Je te fiche mon billet de ma mauvaise humeur!Dans le cochon tout n’est pas bon à dire

La tourmente est lancée, le cyclone ou l’ouragan ravage tout sur son passage. Après l'affaire Weinstein, la parole se libère #Balancetonporc » suscite des milliers de commentaire

 La tourmente est lancée, le cyclone ou l’ouragan ravage tout sur son passage. Après l'affaire Weinstein, la parole se libère #Balancetonporc » suscite des milliers de commentaires, même les fausses, soi-disant vérités.

 Qu’en déplaise à certaine, je crois qu’on dépasse l’entendement de l’être humain. Oui ! Je suis contre le harcèlement, les attouchements, le viol, mais il ne faut pas extrapoler. Faire des amalgames, inventer pour se venger.

 « La journaliste Sandra Muller décide d’exporter l’idée en France. Sur Twitter, elle invite à “donner les noms des prédateurs sexuels qui nous ont 1/ manqué de respect verbalement, 2/ tenté des tripotages”. S’ensuit un deuxième message où elle explicite : “#balancetonporc !! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails [d’]un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot”. Puis un troisième, où elle “balance” l’identité d’Éric Brion. Présenté comme “ex-patron de Equidia”, il lui aurait dit : “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit”. »

 Le premier Cochon qui est sorti de son enclos, dénoncé par Sandra Muller, son premier hashtag #balancetonporc, est Éric Brion l’ancien patron de la chaîne Equidia qui en fait les frais si je puis dire, qui n’enlève aucunement et en rien la goujaterie de celui-ci. Des propos graveleux, qu’ il lui adressa un soir de « Cuites » quelques années de cela. Il ne le nie pas.

 Mais voilà que tout ceci est monté un peu trop vite à mon goût. Voici les propos de Brion :

« Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit »

« Lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise. Elle me plaisait. Je le lui ai dit, lourdement. Et une seule fois, je tiens à le préciser. Je ne veux certainement pas me disculper de ma goujaterie d’alors. Je lui réitère ici mes excuses. »

 Le réseau s’empare de l’info de Muller. Les insultes commencent à pleuvoir, Twitter et Facebook avec effroi et s’en donnent à cœur joie. La grosse machine est en route, impossible de la stopper. Si vulgaire soit-t-elle, quel délit cette phrase constitue-t-elle, autant d’avanies, et d’humiliation.

 Mon billet n’est pas ici, à défendre Brion ou autre personnage plus au moins abject envers les femmes ; mais sortir d’une injustice du contexte agressif ou on balance tout et n’importe qui à des fins de vengeances. Je connais bien les effets pervers, je me suis occupé il y a bien longtemps, de femmes battues, j’ai pu voir les extrêmes de certaines pour en arriver à faire plier le mari ou le compagnon et de même se retourner contre ma personne quand je découvrais qu’elle mentait.

 Sandra Muller a-t-elle pensé à l’effet que peut produire cette dénonciation ? Ou a-t-elle à juste titre pris avec discernement de l’effet qu’elle pourrait en tirer ? Ou alors emporter par l’effet Weinstein elle, s’est laissé griser ! Je me pose simplement la question.

 Brion, a peine à se souvenir de la date du cocktail cannois. Dans un état d’ébriété avancé il lui lance à la volée le propos rapporté plus haut.

« Je sais seulement que nous avions ensuite échangé sur Messenger et que désolé, je lui avais présenté mes excuses ».

 Brion s’explique : « Quel rapport entre mon comportement et l’affaire Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ? Or, je n’ai jamais travaillé avec Sandra Muller. Je n’ai jamais été son collaborateur ou son supérieur hiérarchique, comme j’ai pu le lire ici ou là…. Cela est aisé à vérifier, mais, une fois que la machine infernale est lancée, on ne peut pas l’arrêter. Les conséquences personnelles et professionnelles de cet amalgame entre drague lourde et harcèlement sexuel » 

 Le problème peut se poser autrement suivant les lois. Fille ou garçon vont se trouver dans un dilemme, de ce qui peut faire peur de la drague et peut rompre tout contact inter-sexe, les Américains ont du mal à aborder des femmes à cause des lois si lourdes.

Comment dire un compliment à une personne, que nous trouvons jolie et dont nous avons une flamme qui brûle en nous. C'est là, tout l’embarras qui pose problème. Mais avec des mots normalement respectueux tout devrait passer.

 Le collectif de 100 femmes dénonce le « Puritanisme » ; elles défendent l’indispensable liberté d’offenser .../... « Le viol est un crime, mais la drague insistante, maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

 Catherine Deneuve dénonce le déferlement ignoble du mouvement #balancetonporc.

« Or c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie », écrivent ces femmes.

 Quand une femme dit non, elle dit non ! Isabelle Adjani.

 http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/sandra-muller-qui-a-invente-balancetonporc-est-poursuivie-en-diffamation-18-01-2018-7508583.php

 Source : Le point, Le monde, arretsurimange, Sud Ouest, Midi libre, La Dépeche du Midi, lesinrocks, le figaro, liberation.

 Bon dimanche à vous !

Jean Olmini

Le 28 janvier 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

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