique en France. 1 mois après l'acquittement du policier Wilson ( qui déclare avoir la conscience tranquille ) pour le meurtre du jeune étudiant Américain Michael Brown en aout dernier, les émeutes ont repris a Ferguson, dans l'état du Missouri mais aussi un peu partout dans le pays. A travers ces événements, certains américains prennent conscience de l'histoire de leur pays. Une histoire dans laquelle le racisme et la violence s'établissent comme deux piliers fondamentaux de la société. Le contraste qu'il existe entre l'euphorie générée par l'élection d'Obama en 2008 et la réalité du déclin économique et social des Afro-Américains est frappant. Les chiffres du recensement indiquent qu’en 2012, le revenu moyen des foyers afro-américains est retombé à 58,4 % du revenu des foyers blancs, c’est-à-dire au niveau de 1967. D’autres études, montrent que la mobilité sociale des jeunes Afro-Américains est bien plus réduite que celle des jeunes Blancs. La sous-protection sociale évidente et l'infecte propagande identitaire mis en oeuvre dans les classes populaires, les milieux pauvres et minoritaires n'est pas chose nouvelle, celle-ci s'additionne aujourd'hui avec une policiarisation extrême de la vie de tous les jours, ce qui confère un mépris et une liberté totale des policiers en matière d'interprétation de fait, d'intervention et d'interpellation. Tout cela se couple avec une protection intense de la haute cour suprême vis-à-vis des policiers. Quant aux grands médias de masse, ils ne semblent pas constituer une avant garde d'information digne et respectueuse de ces populations discriminées et agressées. Les choses sont-elles si différentes en France ?? Sur le fond du problème ??? A notre échelle bien sur car ces deux pays ne sont pas comparables sur la densité de la population ni sur les faits révélateurs de clivages et d'injustices. A l'heure ou une majorité de personnes dans l'opinion publique semble s'être convaincu du fait que l'essentiel des rancoeurs et des mésententes entre les gens dans cette société étaient le fruit d'un problème identitaire ( justifiant la délinquance par l'immigration ) et non la conséquence d'une inéquité économique et sociale, à l'heure ou la toute puissance du pouvoir d'état policier est remis en question du fait de ces crimes et de son mépris permanent, Ferguson nous renvoie un miroir déformé, plus dur de notre réalité ici en France. Une réalité sujette aussi à la violence et au racisme. Et aussi au poids honteux de l'histoire nationale. Un miroir utile car extérieur donc plus facile à observer et à juger.

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