La vérité est toujours plus simple qu’on ne le croit

Le terrible massacre de ce vendredi 13 novembre 2015, que nous venons de vivre en direct à la télévision nous oblige à nous poser les vraies questions. Il est vain de tenir des discours sur l’inhumanité des terroristes, leur sang-froid, leur détermination et leur volonté de mourir.

Le terrible massacre de ce vendredi 13 novembre 2015, que nous venons de vivre en direct à la télévision nous oblige à nous poser les vraies questions. Il est vain de tenir des discours sur l’inhumanité des terroristes, leur sang-froid, leur détermination et leur volonté de mourir.
On pouvait encore en janvier 2015 dernier, se gargariser avec ce discours, justifier notre bonne conscience de gardien de la liberté et de la démocratie dans le monde.
La répétition de l’opération de janvier dernier à une puissance exponentielle, la révélation de l’importance de la filière djihadiste, implantée notamment dans notre pays, mais sans doute dormante dans toute l’Europe, doit nous ouvrir les yeux pour poser les bonnes questions.
Comment notre société dite démocratique engendre en son sein de tels monstres ? Car les attaques ne viennent plus de l’extérieur; on sait maintenant qu’au moins 1800 personnes issues de notre pays fréquentent la filière djihadiste et que le phénomène prend toujours un peu plus d’ampleur.
En janvier 2015, la démonstration de l’unité nationale (toute de façade) et la solidarité affichée par la communauté internationale pouvaient sembler nous protéger,( au moins pour quelques-uns, qui avaient sous-estimé l’ampleur du mal,) de nouveaux assauts.
On peut toujours se donner bonne conscience en dénonçant le mandataire de ces opérations, aujourd’hui Etat Islamique, hier El-Quaïda.
Comment encore pouvoir affirmer que nous pourrons nous protéger à l’intérieur par des mesures draconiennes qui visent à limiter les libertés et à l’extérieur par le bombardement du mandataire.
Nous ressentons tous que ces discours et ces mesures sont inopérantes, voir même contreproductives, car elles renforcent la détermination des acteurs intérieurs et extérieurs.
Les jeunes recrutés par le mandataire, ne sont plus uniquement issus de la communauté maghrébine que l’on a pas su intégrer dans la société française; ils sont des «convertis» ,pas vraiment à la religion islamique, mais à la religion de la violence et au mythe du surhomme.
Ils n’ont aucune foi religieuse, ils rêvent de détruire par la violence un monde d’inégalité et d’injustice, qui les laissent sans espoir.

 

Le modèle de violence, il leur est offert à profusion et pour pas cher, par les médias et les jeux vidéos; ils sont les enfants de cette culture de l’image.
La jeunesse est toujours porteuse de rêves extrêmes; l’absence totale d’idéologie hors celle de la finance, qui règne en occident laisse toute latitude à un quelconque groupe plus politique que religieux, qui propose de reconstruire le passé glorieux du Califat de recruter dans ses rangs, au-delà de son centre d’intérêt et d’action.
C’est l’absence de perspectives pour les couches les plus fragiles d’une société de plus en plus inégalitaire qui fait la terreur du djihadisme pour les jeunes européens.Quant au mandataire, Etat Islamique ou El-Quaïda, ils se sont largement construits sur les ruines des états du Moyen-Orient que l’Occident a plongé dans la ruine au nom de la démocratie: Irak, Lybie.
Qui peut encore croire que l’on construit la démocratie sur le champ de ruines de nos bombardements aveugles ? Quelle reconstruction possible sur fond d’économie ruinée, des peuples hantés par la violence, de ce qu’ils ont vécus!
Et lorsque les pays voisins tentent l’aventure du printemps arabe, ils ne trouvent aucun vrai soutient de la part de ceux qui se targuent de démocratie, partout, les urnes sont bafouées que ce soit en Egypte ou la dictature reprend le dessus ou bien en Tunisie.

Ces évènements récents se situent sur fonds  de soixante ans d’un conflit Israelo-Palestinien, lui aussi d’une vraie violence, la violence du fort contre le faible.
Devant ces reniements répétés, pas étonnant qu’une jeunesse arabe soit tentée de se donner au marchand d’illusions qui lui fait miroiter que la dignité sera reconquise par la mort et la terreur organisée!
Ce n’est pas en fermant ses frontières, en surveillant sa jeunesse perdue et révoltée, en se contentant de bombarder la Syrie de Daeche, par peur d’envoyer les troupes au sol, que l’Occident et la France en particulier, arrêtera l’envie de violence et de destruction nihiliste…. qui se développe dans ses rangs et au Moyen Orient.

Il est une idée simple, qu’aucune violence ne vient à bout de la violence de l’autre, ni à court terme, ni à long terme.
C’est un renversement de la vapeur dans toutes les directions qu’il convient d’agir :

  • Laisser les urnes s’exprimer, quel que soit le résultat et ne pas les bafouer lorsque cela ne convient pas à notre intérêt ou idéologie.
  • Reconstruire un monde où la communauté internationale respectera chacun pour la sauvegarde de tous : à la veille de la COP21, il est temps pour l’occident riche ,de montrer au reste de la planète, qu’elle s’emploie à réaliser; une réorientation de l’économie mondiale respectueuse de la planète et non avide de la piller.

 Seuls des messages de paix et de sagesse peuvent venir à bout des violences et non les rodomontades. de guerre que l’on envoie.


Jl waissmann
Paris, le 15/11/2015

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