Ni Hollande, ni Valls, ni Mélenchon, ni Autin, ni Mamère... : la modernité !

Avant propos

N’est-ce pas ce que l’on dit ? : chose promise, chose due. Ci-après, donc, ainsi que j’en avais prévenu Armand Ajzenberg, le billet de blog en réponse au message personnel qu’il avait commencé par m’adresser pour m’informer de l’existence d’un sien billet intitulé : ‘’Lutte des classes ou partenariat social ?’’ (cf. le blog de A. Ajzenberg).

Les raisons pour lesquelles je réponds ainsi ‘’collectivement’’ à un message personnel ?

Or soit la question que ce message relaie (encore une fois, ‘’Lutte des classes ou partenariat social ?’’) : quel-le est le/la médiapartien-ne (rappelons qu’au dernier pointage, il en est aujourd’hui quelque… 100 000 !) qui ne répondra pas : la ‘’Lutte des classes’’ ? Moi disant ‘’NI lutte des classes, NI partenariat social’’ –‘’NI NI’’- tout n’est-il pas comme si, ce que j’ai à défendre, j’ai à le défendre devant quelque 100 000 personnes ? ; donc par un billet ‘’collectif’’ ?

Imaginons qu’au lieu de tomber dans les douteux travers de ‘’la presse people’’, la revue ‘’Nouvelles fondations’’ (éditée par la Fondation Gabriel Péri) se soit aussi tournée vers moi, ceci, donc, pour savoir ce que, moi aussi, je pensais des thématiques de ‘’la lutte des classes’’, de ‘’l’expropriation des possédants’’, et de ‘’l’encadrement des marchés’’ (dans la suite du présent billet, les thématiques ‘’1, 2, 3’’)

Vous savez ce que j’aurais répondu ?

Pour commencer, que la (très) bonne question s’agissant des ‘’écritures saintes’’, ça n’est pas de savoir si tel-l-e-s ou tel-l-e-s qui prétendent révolutionner le capitalisme se conforment ou non à ce qu’elles commandent, et/ou d’amèrement constater que ce à quoi ces écritures servent hélas surtout, c’est à permettre à d’aucun-e-s de s’auto-décerner (évidemment à très peu de frais !) de rutilants brevets de ‘’sainteté’’ : non !, la très bonne question qui se pose au sujet de ces écritures, c’est de savoir ce qui a bien pu les faire ‘’saintes’’.

Aurais-je ici la chance qu’on ne me jette pas tout de suite sous le couperet de la guillotine, ceci de sorte que je puisse continuer ?

Cette hypothèse me convenant assez, faisons donc comme si.

Alors, vous re-savez quoi ? Eh bien que, à mon sens, ce qui fait l’implicite ‘’sainteté’’ des thématiques ‘’1, 2, 3’’, c’est évidemment la ‘’dégueulasserie’’ du capitalisme. N’est-ce pas, celui-ci étant de fait responsable de tout ce que l’humanité a enduré (et endure !) depuis que, comme l’a dit Marx, ‘’la richesse s’analyse comme une immense accumulation de marchandises’’ (dans le vocabulaire de Bernard Schmitt –sur cette référence, cf. en particulier : A Bernard Schmitt : ‘’… ce que l’humanité a enduré -et endure !- depuis que la production est monétaire, c'est-à-dire depuis que les biens sont produits avec un prix, ceci DÈS AVANT que le marché ne fonctionne’’), que, comme solutions à cette ‘’dégueulasserie’’, les thématiques ‘’1, 2, 3’’ puissent apparaître comme incontestables, bref comme… ‘’saintes’’, comment pourrait-il bien en être autrement ?

D’autant plus que ces thématiques, c’est la ‘’science’’ du capitalisme qui les fonde !

Ici évidemment, impossible de ne pas revenir à Marx ; et en la circonstance, impossible de ne pas parler de la célébrissime ‘’plus-value’’. Et de fait, si :

1° ce qui est ‘’scientifique’’, c’est que le travail du prolétaire étant acheté par le ‘’capitaliste’’ à sa valeur, c'est-à-dire à la valeur des seuls biens nécessaires à sa reproduction, savoir les biens de consommation, si, ‘’en échange’’, ce que le travail produit entre les mains du capitaliste, c’est évidemment des biens de consommation ET des biens de production, c'est-à-dire des biens dont, sans discussion, la valeur globale sera plus grande que la valeur des seuls biens de consommation (la fraction d’un tout n’est-elle pas évidemment plus petite que ce tout ?), la conclusion ne sera-t-elle pas que, le capitaliste perdant V et, ‘’en échange’’, gagnant V + Pl, alors en effet, ce qui DOIT être dit du capitalisme ne DEVRA-t-il pas être qu’il est un système où, à chaque fois que le travailleur reçoit un salaire ‘’en échange’’ de son travail, alors, c’est imparable, il lui est ‘’volé’’ une valeur égale à Pl ?

2° ce que l’on ajoute est qu’aussitôt qu’on a la plus-value, on a la ‘’classe’’ de ceux qui l’accaparent, et par conséquent, la ‘’classe’’ de ceux qui, inversement, en subissent le ‘’vol’’ (d’où, pour les ‘’anti capitalistes’’, la -‘’sainte’’- stratégie de la ‘’déclassification’’ de la société ; et donc, de telles mesures pouvant être vues comme autant de moyens de la réaliser, la -‘’sainte’’- ‘’expropriation des possédants’’, et le -‘’saint’’- encadrement du marché’’),  

alors, la conclusion n’est-elle pas que, pour les VRAIS  anti capitalistes, les ‘’scientifiques’’ thématiques ‘’1, 2, 3’’ soient en effet… ‘’saintes’’ ?

SAUF que voilà…

Soit, maintenant vraiment… scientifiquement, la théorie ‘’scientifique’’ de la plus-value.

La plus-value n’est-elle pas le revenu des ‘’capitalistes’’ ? En ce sens, l’obligatoire n’est-il pas alors que la plus-value, ça soit sa dépense (bien entendu au bénéfice des capitalistes). Or, dans les yeux (et ici, gaffe ! : ça n’est pas seulement moi qui le dis, c’est aussi… Rosa Luxembourg – ROSA LUXEMBOURG !) les capitalistes lançant V à l’économie, ceci donc avec l’objectif que l’économie leur rende V + Pl (Pl pour ce que les capitalistes devront pouvoir effectivement dépenser), l’économie ne pouvant que rendre ce qui lui a été donné, savoir V et non pas V + Pl, comment les ‘’capitalistes’’ peuvent-ils être vus comme pouvant dépenser des revenus dont ce qui est sûr, c’est que JAMAIS ils ne pourront les percevoir ? (!!!!).

Aussitôt (eh ouais !), ça tourne au château de cartes : si la plus-value, c’est du pipeau, la ‘’sainteté’’ des thématiques ‘’1, 2, 3’’ perdant toute scientificité, la conclusion ne DOIT-elle pas être que, désormais… nue (un scandale, non ?), elle ne peut plus tenir qu’à cela : la capacité de tous ceux et toutes celles qui… ‘’y croient’’ à l’IMPOSER par la FORCE, ceci signifiant que, sur le terrain de… ‘’la lutte des classes’’, eh bien, tous ceux-ci et toutes celles-là trouveront TOUJOURS en face d’eux des qui… ‘’n’y croient pas’’ !

Qui ne verra que telle est la très profonde raison pour laquelle, alors qu’elle est plus nécessaire que jamais (cela, qui pourrait bien le contester ?) la révolution du capitalisme en est aujourd’hui là où elle en est ?

‘’- Quoi alors ! se désespéreront ici tous ceux et toutes celles qui, en ce moment même endurent les ‘’dégueulasseries’’ du capitalisme : Mélenchon, Autin, Mamère… se trompant, c’est… Hollande et Valls qui ont raison’’ ?

Vous re-re-savez quoi ?

Eh bien que Mélenchon, Autin, Mamère se trompant, fort heureusement (sinon y aurait plus qu’à aller se coucher –et alors, bonjour la révolution du capitalisme !), cela ne veut ABSOLUMENT pas dire que c’est Hollande et Valls qui sont dans le vrai : ces deux là ne jurent-ils pas que par le marché ? ; et ce qui est absolument certain n’est-il pas que ce qui fait l’économique, ça n’est pas le marché ? ; ce qui finalement fait que, le problème étant de sortir de la crise, tout autant que l’encadrement du marché, en effet, sa libéralisation est NULLE et NON AVENUE ?

Alors quoi ?

Ici, ce billet étant déjà bien trop long, impossible de faire autrement : et si vous alliez voir du côté de tous ces billets de mon blog où, commençant par dire : ‘’Ni... ni… ‘’, je poursuis en disant : ‘’la MODERNITÉ’’.

Bonne lecture ?

JT

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