10000 suicides en France: Pourquoi si peu de radars ?

On peut trouver dans la presse des articles sur le nombre de suicides des agriculteurs ou encore des policiers. Mais ces radars sont réducteurs à une minorité de cas et non représentatif de l’ampleur du phénomène. Avec trois fois plus de victimes que les morts sur la route, le problème ne connait pourtant pas la même mise en œuvre de moyens de lutte.

L’observatoire National des suicides (ONS), créé seulement en 2013,  essaye de mettre en place des méthodes de recensement, analyse et prévention des suicides, avec notamment l’utilisation de tests tels que la méthode MINI. Les résultats se feront donc attendre longtemps tant que nous n’en feront pas une cause nationale.

Recenser le nombre réel de suicide est déjà assez compliqué puisque les rapports s’appuient sur les cas avérés de suicide, donc les chiffres sont sous estimés.

Avec les chiffres officiellement pris en compte, des catégories sont ensuite établies par l’ONS suivant 4 critères :

-Psychiatrie et santé mentale.

-Facteurs psychosociaux (Stress professionnel,...).

-Effet de la crise (de 2008) et inégalités sociales

-Groupes à risques (agriculteurs, détenus, chômeurs,…)

pour en arriver à la Prévention, où tout reste à faire pour la mettre en place et la coordonner.

On peut résumer ces 4 critères en deux points :

-La fragilité de la personne

- la position sociale dans laquelle elle se trouve et sa situation dans cette position.

Mais ce qui est certain c’est que l’isolement ressenti par les suicidaires est de toute façon prépondérant dans le passage à l’acte : ils ne voient pas autour d’eux de solution à leur problème.

C’est là que notre société individualiste doit avoir à repenser son modèle : arrêter de faire culpabiliser les gens sous les codes de la réussite ou simplement de l’exemple et de la pensée unique, et proposer une solution réaliste et constructive aux situations les plus difficiles.

Certes cela aura un coût qui n’engendrera pas de recettes, et cela est certainement la raison du retard pris pour s’occuper du problème, qui est aujourd’hui une vérité dérangeante.

Quelques exemples ponctuels d’améliorations possibles:

-Sortir les agriculteurs de leur dépendance aux aides agricoles, aux semenciers et aux chimistes pour qu’ils arrivent à vivre de leurs produits dans un paysage agricole d’avenir en tenant compte de la concurrence déloyale dans un contexte de mondialisation à revoir (dont l’arrêt de la spéculation boursière des produits agricoles). Ils subissent jusqu'aux prix de vente de leurs produits (sauf vente directe)..

-Améliorer les conditions de détentions innommables dans notre pays dans la structure elle-même mais aussi en améliorant les rapports avec les gardiens et autorités, et en proposant des solutions réelles de réinsertions.

-Améliorer le suivi des personnes fragiles avec référent dans la famille si besoin.

-Responsabilisation des élèves aux risques suicidaires et mise en place de moyens de prévention.

Bien sur, vous devez avoir aussi des propositions d’améliorations…

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