l'homme et l'oeuvre

L’homme et l’œuvre

Il y a peut-être des écrivains pour lesquels il est possible d’établir une distinction entre l’homme et l’œuvre mais certainement pas pour Brasillach qui durant son procès n’a jamais utilisé cette ligne de défense. Il a écrit, dans « je suis partout » quantité d’articles de ce genre : "En finira-t-on avec les relents de pourriture parfumée qu'exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir?" [Brasillach, "Je suis partout" du 7 février 1942]. On notera l’élégance et la poésie du propos…Et encore : "L'archevêque de Toulouse proteste contre les mesures prises envers les juifs apatrides [pour Brasillach tous les juifs sont toujours des étrangers…] en zone non occupée et accuse le gouvernement du Maréchal de suivre des inspirations étrangères! Il parle de brutalités et de séparations que nous sommes tous prêts à ne pas approuver, car il faut se séparer des Juifs en bloc et ne pas garder de petits"(Soulignés par moi) [Brasillach, "Je suis partout", 25 septembre 1942]. Il se trouve que je suis « un petit » et que Monsieur Brasillach et ses petits amis de l’époque et Monsieur votre père (qui admire le poète !) n’ont pas réussis à me faire mourir ou à me faire crever pour reprendre son délicieux vocabulaire. Voyez-vous madame on ne peut séparer les « réussites ? » d’Hitler et sa destruction forcenées des tsiganes, des homosexuels, des juifs, des slaves et des démocrates. De même ne peut-on séparer, chez Jean Marie Le Pen, l’admiration qu’il a pour l’hitlérisme de ses petits dérapages soigneusement organisés qui sont chaque fois exposés par la presse : ce qui est son but. Mais il n’en demeure pas moins, dans son unicité inentamée, droit dans ses bottes d’hitlérien.

Jean Weil écrivain interné (deux ans à Drancy, gardé par la gendarmerie française) et déporté (un an à Bergen Belsen) inscrit sur le mur des noms.

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