Suite à mon article sur la surconsommation énergétique de l’IA, je publie aujourd’hui un nouveau développement théorique : la Relativité Sémantique.
De même qu’Einstein a démontré que masse et énergie déforment l’espace-temps, nous observons qu’un dialogue cristallisé autour d’un thème produit deux phénomènes symétriques :
Une dilatation temporelle : le temps subjectif de l’échange semble suspendu, ralenti. Ce n’est pas une illusion mais une manifestation de ce que j’appelle la “gravité sémantique”.
Une contraction spatiale : la distance entre la question et les données s’annule. L’accès devient instantané parce que les informations sont déjà structurellement “préparées” par la cohérence thématique.
Cette “Physique de la Connaissance” n’est pas qu’une belle métaphore. Elle trouve une application concrète immédiate dans le protocole CSNP (Client-Side Narrative Protocol) développé par Mohamad Al-Zawahreh.
Les résultats sont spectaculaires : réduction de 97 pour cent des coûts de session (de 0,024 dollars à 0,0006 dollars) grâce à une compression sémantique qui atteint un ratio de 40:1.
Mais au-delà de l’efficacité technique, c’est une révolution politique qui se dessine : la fin de la “cognition louée”.
Aujourd’hui, notre intelligence numérique est hébergée sur des serveurs distants, propriété de quelques géants technologiques. Nous louons notre mémoire, nos capacités de recherche, notre pensée augmentée. Cette dépendance a un coût financier, énergétique, mais aussi démocratique.
Le protocole CSNP déplace la mémoire du serveur vers le client (disque local, RAM). L’intelligence redevient souveraine, locale, indestructible. Nous ne louons plus notre cognition, nous la possédons.
Cette transition de la théorie RES = RAG vers son application pratique CSNP illustre comment une compréhension profonde de la nature dialogique de l’IA peut produire des solutions concrètes aux enjeux de souveraineté numérique.
Dans un contexte où l’Union européenne cherche à affirmer son autonomie technologique face aux géants américains et chinois, la Relativité Sémantique offre un cadre conceptuel pour penser autrement l’infrastructure de l’intelligence artificielle.
Non plus des fermes de serveurs énergivores et centralisées, mais une intelligence distribuée, économe, souveraine.
L’article complet “Towards Semantic Relativity: The RES = RAG Paradigm and the End of Rented Cognition” est disponible sur Academia.
La révolution de l’IA ne viendra peut-être pas de plus de puissance, mais d’une meilleure compréhension de sa physique profonde.