Les 4 et 5 juin, les « faiseurs de paix » se rencontreront à Caen au Forum mondial

Les 4 et 5 juin prochains, se tiendra à Caen, à l'Abbaye aux dames, le second forum mondial de la Paix. Des prix Nobel, des experts de toutes nations et des centaines de jeunes seront appelés à célébrer la paix dans le monde…et en Europe malgré certains conflits ethniques toujours latents.

Jamais le continent européen n’a connu une période de paix aussi longue que celle entamée en 1945 et qui se poursuit jusqu’à nos jours. Certes, des conflits interethniques ont causé la mort de plusieurs milliers de personnes en Croatie, Serbie, Kosovo, Monténégro, et des querelles géographiques ont toujours lieu, également fondées sur des différences religieuses (musulmans, orthodoxes, catholiques, etc.). L’union européenne, quant à elle, peuplée de grandes démocraties et de pays de l’Est plus timorés, connaît la prospérité, la solidarité et forme une communauté en devenir.

L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, Les Pays-Bas, la Belgique, notamment, composent un ensemble issu de la seconde guerre mondiale pour qu’on ne connaisse « plus jamais ça » comme on disait après la première guerre mondiale. Cette paix sera-t-elle éternelle ? On voudrait le croire. Mais les hommes sont les hommes et les nations sont les nations. Celles-ci reprennent du poil de la bête partout dans le monde sous des formes diverses avec Poutine, Trump, Xi Jing Ping et dans nos vieilles nations avec Le Pen et Salvini ou l’AFD allemande et le Vox Espagnol. Le nationalisme porte en germe l’exclusion et le rejet…et donc la guerre. On a donc besoin d’hommes et de femmes qui combattent pour la paix. Pas de ces pacifistes de l’entre deux guerres, sincères et de bonne foi, mais tellement faibles à l’égard d’une Allemagne agressive et bientôt conquérante. Mais de ces partisans du « si tu veux la paix, prépare la paix.

Parmi ces hommes, il en est un, le maire de Louviers, vice-président du conseil régional qui a pris à cœur deux missions : la construction européenne et une « Normandie pour la paix. » C’est dans ce cadre régional là, surprenant à l’échelle du monde, que François-Xavier Priollaud a souhaité me rencontrer, récemment, pour détailler, par ce billet de blog, les initiatives, événements, projets initiés par la Région soutenus par l’UNESCO et des prix Nobel de la paix ou encore des conférenciers, experts. Pendant deux jours en juin, ils seront tous tendus vers un objectif : faire du forum mondial « Normandie pour la paix » une réussite à la fois populaire et culturelle puisque les deux mots ne sont pas incompatibles.

Cette deuxième édition se tiendra donc à Caen, les 4 et 5 juin prochains, les dates n’étant évidemment pas choisies au hasard puisque cette année sera célébré le 75e anniversaire du débarquement premier acte de la libération de l’hexagone. Les derniers survivants parmi les participants au jour J du 6 juin 1944, illustreront par leur présence (éventuelle) et leur engagement courageux, ce que les alliés ont uni militairement pour vaincre les nazis et ce qu’ils portaient comme valeurs morales de civilisation.

Le thème de cette seconde édition du Forum mondial sera : « les faiseurs de paix. » Il proposera des conférences, des débats thématiques, un village pour la paix et des temps forts seront consacrés à la jeunesse. Ne porte-t-elle pas en elle tous les espoirs de ces générations passées et de ces millions de morts dont la disparition devrait constamment obséder la mémoire des vivants.

Dans le dossier de presse destiné aux médias, François-Xavier Priollaud écrit : Normandie pour la paix est un programme permanent qui vit toute l’année en Normandie et à l’International grâce à la mobilisation de l’ensemble du territoire et de ses partenaires engagés en faveur de la paix, de la liberté et des droits de l’homme. » De la longue liste d’intervenants figurant au programme, je retiens la présence de Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 dont l’action auprès des femmes victimes de violences sexuelles des guerres tribales ne manque pas de susciter une grande admiration. J’insiste aussi sur la présence de quelques noms célèbres : Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales, Jean-Marie Guehenno, ancien haut cadre de l’ONU, Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. Ils animeront la conférence plénière « humaniser la paix : quels acteurs ? »

Le mercredi 5 juin, d’anciens hauts responsables de la diplomatie tels que Hubert Védrine ou l’ancien chef d’Etat-major des armées, Henri Bentegeat, discuteront des erreurs et des succès sur les chemins de la paix. FX Priollaud se déclare heureux d’annoncer une création originale : « l’indice Normandie du Parlement européen ! Chaque année le Parlement publiera un indice de la paix mesurant le niveau de conflictualité dans le monde. » Terrorisme, cyber sécurité, changement climatique, insécurité énergétique seront pris en compte. Autre temps fort, le prix liberté en hommage aux vétérans, qui récompensera une personnalité ou une organisation engagée dans un combat exemplaire en faveur de la liberté.

Bien d’autres tables rondes et débats se dérouleront à l’Abbaye aux Dames, lieu choisi (et magnifique) : on y évoquera la Syrie, le Moyen-Orient, La Corée, la Chine, le Brexit, le Vénézuela, la circulation des armes, et bien évidemment, le rôle de l’Europe dans la résolution des conflits et…même le symptôme post-traumatique qu’éprouvent nombre de combattants au retour des zones de conflits.

François-Xavier Priollaud, maire de Louviers et vice-président de la région Normandie © Jean-Charles Houel François-Xavier Priollaud, maire de Louviers et vice-président de la région Normandie © Jean-Charles Houel
Pour le maire de Louviers, ce chemin de la paix permet à notre région de se montrer à la hauteur de son histoire et de vanter quelques unes de ses autres qualités. Parmi elles, l’économie, certes, mais aussi le tourisme puisqu’Etretat, le Mont-Saint-Michel, Giverny sont les fers de lance de l’attraction régionale. Enfin, le fait d’associer des centaines de jeunes garçons et filles à cet effet de loupe bas-normand doit être inscrit au tableau d’honneur d’un mouvement bien utile en ces temps troublés et troubles. Il dépasse, avouons le, le cadre de nos petites querelles politiciennes.

 

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