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Billet de blog 11 mai 2021

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En Colombie, «un peuple se réveille d’une longue nuit»

Que se passe t-il en Colombie? Nous avons donné la parole à une douzaine de colombiennes et colombiens qui vivent le mouvement à Bogotá, Medellín, Popayán, Pereira, Manizales et dans la Guajira. Des témoignages d'une longue semaine sanglante.

Jean_Baptiste Boissy
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Vous avez sûrement rêvé, disaient les officiers avec insistance. À Macondo, il ne s’est rien passé, il ne se passe rien et il ne se passera jamais rien. Ce village est un village heureux »  - García Márquez, Cent ans de solitude.

Mardi 4 mai 2021. Il ne se passe rien en Colombie. Temps pluvieux sur Bogotá, tout au plus quelques embouteillages dans cette ville encombrée à cause du vandalisme contre les stations du Transmilenio, le transport public bogotanais. Ici (sur le journal El espectador) on rassure sur la bonne tenue de la Copa America en Colombie. Là (sur El tiempo) on dénonce « les actions terroristes des casseurs ». Ailleurs (sur El colombiano) on s’inquiète des dangers de la désinformation sur les réseaux sociaux et on prodigue ses conseils dans un « manuel pour ne pas devenir incendiaire ». Et puis on interroge un peu partout des citoyens excédés par les troubles, on chiffre le coût des destructions de biens publics...  Sur les réseaux sociaux, c’est autre chose qui se joue pourtant. Des vidéos glaçantes et des messages de détresse : « hier soir on a massacré à Cali, la police nous tue ». Pourtant tout va bien dans ce pays heureux. Ce silence là c’est celui que décrivait le grand romancier García Márquez quand il concluait sur le massacre des ouvriers d’une plantation : « La version officielle, mille fois répétée et rabâchée dans tout le pays par tous les moyens d’information dont avait pu disposer le gouvernement, finit par s’imposer : il n’y avait pas eu de morts, les travailleurs satisfaits étaient rentrés avec leurs familles ». Solitude face à un long siècle sanglant. Solitude d’un peuple qu’on assassine ponctuellement par cycles de violences qui se répètent indéfiniment. Mais les choses changent et le peuple colombien ne sera plus jamais silencieux. Pour comprendre ce qui se passe, il faut laisser la parole à celles et ceux qui depuis le 28 avril manifestent chaque jour. Cet article est issu d’une douzaine de témoignages récoltées tout au long de cette terrible semaine sanglante que vient de se passer la Colombie.

Que cesse cette horrible nuit! Photographie d'une manifestation à Bogota © Julian

28 avril – 2 mai. « Un peuple sans jambes qui se mit à marcher » et renverse des statues

Ce sont les mots de Nicolás Tamayo Escalante, dans un article pour le média libre La oreja roja [lien]. Des mots qui traduisent, dans ce langage poétique et imagé qui ne quitte jamais les colombiens, même dans les moments les plus difficiles, le sentiment général que quelque chose se passe enfin.

Mais revenons au contexte d’abord. Alex le résume ainsi : «Voici un pays qui, à l’occasion d’un référendum pour la paix visant à mettre fin à un conflit vieux de 60 ans, a voté Non ! … ce pays profondément divisé, acculé par l'extrême droite, qui pleure aujourd'hui non seulement ses 6 millions de déplacés, mais aussi 6402 jeunes tués par la force publique tout en imputant la faute aux groupes de guérilla, continue d’assassiner joyeusement les leaders sociaux, environnementaux et communautaires [plus de 600 en trois ans]… ». Identité paradoxale d’un pays « fragmenté » selon les termes des historiens Frank Safford et Marco Palacios et façonné par les conflits internes qui oscille entre haine de soi, attachement à une démocratie ancienne mais jamais achevée et soif de paix et de justice.

Dans les faits, après un court épisode de stabilité sous la présidence de Juan Manuel Santos et l’accord de paix avec la guérilla des FARC-EN en 2016, le retour de l’extrême droite menée par Iván Duque (du mal-nommé parti Centre démocratique) a plongé de nouveau le pays dans la crise. Les effets cumulés de la pandémie avec la dévaluation monétaire et le creusement de la dette ont eu des effets dévastateurs. Julián, étudiant en sciences sociales à Bogota m’énumère des chiffres qui témoignent d’un crise abyssale amplifiée par la pandémie :  20% de la population n’a pas de travail, 42% vit dans la pauvreté, 17 % sous le seuil de pauvreté et 50% ont un travail informel…

Dans ce contexte, tous utilisent la même expression : « la réforme fiscale à fait déborder le vase ». C’est aussi l’opinion générale que résume Katy et qui se base sur un constat simple et cruel : on demande aux pauvres de payer la dette des riches. Kamilo, quant à lui, développe : aux cadeaux fiscaux pour les grandes entreprises se sont rajoutées une augmentation de dépenses publiques en équipement militaire avec de nouveaux avions, des blindés pour mieux réprimer la population. Pour Luisa la pandémie a accéléré la brèche sociale de l’appauvrissement général et « tout cela vient du fait que depuis 2019 il y a eu une réforme fiscale, qui a généré une mobilisation, qui a entrainé une répression face au mécontentement et que cette réforme fiscale a généré un trou fiscal au profit du secteur financier et du grand capital qui lui-même a généré une nouvelle réforme fiscale » et une nouvelle mobilisation... Le mouvement social est venu rompre ce cercle vicieux d’une politique néo-libérale aveugle. Ainsi, « les gens sont retournés dans la rue le 28, je dis bien retourné – précise Julián - parce que le mouvement avait commencé en 2019 particulièrement en novembre avec des mobilisations massives … mais avec la pandémie il semble que la protestation s’était elle-aussi confinée ». Cette réforme fiscale visait globalement à augmenter des impôts pour les classes moyennes comme en témoigne Mauricio : « avec un salaire équivalent à mille dollars le gouvernement souhaitait m’imposer, il voulait même imposer ceux qui gagne 600 dollars et imposer les morts au moment où il meurt, à un moment où un tas de gens meurt du covid, c’est le monde à l’envers… ! ».  D’ailleurs, pour mieux confirmer les propos de Mauricio, à cette réforme vient s’ajouter celle de la santé qui vise à libéraliser encore plus les soins…

Tous les témoignages s’accordent pour dire que les problèmes viennent de loin, qu’il ne s’agit pas simplement de la pandémie ou d’une simple réforme. Il y a d’abord l’idée d’une classe moyenne qui a explosé au décollage. Le parcours d’Emilio, étudiant en biologie à Bogotá, illustre cette trajectoire. Il dit venir d’un quartier pauvre de Villavicencio où son père a été assassiné par un groupe armé quand il avait deux ans, « j’ai grandi avec ce traumatisme, avec la conscience de ne pas avoir connu mon père… pour te dire qu’en Colombie on tue ! Je vois les études comme un moyen de changer les choses ». Et pourtant, selon lui, accéder à l’université n’est pas à la portée de tous. L’ascension sociale qui commençait depuis une dizaine d’année à fonctionner s’est brutalement arrêtée, laissant une grande partie de la population face à ses rêves brisés, en particulier la jeunesse.

Pour Daniela il faut remonter encore plus loin pour comprendre comment on a pu en arriver là. « Nous autres depuis le début nous avons eu des institutions très fragiles… nous avons toujours eu des mauvais gouvernements et de la corruption parce qu’ici on a beaucoup intériorisé l’idée qui nous vient des espagnols que c’est le plus malin et celui qui a le moins de scrupule qui est le meilleur et va le plus loin, comme on dit : « el vivo vive del bobo » (littéralement « celui qui est le plus vivace d’esprit vit du plus stupide »). Et c’est peut-être pour cela que ce 1er mai, trois jours après le début du mouvement, on a fait tomber des statues, celles des conquistadors Sebastián de Belalcázar et Gonzalo Jiménez de Quesada, pour que le « bobo » renverse enfin le « vivo »…

C’est ainsi que tout a commencé. Dès les premiers jours meurent 6 personnes dont un policier dans des circonstances obscures. Il aurait été poignardé à Soacha dans la périphérie de Bogotá après avoir tiré sur un jeune de 21 ans [lien]. Le 1er mai à Madrid, toujours dans la banlieue de Bogotá, Brayan Niño meurt d’un projectile tiré par un blindé de l’ESMAD (les brigades mobiles anti-émeutes) [lien]. A Ibagué c’est la vidéo d’une mère pleurant son fils qui émeut tout le pays.  Le jour suivant, Duque annonce dans la précipitation le retrait de sa réforme mais rien n’y fera. Pour Kamilo, « en plus d’annuler la réforme fiscale, les travailleurs, indigènes, syndicalistes et étudiants exigent une révision de la réforme de santé, la dissolution de la police anti-émeute, la démilitarisation des villes et la condamnation des responsables des assassinats de manifestants ». C’est tout le contraire qui a lieu, le lundi 3 mai au soir, dans un quartier populaire de Cali, à Siloé, la police ne s’embarrasse plus de tirer à vue sur tout ce qui bouge, officiellement il y aura sept morts dont un enfant de 11 ans [lien des vidéos].

Manifestant à Medellin © Pedro Londoño @pedrografo

3-5 mai. Des casseroles contre les balles : Peur la nuit, espoir le jour

Le mouvement que traverse la Colombie montre à quel point les réseaux sociaux sont utiles dans des pays où l’information est censurée. Mauricio est syndicaliste à Medellín, il me confie avoir très peu dormi ces derniers jours. Il passe ses nuits à regarder des vidéos de ce qui se passe dans les quartiers populaires, « j’ai quelques chaînes de jeunes qui retransmettent en direct, c’est le bon côté de twitter en une seconde tu te rends compte de ce qui se passe dans les quartiers, dans quel secteur de Medellín tire la police, c’est ce qui s’est passé ces derniers jours vers chez moi à Santa Helena ». Pedro Londoño qui participe aux marches comme photographe à Medellín s’insurge contre « l’extrême désinformation », des médias traditionnels – Caracal et RCN – « ils déforment éhontément la réalité mais les gens s’en rendent compte et les médias alternatifs, les photos et les vidéos que nous partageons sont devenues les moyens de communications massifs par lesquels les gens s’informent ». Par ailleurs, il dénonce les tentatives du gouvernement de couper la connexion internet en particulier à Cali (qui fonctionne à 30-40%) mais aussi à Medellín où des coupures ont lieu par moment, « lors de la dernière marche j’ai reçu un message de maintenance du réseau qui était très suspect ».

Mais c’est surtout dans la rue que les choses se passent. En réponse aux événements de Cali, les marches se sont multipliées. On marche encore et encore, inlassablement. « Les gens sortent tous les jours dans des lieux divers, tous les cortèges ne vont pas sur la place Bolivar [lieu de rassemblement traditionnel à Bogotá], ils sont partout, dans les parcs, sur les avenues, il y a toujours des marches » témoigne Emilio. Un peu partout les fameux cacerolazos [concert de casseroles] marquent l’appui important de la population au mouvement. Les manifestations sont massives et ce sont surtout les jeunes qui se mobilisent. Mauricio comme syndicaliste le reconnaît bien volontiers : « nous on est en appui, mais le cœur du mouvement c’est la jeunesse », une jeunesse qui selon Luisa s’est politisée durant les années de paix, sous le mandat de Santos, « qui a grandi avec le processus de paix et avec l’espérance d’en avoir fini de 50 années de conflit armé, de pouvoir construire enfin un autre pays ». Le mouvement déborde les classes populaires et les classes moyennes, Emilio note qu’on y croise, à Bogotá, des étudiants venant de milieux aisés qui sont dans des universités privées comme Los Andes, la Javeriana, la Universidad del Bosque ». Il y aussi pour Julián « ceux qui n’ont pas de travail, qui n’ont rien, pas même la peur de perdre quelque chose et qui continuent à avoir l’espoir de vouloir une meilleure condition sociale, ceux qu’Eduardo Galeano nommait les « nadies » [ceux qui ne sont personne].

Les motifs des gens ? ils sont nombreux répond Emilio ; « Ici sur la septième avenue j’ai rencontré un homme dont le fils était militaire et a refusé de faire des « faux positifs » [une stratégie pour faire passer des civils innocents tués par l'armée pour des guérilleros], il a été assassiné par ses camarades, ils ont dit qu’il était mort au combat… il y a aussi des femmes qui n’ont rien à donner à manger à leur enfant parce qu’elles ne trouvent pas de travail ». Les syndicats sont là, même si de l’avis de Mauricio, qui milite à la CUT, le syndicalisme est très décrédibilisé. « Le syndicalisme est mal perçu par de nombreux secteurs de la population qui nous voit comme des vendus. Et je suis en partie d’accord avec les critiques, on lutte finalement pour très peu de personnes qui ont des emplois fixes, ici on a à faire à des problèmes plus grands, de santé, d’environnement, d’éducation, de nourriture car les gens n’ont plus rien à manger alors il faut sortir de la sphère de l’emploi pour aller plus loin et se battre pour ce dont on a vraiment besoin dans les quartiers, dans la campagne, les villages, où les gens sont si pauvres… alors se battre pour 10% d’augmentation de salaire… ». Mauricio se moque de sa direction syndicale qui appelait à une marche virtuelle le 1er mai. Il en va de même des organisations politiques, certaines selon Luisa ne voulaient pas appeler à manifester par peur du covid, « on a plus confiance dans les organisations des droits de l’homme qui sont présentes dans la rue ou les organisations communautaires ou de quartier ». En témoigne aussi Julián pour qui l’établissement d’un comité national de grève a servi, au mieux, à établir les premières dates de mobilisation, pour le reste c’est ceux qui se mobilisent chaque jour en risquant leur vie qui mènent le mouvement et doivent prendre conscience de l’importance de s’organiser.

Alors justement le mouvement s’auto-organise. Chaque étudiant s’exprime, on vote la grève continue Emilio. Pour l’étudiant de biologie, certaines universités appuient le mouvement, autorisant les sorties pour les manifestations et surtout accueillant les jeunes qui ne peuvent rentrer chez eux le soir à cause des perturbations dans les transports publics. De la part de la population aussi, la solidarité s’organise. Camila dont les parents tiennent une auberge apporte tous les jours des vivres « les gens sortent manifester sans rien, sans manger, parce que beaucoup n’ont pas d’argent, j’ai eu l’idée de passer des annonces sur Instagram pour faire des petits paniers de nourriture, avec des bouteilles d’eau. Avec des voisins on les distribue, on avait déjà l’habitude de le faire avec les bandejas rojas [des chiffons rouges, pendant le confinement les familles qui n’avaient rien à manger mettaient un chiffon rouge aux fenêtres et les habitants leur apportaient de la nourriture]».

Des violences ont bien eu lieu de la part des manifestants, comme dans la nuit du 4 mai où trois commissariats sont incendiés dans la capitale, mais rien de comparable à la répression policière. Car c’est une étrange temporalité qui s’installe : « durant le jour, me raconte Luisa, il y a un semblant de normalité, les gens vont travailler mais la terreur s’installe la nuit, c’est la nuit que l’on voit tout le processus de militarisation, il suffit de croiser une patrouille pour que la police te tire dessus ». Pour elle, qui travaille avec des organisations des droits de l’homme comme avocate, tous les ingrédients sont réunis pour l’installation d’une dictature : l’usage indiscriminé de la force, les patrouilles militaires dans les grandes villes, une politique de la peur pour démobiliser les personnes et un nouveau paysage sonore auquel personne ne s’habitue : le bruit des hélicoptères survolant la ville en permanence, les grenades assourdissantes qui résonnent dans la nuit… Julián, quant à lui, raconte ses nuits à écouter les tirs du côté de la station America, oui « ce sont les nuits qui sont le scénario idéal pour ces violences quand les rues sont désertes et que l’obscurité permet toutes les exactions ».  

Tous témoignent de la peur de la police, de leur armement (blindés et mitraillettes) plus adapté pour une guerre que pour le maintien de l’ordre, un ordre qui d’ailleurs en Colombie se confond avec les objectifs militaires. Pour Emilio, « c’est ce même état qui crée la terreur dans les rues et prétend ensuite nous protéger de cette terreur ». Mais c’est l’effet contraire qui se produit : « cette peur nous a rendu plus courageux, cette peur que veut nous inspirer ce gouvernement va continuer avec la violence policière car elle est enracinée dans leur manière de gouverner, c’est un gouvernement oppresseur, presque fasciste qu’on nous impose ». Pour Pablo c’est aussi cette peur de la police qui divise jusque dans les familles où s’entrechoquent les valeurs traditionnelles d’ordre et de patrie à celles plus progressistes des plus jeunes, « il y a des familles qui se séparent ». L’anthropologue explique avoir peur lui-même quand il croise un policier, peur aussi pour ses étudiants et pourtant « la réaction que l’on a majoritairement est une grande indignation, c’est cela qui rassemble les gens, non seulement dans la rue mais aussi l’opinion publique malgré la pandémie, c’est cela aussi qui lie des secteurs très différents de la société, rien que dans mon cercle de relations je connais 5 personnes qui avaient voté pour Duque et qui s’en sont repenties ».  Etrange mélange de peur et de joie, d’impuissance et de courage, de frustration et d’espoir que racontent tous ses témoignes.

Répression policière à Medellin © Pedro Londoño @pedrografo

6 et 7 mai. Qui a donné l’ordre ?

« 7h42 du soir, 7 mai, Santiago de Cali ». C’est ainsi que commencent de nombreuses vidéos. Une date, une heure, un lieu pour mieux démentir les accusations de fake news que diffuseraient les manifestants, fausses vidéos, faux témoignages, photos hors de contexte etc… On y voit des blessés, des familles fuyant les gaz lacrymogènes, on y entend des tirs en rafales. Souvent c’est en pleine nuit que cela se passe, parfois ce sont des quartiers plongés dans le noir qui sont illuminés par intermittence par des tirs, ou par la lumière des lasers que la police projette sur les caméras pour ne pas être filmée. Sur une autre vidéo : « Aujourd’hui 6 mai quelle heure tu as là ? – 2.50 – 2.50 de l’après-midi… On a un camion récupéré de la police avec une plaque changée … il y a aussi du sang à l’intérieur. C’est le gouvernement qui les envoie nous tuer, ils envoient des policiers déguisés en civil pour nous tirer dessus ! ». Sur une autre vidéo, des policiers tirent à balles réelles en rafales sur la population aux abords d’un parc, de nuit toujours, les mêmes paroles reviennent « el gobierno dio la orden » [le gouvernement a donné l’ordre], celui qui filme s’époumone : « assassins, assassins, vous tuez des jeunes, vos enfants, vos frères, vos voisins, voilà ce que vous êtes, assassins c’est ce que vous êtes, pourquoi vous tuez vos frères, pourquoi vous tuez les fils de vos amis, pourquoi vous devez les tuer, pourquoi vous tuez ?... »

« Qui a donné l’ordre? » c’est la question rhétorique que se pose aussi Luisa en connaissant déjà la réponse, un commentaire qu’elle tenait à rajouter à la conversation. Si elle dénonce l’impunité policière, elle s’interroge déjà sur l’après : qui jugera les responsables ? qui sont-ils ? Pour la plupart des colombiens il ne fait pas de doutes que derrière la répression il y a Álvaro Uribe. C’est Uribe qui dans un tweet appelait à tirer sur les manifestants auquel répondirent les jours suivants les premiers meurtres de manifestants. C’est aussi Uribe qui domine encore et toujours la vie politique de ce pays même s’il n’est plus président depuis 2010. Pour Daniela, il est le leader politique qui a placé les présidents jusqu’à aujourd’hui, « il a promu la présidence d’Iván Duque qui était jusque là totalement inconnu ». C’est ce régime de cooptation qui détruit la confiance dans la politique en Colombie mais aussi qui rend impossible une bonne gestion politique, Daniela analyse que pour se créer une légitimité Duque a dû payer toutes sortes de faveurs politiques encourageant à un niveau impressionnant la corruption « et aujourd’hui il a tout le monde sur le dos ». Duque, pour Pablo, c’est le pantin d’Uribe et c’est bien Uribe que tout le monde identifie comme responsable : « on dit qu’il a donné l’ordre [par ses messages sur les réseaux sociaux] de la même manière qu’il a donné l’ordre pour les nombreuses disparitions et les faux positifs, et la police s’est sentie légitime pour tirer directement sur la population civile ».

Désormais on ne compte plus les morts.  32 ; 37 ; ou au 10 mai, 47 selon l’ONG Temblores [lien twitter]. Pour Julián “ce ne sont pas là de simples chiffres, 37 c’est un chiffre qui pourrait même sembler n’avoir aucun sens en soi mais non… ce sont 37 personnes et derrières elles des familles affectées par la perte d’un être cher, des amis, des collègues… De villes en villes, les rumeurs de morts sont commentées, souvent confirmées par des vidéos [lien vidéo de synthèse]. A Manizales où habite Daniela, « un jeune marchait dans la rue quand un motard est arrivé et lui a tiré dessus ». On dénombre les mutilations. La police vise systématiquement les yeux. Pablo rapporte que l’on a envoyé du gaz lacrymogène dans le lieu où étaient soignés les blessés.  Pedro raconte comment à Medellín « la police elle ne fait absolument aucune discrimination si c’est des gens de la presse, des représentants des droits de l’homme [qui ont dû fuir Cali car la police leur tirait dessus], des encapuchados [les casseurs en Colombie sont nommés encapuchados – ceux qui portent une capuche], si c’est une personne normale, ils ne respectent personne, plein de fois ils nous insultent, nous tirent dessus, tentent d’empêcher par tous les moyens le travail journalistique et ce n’est pas nouveau mais durant ces manifestations je sens que c’est devenu beaucoup plus agressif ». Dans les CAI [commissariats de quartier] on dénonce aussi des viols [lien] et toutes sortes d’abus. Luisa rapporte ainsi que des jeunes avaient été arrêtés dans la rue, « ils les ont détenu dans un CAI avec la lumière fermée et quand on appelait des institutions de l’Alcaldia ils nous disaient qu’il n’y avait personne à l’intérieur sans qu’on puisse ne rien faire».   

Pablo insiste sur le poids des mots comme pour mieux souligner le drame qui se joue : « les disparus ce sont les personnes dont on ne sait pas où elles sont – NO se sabe. L’ESMAD nous tue – o sea MATA – ils tuent en tirant dans la tête. Un jeune avait jeté un coup de pied à un membre de l’ESMAD, bon… mais celui de l’ESMAD, qui a une cuirasse, un casque, une matraque et un pistolet, que fait-il ? il décide de lui tirer dans la tête et le tue, voilà ce qui se passe en Colombie ». A cela il faut rajouter les disparus, plus de 500… 500 disparus en 13 jours. Luisa, qui travaille à Bogotá avec les associations des droits de l’homme passe ses journées à collecter les cas. « Réellement aujourd’hui il n’y a pas de chiffres clairs de combien de personnes ont disparu, on cherche à établir un registre de tous les cas rapportés de personnes disparues, pour certaines quand on va les chercher on se rend compte qu’elles ont été judiciarisées pour d’autres ce n’est pas clair si elles ont disparu ou sont entre les mains de la justice.

Mais c’est à Cali que le pire a lieu. Toujours selon l’ONG Temblores on y dénombre 35 des 47 morts. « Que se passe t-il à Cali ? – s’interroge Mauricio – Cali reçoit la population pauvre du sud-ouest du pays, du Cauca, de Popayán, des communautés indigènes, le Cauca a été touché par le narcotrafic qui y trouve une sortie vers le Pacifique [dans le port de Buenaventura], c’est une zone très conflictuelle et très pauvre. Du coup tous ces gens déplacés arrivent à Cali et se sont eux qui sont sortis massivement à protester ». Sur les vidéos précédemment décrites on retrouve les cas les plus emblématiques de violence que vit la ville depuis la terrible nuit du 3 mai : le 6 mai des personnes en civils sortaient d’un camion de la police et tiraient sur des passants. Le camion a été identifié immédiatement par des manifestants comme appartenant à la police. Le jour d’avant à Pereira, ce sont encore des civils qui, sortant d’une voiture, abattent trois jeunes manifestants sur un pont. Tous ces événements confirment pour Pedro une stratégie éprouvée issue des techniques d’infiltration pratiquées pendant le conflit armé : se mêler au mouvement, se mettre une capuche, faire des troubles dans les manifestations pour mieux légitimer la répression. Mais aujourd’hui c’est plus grave, il y a des appels de la part de la droite aux citoyens pour faire justice eux-mêmes. De quoi encourager les paramilitaires à participer à la répression. Pour Kamilo « il est important de comprendre qu’il n’y a pas seulement un massacre de la part de la police mais aussi des groupes paramilitaires d’extrême droite qui opèrent dans une partie importante du pays, pour cette raison il est plus juste de dire qu’il s’agit d’un massacre paramilitaire, pour l’évidente connivence entre les deux bras armés, une histoire récurrente et connue dans mon pays ».

"Las primeras lineas", équivalent du cortège de tête, ont opté pour des stratégies non violentes © Pedro Londoño @pedrografo

8 mai- 9 mai : Dernières nouvelles d’un état colonial : les colombiens face à leur(s) histoire(s)

Dans l’onde de choc qui résulte de ces multiples exactions c’est aussi une culture de la violence bien spécifique à l’histoire colombienne qui est remise en cause. « Nous autres on a culturellement intériorisé le narcotrafic qui est devenu tant enraciné que le fait de tuer quelqu’un pour un rien n’est pas aussi grave que ça devrait l’être » rapporte Daniela. Un fait que confirme Julián, “les morts, les massacres, les assassinats, on les voit comme quelque chose de naturel, qui font partie du quotidien sans provoquer beaucoup d’indignation ». Mais cela aussi change, alors que la Police baigne encore dans la rhétorique militaire de l’ennemi interne, les jeunes refusent cette mentalité et finalement « ce sont aussi les morts qui nous redonnent de la motivation pour lutter » continue Julián en citant le slogan « pour nos morts, plus une minute de silence mais une vie de combat ».  Katy qui témoigne des journées de lutte à Popayán au milieu des gaz lacrymogènes qui l’ont quasiment étouffée dans une maison où elle s’était réfugiée exprime parfaitement ce refus de la mort « si on sort dans la rue, c’est parce qu’on en peu plus qu’ils nous volent, on est fatigué de l’injustice que vit notre pays, des très nombreux problèmes qui se passent, qu’ils nous tuent tout le temps et que cela devient naturel, ce n’est pas naturel, ça nous fait tellement mal… ». C’est aussi cela l’autre nouveauté du mouvement : rester pacifique à tout prix, ne pas jouer le jeu mortifère du pouvoir. Luisa qualifie les stratégies de manifestation « prendre soin » des gens « donc la première ligne va devant l’ESMAD avec des boucliers et des couvertures pour permettre l’évacuation des blessés et des autres, ce n’est pas de la confrontation c’est du soin. On a appris beaucoup de la garde indigène sur l’organisation et la gestion des conflits ».

La garde indigène est une organisation d’auto-défense indigène liée au CRIC, le Conseil Régional Indigène du Cauca. Cette vaste région du sud du pays comprend de nombreuses communautés indigènes (en particulier les Misak) qui historiquement ont une grande expérience des luttes sociales. La garde indigène a redonné une nouvelle dimension au mouvement depuis ce dimanche 9 avril.  Luisa commente des images qui ont fait le tour du pays : « Hier des personnes en civil sont arrivées et ont tiré sur eux, 8 ont été blessés, dont une d’entre elles que je connais et qui représente la jeunesse indigène »[lien youtube]. L’événement est révélateur, il possède pour Alex une dimension profonde : « ceux qui sont allés leur tirer dessus n’étaient pas nécessairement des paramilitaires, c’étaient des citoyens blancs aisés, dans le commerce, qui se sont sentis l’autorité d’aller les tuer pour ce qu’ils représentent, ce qu’ils ne se sont pas permis de faire avec d’autres groupes de manifestants ». Et que faisait le président pendant ce temps-là ? « le gouvernement a décidé d’aller négocier avec un autre acteur, le clergé. Pas avec les représentants de la grève, les étudiants, les paysans, la classe moyenne. Non ! D’abord l’Eglise !». Le président est d’ailleurs intervenu ensuite sur l’affrontement rejetant la faute sur des indigènes qui provoquent par leur présence les habitants de Cali.

C’est une autre histoire qui se révèle en filigrane, non plus celle de la Colombie moderne divisée par un conflit armé, mais l’histoire bien plus ancienne d’une décolonisation inachevée. Celle où les indigènes et les communautés noires sont absentes, mises à la marge d’une société dominée par des élites créoles blanches, où la vie politique est rythmée par une dizaine de familles descendantes de propriétaires terriens coloniaux. Luisa avoue avoir honte, honte comme citoyenne de voir en plein 21ème siècle un crime raciste légitimé par un pouvoir qui « de face leur dit [à la garde indigène] si vous ne vous retirez pas, on va vous tuer ». Pablo en rirait presque en commentant le titre d’un journal : « Ça c’est une perle, pour te dire comment les médias voient les choses : « des citoyens se sont affrontés aux indigènes », tout ça pour dire que les indigènes ne sont pas des citoyens, ça c’est le type de récits que l’on présente dans ce pays ». C’est aussi pour cela que tombent les statues. Quand des indigènes ont écroulé la statue de Juan Jimenez de Quesada, qui trônait à l’entrée de l’avenue du même nom, une des plus connue de Bogotá, ils ont proposé de rebaptiser l’avenue du nom de leur peuple.

Une avenue Misak pour des revendications invisibles qui commencent pourtant à imprégner le mouvement au cœur même des grandes métropoles colombiennes. « Les indigènes profitent des mobilisations pour mettre à l’agenda un grand nombre de revendications en suspens » analyse Pablo. Dans les marges du pays, dans les zones rurales abandonnées de tous, le mouvement commence aussi à trouver un écho. En témoigne Ediana Montiel, une militante wayuu, un peuple indigène qui vit au nord dans la Guajira, deuxième département le plus pauvre du pays avec 44% de pauvreté, et qui décrit une mobilisation pour le moment relativement faible mais qui se structure petit à petit. « La Guajira est une zone très rurale où il a peu d’accès à l’électricité, à internet et ça rend difficile de s’informer de ce qui se passe à l’extérieur, de fait beaucoup ne connaissent pas la réforme fiscale. Mais grâce aux mobilisations il y a eu un réveil, aujourd’hui on marche par exemple contre les féminicides chez les wayuu parce qu’il y a plus de 4 ans on a tué plus de 25 femmes wayuu sans qu’il n’y ait d’enquêtes ou de procès et aussi on marche contre toutes les violences, contre la stigmatisation du mouvement indigène par le gouvernement en particulier contre le CRIC qui actuellement est à Cali et oui on est un pays structurellement raciste où les peuples indigènes, les paysans, les afros, les trans et les personnes vulnérables ont toujours vécu le rejet... Aujourd’hui on marche pour rendre visibles les problèmes de la Guajira, des millions qui ont été détourné et qui ne sont jamais arrivés, contre la misère… ». C’est le même type d’observations que l’on retrouve de la part de Kamilo originaire du Chocó, une région pauvre du Pacifique à dominante afrocolombienne. « Comme fils de parents chocoanos, un département oublié par l’état, et un des plus pauvres du pays, je vois que le futur qui l’attend à cause des circonstances que l’on dénonce est désolant. La structure sociale de la République de Colombie en étant si centralisée fait que les départements périphériques comme le Chocó n’ont aucune importance pour les politiques publiques que l’on pourrait mettre en œuvre, plus encore il y a un racisme souterrain si accentué qu’il laisse à l’abandon des régions avec une grande proportion de populations minoritaires ».

Et maintenant ? Lutter pour la vie

Tous les témoignages qui me parviennent disent la même chose dans une étrange concordance des mots qui illustrent un peuple qui parle désormais à l’unisson. Ils insistent tous sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple lutte politique contre une réforme mais d’une lutte pour la paix, pour la vie, pour notre futur. Ainsi en va-t-il pour Julián : « nous luttons pour la dignité, une dignité qui historiquement nous a été arrachée, a été piétinée ».

Mais comment l’obtenir ? Emilio ne croit pas au retour du conflit armé. Malgré les assassinats et le sabotage du processus de paix par la droite, les accords de paix ont montré pour lui que l’on peut s’exprimer par le dialogue politique et non plus par les armes. Idéal ou illusion ? Mauricio est beaucoup plus sombre. “Tant de jeunes sont morts en si peu de jours, cela me rend si triste parce que je me dis que pour un changement structurel il faudra des milliers et des milliers de morts, on a simplement réussi pour le moment à ce qu’ils ne nous volent pas plus, combien de morts supplémentaires faudra-t-il ? on a la droite la plus sanguinaire d’Amérique latine… ». Mauricio voudrait une constituante comme avec les chiliens, qui eux aussi ont obtenu cette victoire par la lutte en 2020. Julián affirme que la politique doit passer par la concertation directe avec les populations, avec les territoires en dehors de la vision centraliste de Bogotá. Peu d’entre eux croient en une alternative politique. Ils dénoncent tous la faible légitimité de ceux qui acceptent de s’assoir avec le gouvernement.

Mais au-delà ils veulent croire qu’on assiste aux dernières convulsions de l’uribisme. Luisa décrit une droite à bout de souffle, prise au piège de son bilan historique, des assassinats et des liens avec le paramilitarisme. « La politique de Duque a été extrêmement agressive parce que la droite peut perdre et si elle perd elle nécessite d’avoir fragilisé au maximum l’état en cooptant ». Il faut à tout prix placer des gens, affaiblir les institutions qui œuvrent au processus de paix, réformer la justice pour se couvrir d’éventuels procès et pour diviser la société.

Et c’est sur un cri de rage et d’espoir que Luisa termine  :  « Ce qui se joue ici n’est pas un simple combat politique mais bien le futur d’une jeunesse qui n’en peut plus de la violence, ce mouvement lutte pour la vie, ne supporte plus la politique de la mort où nos corps sont dédiés à la guerre ou à des emplois indignes. Au nom de la vie, on retrouve un passé de nombreuses résistances collectives, les mingas indigènes [mouvement de travail communautaire et de lutte collective indigène] de ces dernières années ont beaucoup inspiré la jeunesse et dans ce sens on doit beaucoup au mouvement indigène, au bien vivre, en harmonie. On veut simplement vivre tranquille, sans guerre, avec joie. Nos corps ne sont pas des chiffres, de voir tous les jours le nombre de morts comme si c’était un chiffre de plus nous détruit. On demande juste des choses basiques pour notre dignité et ça me rend triste de devoir demander cela… tel est notre cri, notre appel à l’aide : laissez-nous vivre ! arrêtez de nous voler, de nous déporter, d’assassiner celui qui ose crier son désespoir parce qu’il a faim pour ensuite persécuter sa famille, déshonorer sa mémoire ou faire disparaitre son corps! ».

« Laissez-nous vivre en paix ».

Un grand merci à celles et ceux qui ont accepté de prendre le temps de témoigner : Katy, Ediana, Daniela, Camila, Luisa, Alex, Pablo, Pedro, Julian, Emilio, Kamilo, Mauricio. Leurs noms de famille ne figurent pas pour éviter de les mettre en danger. Remerciements aussi au photographe Pedro Londoño pour ses photographies et à Carolina B. également pour ses conseils.

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