Patrick Balkany risque de perdre son immunité parlementaire…et même plus

Il y a belle lurette que les citoyens de ce pays ne prennent plus exemple sur les hommes et les femmes politiques, surtout les hommes d’ailleurs, en matière de moralité. C’est à la fois injuste et dommage puisque la majorité d’entre eux (et elles) sont des élus dévoués et actifs en faveur de l’intérêt général. Les élus locaux, par exemple, sont parmi les plus appréciés de nos concitoyens. La proximité et les équipements réalisés ainsi que les services rendus favorisent un lien privilégié, un lien rendu plus difficile avec les parlementaires, députés ou sénateurs. C’est parmi eux que quelques brebis galeuses (pauvres brebis qui n’y sont pour rien) ont été repérées pour des comptes en Suisse — Cahuzac (ex PS) — ou des versements discrets — de Raincourt (UMP) — alors même qu’ils étaient ministres. Ou parce qu'ils «oubliaient» de déclarer leurs revenus — Thévenoud —.

 

Mais le cumul des mandats et des indemnités, cumul maintes fois dénoncé sur ce blog, aboutit parfois à une confusion des rôles et des genres. Il en est ainsi avec le couple Balkany. Ce n’est pas la première fois que les Balkany confondent budget communal et budget personnel, employés de mairie et employés de maison. Madame a déjà été mise en examen avec caution d'un million d'euros, restait à entendre le mari protégé par son immunité de député. Les juges d’instruction avançant pas à pas dans le dossier des propriétés réelles ou virtuelles du couple d’élus de Levallois-Perret, ont récemment demandé à l’Assemblée nationale de lever l’immunité de Monsieur afin qu’il puisse être entendu dans une affaire étayée par des témoignages, des preuves démontrant que le fisc français aurait subi un préjudice de la part des Balkany.

 

Le couple médiatique a même réussi l’exploit de se faire rembourser une part des impôts sur le revenu par le jeu des avantages fiscaux ! Ils avaient tout fait, semble-t-il, pour dissimuler l'origine de leur fortune, le parcours des financements de l'acquisition de leurs propriétés aux Antilles, au Maroc ou à Giverny, utiliser des prête-noms afin de ne pas apparaître en première ligne et intriguer les inspecteurs des impôts.

 

Pour être certain de ne pas être repérés, rien de pire que de devoir faire confiance à des intermédiaires ; Tôt ou tard ils vous lâchent. les Balkany apprendront à leurs dépens que le fameux M. Aubry (rien à voir avec Martine) l’homme qui valait des millions, faisait surtout office d’homme de paille et agissait au nom des deux élus, grands amis de Sarkozy dont le cabinet d’avocats a été utile comme conseiller…Si M. Aubry se met à table, cela ne sera pas pour se sustenter.

 

On peut donc facilement imaginer que le bureau de l’Assemblée nationale, dans sa sagesse, va donner son accord à la levée d’immunité de Patrick Balkany. Cela permettra aux juges d’instruction d’entendre l’élu de Levallois et, peut-être, de lui imposer certaines mesures coercitives. La justice est lente en France mais elle finit toujours par vous rattraper, même si vous courez vite.

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