Pour un plan d’Action européen pour se passer de l’expérimentation animale

Les députés européens voteront prochainement sur un texte important sur les methodes alternatives aux tests sur les animaux; une initiative plus que bienvenue pour 3 coordinateurs de projets financés par l'UE, car les tests sur les animaux sont trop longs pour évaluer la sécurité du nombre croissant de produits chimiques dont la toxicité est encore inconnue.

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Lors de la prochaine session plénière à la mi-septembre, les députés européens se prononceront sur un texte important pour l’avenir des 10 millions d'animaux de laboratoire utilisés chaque année dans l'Union européenne (UE). Cette Motion pour une résolution propose la création d’un Plan d'Action pour faciliter une transition innovante sans utiliser d'animaux dans la recherche, les tests réglementaires et l'éducation.

L'UE finance actuellement trois projets de recherche avec pour objectif commun l'évaluation de la sécurité des produits chimiques sans recourir aux tests sur les  animaux : PrecisionTox, ONTOX et RISK-HUNT3R, dirigés respectivement par l'Université de Birmingham, la Vrije Universiteit Brussels et l'Université de Leiden, ont formé le cluster ASPIS qui regroupe quelques 70 organisations de recherche avec une subvention européenne de 60 millions € pendant 5 ans pour développer des solutions éthiques et faire avancer les tests réglementaires.

Les coordinateurs de ces trois projets, Professeur John Colbourne, Professeur Mathieu Vinken et Professeur Bob Van de Water, ont uni leurs voix pour soutenir l'initiative du PE dans une déclaration commune afin que cette proposition de résolution soit adoptée et se traduise un jour dans le cadre réglementaire européen.

En effet, la Commission européenne a annoncé l’ambition « zéro pollution » dans le Green Deal. La Stratégie chimique pour la durabilité, publiée en Octobre 2020 devrait entraîner des révisions importantes du cadre législatif de l'UE, tels que le règlement sur les cosmétiques et le règlement REACH, pour offrir un environnement sans substances toxiques.

Alors que les tests de toxicité sur les animaux sont coûteux et prennent beaucoup de temps (jusqu'à toute la durée de vie de l'animal), le nombre de produits chimiques dont la toxicité est encore inconnue ne cesse de croître. Si des mesures concrètes et un calendrier réalisable ne sont pas adoptés dans un proche avenir pour accélérer la transition vers des modèles alternatifs, non seulement le nombre d'expérimentations animales augmentera, mais l'ambition prometteuse de l'UE pourrait se transformer en une accumulation de nouveaux produits chimiques bloqués dans les processus évaluations des agences européennes.

La proposition de Résolution du Parlement européen arrive donc à point nommé pour accélérer cette transition et répondre à l'ambition de l'UE de déployer la prochaine génération d'évaluation des risques liés à l’utilisation de substances chimiques en Europe et dans le monde.

Les alternatives à l'expérimentation animale, également connues sous le nom « New Approach Methods » (ou NAM), promettent de combler le manque de connaissances mettant en difficulté les évaluateurs des risques et les régulateurs grâce à des solutions plus rapides, plus fiables et éthiques qui permettront de mieux identifier, classer et finalement éliminer les substances dangereuses de l’environnement.

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