Trois femmes dominent la scène médiatique et politique

Plusieurs femmes font la Une des journaux cette semaine. Elles n’ont rien de commun entre elles et les sujets qui les concernent ont quand même pour point de rencontre : la politique.

Celle qui domine le champ médiatique est une journaliste de Paris-Match. Elle semble se contenter du poids des mots et nous prive du choc des photos. Dommage ! Imaginons qu’un hacker parvienne à pénétrer le cloud d’Instagram et nous balance sur la toile des images de François et Valérie nus ou au lit. Ce serait le comble des mateurs. Et pourtant, n’est-ce pas ce que nous propose, par ricochet, Mme Trierweiler, l’ex première dame qui, si je lis ce que je lis, n’aurait jamais dû le devenir.

Comme dirait François Hollande : « les affaires privées ne doivent pas sortir de la sphère privée. » Des mots et des gesticulations. Puisque le président (entre deux guerres et l’assemblée générale de l’OTAN) a trouvé le temps de nous confier qu’il n’avait qu’une pensée : celle qu’il adresse aux humbles, aux pauvres, aux déshérités. Et que jamais, au grand jamais, il n’avait plaisanté avec la misère. L’abbé Pierre Ressuscité !

Vous avez eu Sarko, Cécilia et Carla « c’est du sérieux », vous aurez François, Valérie, Julie et Ségolène. Excepté les lecteurs de Closer et Gala, je n’imaginais pas une ruée chez les libraires qui, pour une fois, ont dégainé plus vite qu’Amazon. Ce coup d’édition est génial. Si l’on songe que Valy va toucher 14 % de droits d’auteur sur chaque livre vendu (premier tirage 200 000) je me demande combien elle va percevoir au grattage !

 

La seconde personne a bénéficié d’un tout autre traitement. Le journal « Valeurs actuelles » (situé à la droite extrême de l’échiquier) a titré sur Najat Vallaud Belkacem, mettant en avant ses origines marocaines et l’accusant à nouveau de propager la théorie du genre. J’ignore, aujourd’hui, si Mme Vallaud-Belkacem a les compétences pour exercer convenablement les fonctions de ministre de l’Education nationale. Je sais seulement qu’elle ne pourra pas faire pire qu’un certain M. Darcos.

Najat Vallaud Belkacem fera ce que font tous les élus. Elle devra apprendre vite et bien ce qu’elle ne sait pas encore et mettre en application aussi vite et aussi bien ce qu’elle sait. Car les 800 000 enseignants, les millions d’élèves et d’étudiants, les centaines de milliers de parents se soucient comme d’une guigne du sexe et de la religion (si elle en pratique une) de Mme la Ministre. On attend d’elle qu’elle fasse preuve de dialogue, d’imagination et contribue à améliorer le système éducatif, ce « Mammouth » si décrié par un Claude Alègre de sinistre mémoire. Pas d’a priori, pas d’agression sexiste, pas de procès d’intention contre Mme Vallaud-Belkacem.

Je lègue à ceux et celles qui doutent cette citation de Françoise Giroud : « la situation des femmes sera devenue normale en politique le jour où on nommera à un poste ministériel une femme incompétente. » Cela a été si souvent le cas pour les hommes ! Souhaitons que Mme Vallaud-Belkacem ne soit pas l’illustration concrète de la prédiction de feu la directrice de l’Express.

 

Terminons par la fille de papy Le Pen. Elle serait, dans un sondage IFOP-Figaro, première à un éventuel premier tour de la présidentielle et battrait le candidat de la gauche au second tour. Ce sondage quelque peu irréaliste à deux ans et demi de l’échéance nous enseigne deux choses : primo, il existe des gens assez fortunés pour financer un sondage dans un contexte totalement frelaté. Secundo, si ce sondage veut dire quelque chose, c’est que la France marche sur la tête et que les Français n’ont rien appris de l’Histoire avec un grand H.

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