World War Web

Voilà qu’en ce 19 janvier de l’an de grâce 2012, le FBI a mis un terme aux activités du populaire site d’hébergement Megaupload, célèbre pour le partage de fichiers de toute nature. L’industrie américaine du divertissement, savamment représentée par le RIAA et MPAA, ont émis des communiqués officiels soutenant l’action du département américain de la justice. Même Nicolas Sarkozy a salué cette initiative.

La  guerre au piratage n’a rien de nouveau, et l’industrie a toujours du faire face à ce fléau.  Seulement aujourd’hui, la salve prend tout son sens, alors que le Congrès votera la loi SOPA-PIPA prochainement.

Au lendemain d’une  protestation en ligne sans précédent, l’Internet Blackout, suivi par Wikipedia et Google et autres sites phares, l’action du FBI  fait office d’opération musclée, voire exagérée. Quatre personnes ont été emprisonnées en Nouvelle-Zélande relativement à l’affaire Megaupload. Le symbole est fort. L’opération de relations publiques bien ficelée. L’image est terrifiante, bien que des milliers de sites avec la même vocation sont toujours en opération et continueront d’apparaître.

 

Oeil pour oeil...

 

 

…Anonymous a répliqué dans les minutes suivant l’annonce publique de l’agence fédérale en effectuant des attaques DDOS (attaque par déni de service) sur les sites du RIAA, du MPAA, du département américain de la Justice,  de Universal Music, du US Copyright Office , d’EMI et du FBI.
La réaction est vaste et les Anon distribuent à l’heure actuelle sur twitter des liens permettant aux internautes de se joindre à l’attaque afin de soutenir le mouvement. Cela dépasse les frontières américaines, puisque le site de l’organisme HADOPI a également été ciblé et mis hors service. Nicolas Sarkozy aurait-il (encore) trop parlé ? Pure spéculation…

Bien sûr, la charge n’aura qu’un impact mineur sur les opérations des agences concernées. Au pis aller, quelques milliers de citoyens n’auront pas accès à la carte de visite de ces organisations. Pour ce qui est des sites des organismes et associations d’industrie et des majors du disque, on peut également douter des répercussions commerciales, puisque ces sites n’ont pas de vocation transactionnelle à proprement parler.

 

La force du symbole

 

 

Toutefois, il nous faut considérer la force du symbole.  Dans la foulée de la protestation contre le SOPA-PIPA, la proportion d’élus américain supportant ou appuyant le projet  a subitement changé aujourd’hui. Selon Propublica,  un organisme indépendant, 83 élus supportaient le projet de loi et 31 s’y opposaient en date du 18 janvier. En date du 19 janvier,  la donne a subitement changé : 63 élus seraient pour et 122 seraient contre. Est-ce que la force du symbole aurait  fait son chemin ?

Sans doute un peu. Cependant, il est nécessaire de comprendre le message envoyé par les Anonymous. En déclenchant la plus vaste attaque de leur histoire, ceux-ci préviennent en quelque sorte les autorités pour la suite de leur croisade, en brandissant une menace à ne pas négliger :   nous sommes là et nous vous observons.

À l’ère de l’hacktivisme, nous assistons en temps réel à un combat crucial dans un monde d’information numérique. Un combat loin d’être terminé.

À suivre sur le World War Web…

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