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Billet de blog 19 juillet 2012

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A nouveau sur la Duplication de l'Endettement Transnational des Pays (DETP)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Avant propos

La crise de la dette faisant rage, qui ne comprendra qu’il faut que la loi de la Duplication de l’Endettement Transnational des Pays (DETP) soit comprise. Aucun doute donc :  s’agissant de cette nouvelle tentative (le résultat du très profond remaniement d’un billet que j’avais posté le 11 mai dernier), on ne m’en voudra pas plus que d’habitude… 

Pour simplifier, disons que le monde consiste en 2 pays : d’un côté, le pays A, de l’autre le pays R (R comme ‘’Reste du monde’’).

Supposons maintenant que R prête 100 à A.

A cet endroit, attention (ATTENTION !),

1° R ne faisant que prêter à A, la contrainte étant donc ici que l’on ne parle que des 100 que R met à la disposition de A (ceci voulant dire que si, dès ici, l’on envisageait le remboursement par A de ces 100, ce remboursement impliquant la ‘’sur charge’’ du paiement par A des intérêts qu’au titre de son emprunt, A devra payer à R, cela serait totalement hors sujet),

2° le ‘’cadre’’ de ce prêt étant celui de l’économie internationale (savoir celui des échanges ''A EGALITE'' entre les pays -sinon, si, quand on parle d’échange entre les pays, il n’y avait pas échange ‘’à égalité‘’ entre les pays, c’est qu’alors (voyez la définition d’un échange !), 1) il n’y aurait pas… échange entre les pays ( !!!!), 2) le sujet étant pourtant celui des relations inter-pays (donc internationales), parler ici (et ailleurs !) d’ ‘’économie internationale’’ n’aurait tout simplement… aucun sens !),

s’ensuit que R prêtant 100 à A, cela, en vertu des règles de l’échange, requiert que, dans cette opération, ni A ni R ne prennent le pas sur l'autre.

OR,

R prêtant à A, A se trouvant de ce fait crédité de 100 par R, qu’en est-il de la ‘’contrepartie’’ de R ?

Ce sont les faits (les FAITS !) : cette contrepartie consistera en un ‘’IOU’’ (un ‘’I Owe You’’ – en français : un ‘’Je Vous Dois’’) d’un montant de 100.

Sauf qu’alors, la conclusion est au-dessus de toute contestation :

1° R ne recevant de A qu’un IOU de 100 contre 100 en espèces sonnantes et trébuchantes, clairement (non ?) ça n’est pas assez ;

2° A recevant 100 en espèces sonnantes et trébuchantes contre un IOU de 100, cela, cette fois, et non moins clairement (non ?), c’est trop.

Ce que cela veut dire ?

La chose est évidente : cela veut dire que, R prêtant 100 à A, et ce prêt consistant dans le NON-échange VISIBLE de 100 (ces 100 étant apportés par R) contre un IOU de 100 (cet IOU étant apporté par A), nécessairement (NECESSAIREMENT ! –sinon le prêt de R à A ne serait pas l’échange qu’il DOIT être), le NON-échange VISIBLE intervenant entre A et R DOIT se trouver ‘’compensé’’ par un NON-échange ‘’inverse’’ entre eux : R prêtant 100 à A, inversement au NON-échange VISIBLE entre A et R à quoi, VISIBLEMENT, ce prêt revient, A, cette fois INVISIBLEMENT, DOIT apporter 100 à R, et (ET !), non moins INVISIBLEMENT, R DOIT apporter un IOU de 100 à A.

Soit alors la signification de cette (double) contrainte. N’est-elle pas exactement que, A empruntant 100 à R, dans le même temps, A (invisiblement) remboursera (‘’REMBOURSERA’’, notons-le avec le plus grand soin) à R un prêt d’un montant identique ?

Question : est-il concevable que le prêt de 100 que A DOIT rembourser à R quand A lui emprunte 100 soit le prêt-même que, ce faisant, A a contracté auprès de R ?

La réponse, évidemment est : ‘’non’’. Pourquoi ? Eh bien parce que si tel était le cas, A ayant emprunté 100 à R, son emprunt de 100 ne lui apporterait rien !

La conclusion est donc que, A empruntant 100 à R, et cet emprunt visible impliquant que, dans le même temps, A rembourse à R un emprunt d’un montant identique (100), cet emprunt identique est un AUTRE prêt de R à A : c’est un 2 EME prêt.

C’est là où, ainsi qu’on va maintenant le voir, les choses deviennent absolument passionnantes…

Commençons par répéter que, A empruntant 100 à R contre un IOU de 100 souscrit au bénéfice de R, les LOIS de l’échange impliquent que, dans le même temps, A rembourse à R un AUTRE prêt de même montant (100) à R.

Sauf que, A ayant emprunté 100 à R, évidemment il DOIT disposer de 100.

Or soit le REMBOURSEMENT de l’AUTRE prêt de 100 que l’emprunt par A à R de 100 implique.

Attention à ne surtout pas cesser d’être extrêmement rigoureux (ATTENTION !) : A empruntant 100 à R, ça n’est pas parce que, ainsi qu’on l’a vu, les LOIS de l’échange impliquent le remboursement d’un AUTRE prêt (cf. immédiatement ci-dessus), qu’aussitôt, comme par enchantement, A va se retrouver muni des ressources (100) lui permettant de faire ce remboursement : les lois de l’échange impliquant un remboursement, elles n’impliquent qu’un remboursement, PAS plus !

Ce que cela signifie ?

Eh bien que sans le moindre doute, s’agissant de l’invisible (ou implicite) remboursement par A à R de l’AUTRE prêt de 100 que la mise à disposition par R à A de 100 implique (cette mise à disposition résultant du prêt VISIBLE de 100 accordé par R à A), ce remboursement, impossible que ça ne soit pas les 100 apportés par le prêt visible de R à A qui le financent.

Sauf que, A empruntant 100 à R au terme d’un 1ER prêt (visible), et ces 100 DEVANT aller au remboursement par A à R d’un prêt invisible (un 2 ÈME prêt d’un montant identique -100- de R à A, 2 EME prêt que la mise en place du 1 ER prêt de R à A implique), la RÉALITÉ est bien celle là : bien que ne devant pas disposer des 100 qu’il a empruntés à R, A… en disposera !!!!

La (SEULE !) solution de cette parfaite énigme ?

Or si ce que l’on dit est que, quand (ceci avec les 100 que A reçoit au titre du 1 ER emprunt VISIBLE de 100 qu’il contracte auprès de R), A ‘’rembourse’’ (ici on est prié de noter les guillemets !) à R le 2 EME prêt INVISIBLE de 100 que son 1 ER emprunt implique, ce qu’EN RÉALITÉ A réalise, c’est, au bénéfice de R, le financement du prêt explicite de 100 que celui-ci (R) fait à A.

Ici, deux questions :

1° soit le prêt VISIBLE de 100 que R aura accordé à A : A ne disposera-t-il pas VISIBLEMENT de ces 100 (ceci contre un –PREMIER- endettement de 100) ?

2° soit ce qui, pour A, sera donc le NON remboursement par lui du (2 EME) emprunt invisible à R que son (1 ER) emprunt VISIBLE a R a impliqué : ce NON remboursement ne signifiera-t-il pas que cet emprunt invisible, loin de l’avoir éteint, A l’aura consolidé ; que donc cet emprunt (invisible) continuera d’exister comme prêt ?

Sauf qu’alors la conclusion sera sans appel : A ayant emprunté 100 à R, aussitôt, son endettement sur R sera bien de… 200 !!!!

Non ?

Ceci étant dit,

1) Imaginons que la DETP soit vraiment vraie (ce que les statistiques confirment au-delà-de tout doute raisonnable –bien entendu, j’y reviendrai prochainement) ; n’en résulte-t-il pas aussitôt que ce que la crise ‘’de la dette’’ requiert N’EST NI une austérité de droite, NI une (impossible !) relance de gauche, mais, ‘’tout simplement’’, la bonne (ré)évaluation de l’endettement de tous les pays ! (et, cela va sans dire, la conception de la VRAIE politique anti-chômage dont tous les pays ont besoin –étant bien entendu que, comme chacun le comprend bien, s’il y a aujourd’hui endettement massif, c’est d'abord parce que, partout, le chômage est massif !) ;

2) Soit la ligne éditoriale actuelle de MDPT : ‘’ce dont nos sociétés ont besoin, nous dit la rédac, c’est de transparence’’. Et, alternativement, soit la ligne éditoriale qui dirait : ‘’certes, il faut de la transparence… ; mais ce dont nos économies monétaires ont D’ABORD besoin, c’est de comprendre comment elles (dys)fonctionnent’’.

Franchement, chères toutes et tous, le problème étant aujourd’hui de faire en sorte que, dans cinq ans (avant ?), nous n’en soyons pas là où nous en fûmes cinq ans après que la gauche eut pris le pouvoir en 1981, c'est-à-dire (ceci comme, lamentablement, la gauche le fit en 1986), à pleurnicher : ‘’au secours, au secours, la droite revient !’’, vous ne croyez pas qu’au lieu de continuer à nous déprimer et (bien plus grave !), nous DÉSARMER en ‘’scoopant’’ sur les ‘’saletés’’ des politiciens (et –ticiennes), enfin, ceci SÉRIEUSEMENT, Mdpt enquête sur les VRAIES causes de ‘’la crise’’ qui aujourd’hui nous écrase, et sur ce qu’il FAUDRA que nous fassions si nous voulons être un jour en position de pouvoir VRAIMENT y mettre un terme ?

Jean Tramuset

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