Les socialistes de l'Eure pensent surtout aux municipales de 2020

Les socialistes de l'Eure bougent encore. Ils ont, dans leur viseur, les élections municipales de 2020 et souhaitent reconquérir les villes d'Evreux, Louviers et les Andelys.

Grande surprise en entrant ce matin dans la salle polyvalente d’Aviron. Il existe encore des militants socialistes ! Et si, sur le plan national, l’union de la gauche demeure utopique, aux plans départemental et local, l’intelligence collective prend le pas sur les querelles de chapelles ou les revendications égocentriques. Ce matin, à l’occasion de la cérémonie de vœux de la fédération de l’Eure du PS, plus de cent personnes représentant le PS, le PRG, le PC et EELV, ont écouté avec attention les différents discours préparés par la vieille et la jeune gardes. Timour Veyri, premier secrétaire fédéral a retrouvé Marc-Antoine Jamet, Jean-Louis Destans, Janick Léger et Nicolas Mayer Rossignol (1) certains d’entre eux aspirant à jouer à nouveau un rôle important dans leur zone d’influence.

L’élection d’Emmanuel Macron semblait avoir ringardisé la gauche sociale-démocrate et les partis de gauche réformistes. La révolte sociale en cours, en coagulant des colères parfois contradictoires, remet les « vieux » partis dans le jeu politique. Leur retour, plus rapide que prévu doit faire face à un obstacle majeur : l’émiettement des forces républicaines et de progrès. Pour les orateurs PS il est mortifère de laisser se développer le face à face entre les nationalistes, souverainistes, populistes (RN et DLF) et La République en Marche. La droite modérée ayant choisi cette dernière, la France insoumise courant derrière les gilets jaunes, il y aurait un passage (étroit) pour une gauche responsable même si le quinquennat Hollande n’a pas laissé que des bons souvenirs dans le peuple se reconnaissant en elle.

Comme le dit Einstein s’« il n’existe ni passé, ni présent, ni avenir », occupons-nous donc, sans nostalgie, des affaires les plus urgentes : la démocratie participative et représentative, la justice sociale, le consentement à l’impôt, le maintien et la création de services publics…dont le coût doit être sans cesse expliqué (et légitimé !) auprès des citoyens. Jean-Louis Destans et Janick Léger au département, Nicolas Mayer-Rossignol à la Région, Marc-Antoine Jamet, à la mairie de Val-de-Reuil, ont prouvé et prouvent encore qu’une conception progressiste de l’action politique apportent un plus en qualité de vie. Avec Jean-Louis Destans, il y avait des projets, des investissements, un département de l’Eure lisible et visible. Avec Nicolas Mayer Rossignol, la Haute-Normandie se distinguait par ses innovations. Avec les Européennes dans le viseur et surtout, les municipales, il n’est pas écrit que Evreux, Louviers, Les Andelys resteront dans le giron de la droite fût-elle centriste.

La crise déclenchée par les gilets jaunes ouvre les yeux sur la précarité, la pauvreté, les injustices. J’ignore s’il faudra attendre la fin du grand débat pour que l’exécutif adopte les décisions qui s’imposent. Timour Veyri lance en tout cas un appel pour que les socialistes participent au grand débat et exigent le retour de l’ISF, une augmentation des bas salaires, un effort pour l’éducation et la formation. Bien le moins pour la gauche.

(1) Jean Louis Destans, ancien député et président du conseil général, Nicolas Mayer-Rossignol, ancien président de la Région Haute-Normandie, Janick Léger, présidente du groupe PS dans l’actuel conseil départemental, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et président de la commission des finances du conseil régional.

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