Robert Ménard, maire de Béziers : du gros rouge qui tache

La dérive de Robert Ménard n’en finit plus. L’ancien président de « Reporters sans frontières » devenu maire de Béziers sous le patronage de Marine Le Pen et se son rassemblement bleu marine, n’en finit plus de défrayer la chronique locale par ses interdictions d’étendre le linge aux fenêtres (une tradition pourtant séculaire au pays du soleil) ses choix d’honorer les putschistes en Algérie, d’organiser son cabinet (noir ?) ou encore d’afficher des armes létales sur les panneaux publicitaires pour démontrer « que la police municipale a un nouvel ami. »

 

Cet ami ? Une arme de poing, brandie comme une immense provocation et une affiche conçue comme une campagne destinée à « valoriser » l’image d’un maire cow-boy ne reculant devant rien pour mater l’ennemi intérieur. Les habitants de Béziers ont choisi pour maire un nostalgique des colonies (lui-même né en Algérie) une sorte de Pinochet au petit pied croyant régler les problèmes de délinquance par des annonces et des menaces. En fait, il travaille son image.

 

Ces menaces, il arrive qu’il les mette à exécution pour museler la presse par exemple. Un procès en diffamation contre Le Midi libre — instruction en cours — n’a pas d’autre but que de maintenir une épée de Damoclès au-dessus du marbre afin que les journalistes de ce quotidien s’autocensurent ou mettent la pédale douce sur ses faits et ses gestes. Objectif atteint : le rédacteur en chef du journal vient de caviarder un article d’un responsable de la locale bitteroise relatant les conditions de réalisation de l’affichage si décrié.

 

L’association des journalistes du Midi libre a vivement protesté, des portes ont claqué et des démissions vont s’ensuivre. Il n’y avait pourtant pas de quoi s’alarmer sachant que les juges sont très vigilants quand il s’agit de respecter la liberté d’expression et donc celle de la presse. Sur les plateaux télé où il est invité comme une vedette, Ménard ne brille pas particulièrement par son intelligence des situations ni par la qualité des justifications de ses actes. Pire même, il bredouille. Il avance, polémique après polémique, coup après coup, faisant régner sur Béziers, tantôt un parfum d’islamophobie, tantôt un climat ultra-sécuritaire, tantôt la nostalgie de la colonisation. Ménard affirme qu’il dit les choses sans fioritures. Du gros rouge qui tache quoi.

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