POUR UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE.

Sans avoir la prétention de tout dire sur tout... ce document a pour objectif de faire un point sur la Transition Énergétique : 
D'abord en proposant de réfléchir sur quelques données objectives qui permettent de mieux appréhender le "système Terre" et mieux comprendre le phénomène de réchauffement climatique. Ensuite, en incitant à réfléchir sur nos propres représentations, pour mieux saisir l'urgence de les mettre en question. Enfin, en contextualisant ces réflexions dans un système politique mondial, dominé par les impératifs capitalistes de recherche du profit maximum qui, loin d'être capables de mettre en oeuvre des solutions , nous enfoncent un peu plus chaque jour dans la certitude d'un désastre assuré.


En guise d'introduction...

La transition énergétique va rester d'actualité, quelques temps encore... mais il me semble nécessaire de ne pas rester enfermé dans cette actualité pour en comprendre les enejux. En commençant par rappeler l'histoire du club de Rome (avril 1968) qui, alors qu'on était encore dans la période dite "des 30 glorieuses", fut (sans doute) l'un des premiers groupes de réflexion à soulever les problèmes liés à la croissance... Il faut d'ailleurs rappeler que le rapport qu'il publia en 1970 ne convainquit pas grand monde, à part quelques écologistes marginaux et échevelés...

Ce constat pose un vrai problème. Comment est-ce donc possible ?
Un premier niveau d'explication pourrait être lié à l'incrédulité d'une projection trop lointaine. On serait, de ce fait, dans le registre de l'opinion : on y croit ou on n'y croit pas...
Actuellement encore, la gravité du changement climatique, bien qu'on en voit concrêtement quelques indices : "on y croit ou on n'y croit pas"...

L'incrédulité par rapport à une expérience sensible n'est pas en soi criticable... Au contraire, considérant quelques célèbres erreurs d'interprétation historiques, on pourrait même dire que l''incrédulité serait plutôt un signe de bonne santé intellectuelle !
Un exemple célèbre est celui de la chute des corps : si on lâche simultanément des plumes et une boule de billard, question : qui va arriver en premier au sol ? Bien entendu, c'est la boule de billard. 
Tout va bien si l'on s'en tient au constat. Mais tout se gâte dès que l'on passe à l'interprétation : c'est la boule de billard qui arriverait en premier... parce qu'elle est la plus lourde. On sait qu'il y a dans cette affirmation deux erreurs épistémologiques. La première est celle qui consiste à vouloir répondre à un pourquoi... au lieu de chercher à comprendre un processus. La seconde est de ne pas effectuer un raisonnement à partir d'une hypothèse : si on formulait hypothèse que le poids serait le paramètre déterminant, alors on pourrait imaginer une autre expérience permettant de tester cette hypothèse, par exemple en attachant ensemble quelques plumes à la boule de billard... Et là, on constaterait que l'ensemble (boule de billard + plumes), bien que plus lourd que la boule seule, tomberait moins vite que la boule seule...

Cette introduction n'est pas tout à fait hors propos car elle illustre le fait qu'on peut et qu'on doit sortir du domaine de l'opinion et du relativisme qui va avec. Mieux vaut en effet formuler des hypothèses (qui peuvent s'avérer fausses), les mettre à l'épreuve de raisonnements et d'expérimentations, et élaborer des modèles permettant une compréhension des phénomènes... Bref, mettre en oeuvre une méthode permettant de valider ou d'infirmer les conclusions.

L'intérêt de la méthode est qu'on sort du domaine des simples opinions "qui se valent toutes", des croyances "qui ne se discutent pas" et des comportements fondés sur des croyances... C'est cette méthode que nous allons tenter de mettre en oeuvre.

Reprenons la problématique du club de Rome : la terre est finie et de plus en plus peuplée. On peut préciser :
La population mondiale était d'environ 1 milliard en 1800. En 2000, deux siècles plus tard, 6 milliards... Ce qui représente un taux moyen d'augmentation de la population de 0,9% par an. Avec ce taux d'augmentation moyen, pourtant pas très élevé, la population mondiale passerait de 1 milliard d'individus en 1800 à 36 milliards en 2200. Bien entendu, cette population aurait besoin de ressources pour vivre, et si rien ne changeait dans les modes de production et de consommation, les besoins en matières premières, nourriture, énergie suivraient cette même progression. Sans compter le "rattrappage" nécessaire pour toutes les populations qui vivent actuellement dans le plus grand dénuement.
Jusqu'où la croissance est-elle possible sans rompre les équilibres ?

Cette interrogation fixe le cadre de la question de "la rransition énergétique", où nous allons d'abord préciser les considérations énergétiques avant de considérer ce que l'on entend par transition, les enjeux et conditions de cette transition.



Un système Terre en équilibre thermodynamique. 

Supposons en effet qu'il n'y ait pas (ou peu) de réchauffement climatique, c'est à dire que le système Terre, dans l'Univers, soit en équilibre thermodtnamique, c'est à dire à température constante.

Pour fixer les idées, il faut savoir que la température du "vide interstellaire" est extrêmement basse, proche du 0° Kelvin (zéro absolu), c'est à dire de l'ordre de -270° Celsius. S'il n'y avait pas d'atmosphère autour de la Terre, sa température d'équilibre serait elle aussi très basse, de l'ordre de -18° Celsius.
Grâce à l'atmosphère, sa température extérieure moyenne est de l'ordre de 15° au voisinage du sol, mais elle décroit très vite avec l'altitude (de l'ordre de -40° à 10.000 mètres). 
L'atmosphère produit ainsi un effet de serre bénéfique.
Pour plus de détails sur l'effet de serre, voir l'article "1300 Climat (1): les gaz à effet de serre" 

Cet article rappelle que le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau (H2O). L’eau, sous forme de vapeur ou de nuages, y joue un rôle essentiel : la vapeur d’eau (pour 55 %) , les nuages (pour 17 %) . Les autres gaz à effet de serre (pour 28 %) sont liés aux activités humaines : le CO2 (dioxyde de Carbone), le CH4 (méthane), le N2O (protoxyde d’azote), O3 (ozone) et les CFC (Chloro-Fluoro-Carbures).

Comment fonctionne ce système ?
Le fait que la Terre soit en situation d'équilibre signifie qu'elle rayonne vers l'extérieur exactement la même quantité d'énergie qu'elle reçoit du soleil.

En réalité, le système Terre n'est pas exactement en équilibre, et on constate une variation, au cours des décennies,  du bilan énergétique et des flux d'énergie. Ces données sont quantifiées en terme de Forçage Radiatif (FR) exprimé en Watt par m2. D'après le résumé du rapport du GIEC, le forçage radiatif total (pour l'ensemble des gaz à effet de serre) est positif et a conduit à une absorption nette d’énergie par le système climatique.

Si l'effet de serre augmente : dans un 1° temps, le rayonnement de la Terre diminue (par l'effet de serre), ce qui entraîne une augmentation de la température de la Terre, qui entraîne une augmentation du rayonnement... jusqu'à aboutir à un nouvel équilibre mais à Température plus élevée, et selon un proxessus de retour à l'équilibre qui peut être extrêmement long.
On peut se donner comme image du processus celle de la casserole sur le coin de la cuisinière de nos grand-mères, qui brûlait à feu doux : en équilibre, la casserole rayonne exactement l'énergie qu'elle reçoit de la cuisinière. Si on ajoute un couvercle, on limite dans un 1° les pertes (l'équivalent de l'effet de serre) et par conséquent la Température dans la casserole augmente. De ce fait, les pertes augmentent aussi jusqu'à ce qu'elles recouvrent leur niveau antérieur (où elles égalaient l'énergie reçue par la casserole). Et on obtient enfin un nouvel équilibre, à température un peu plus élevée. En réalité, c'est un peu plus compliqué, mais l'exemple donne une image assez bonne : nous sommes dans la casserole !

La question cruciale est celle des ruptures d'équilibres.
D'une part les activités humaines (on l'a vu plus haut) produisent des gaz à effet de serre qui tendent à augmenter la température d'équilibre. 
D'autre part, ces activités et la vie en général "consomment" une énergie qui, très souvent, est transformée en énergie thermique (chaleur). Qu'il s'agisse de centrale thermiques au charbon, ou au gaz, ou de centrales nucléaires, toute l'énergie thermique dégagée se retrouve dans l'atmosphère et contribue à l'élévation de température, se cumulant à une augmentation de l'effet de serre (consécutive à la production et au dégagement de CO2, pour les premières et de vapeur d'eau pour les dernières). 
Il faut insister sur le fait que, s'agissant des centrales au charbon, au fuel, au gaz aussi bien que nucléaires, dans tous ces cas, l'énergie thermique dégagée s'ajoute à la chaleur venant directement du soleil, car elle fait appel à des transformations (combustion, ou explosion dans un moreur, ou fusion ou fission nucléaire) qui produisent un dégagement supplémentaire de chaleur dans l'atmosphère à partir de matériaux 
qui, sans ces transformations, n'interviendraient pas dans le bilan.
Avec une consommation d'énergie mondiale annuelle qui est de l'ordre de 10 milliards de Tonnes Equivalent Pétrole par an, cet apport supplémentaire de chaleur, par le fait qu'il est cumulatif au cours des années, finit par ne plus être tout à fait négligeable. Rapporté à la surface (de l'ordre de 150 millions de Km2) de la partie émergée de la Terre, ça donne un apport de chaleur supplémentaire d'environ 66 Tonnes Equivalent Pétrole par km2 par an.

Cycles longs et instabilité des équilibres thermodynamiques.
Il y a deux phénomènes concomitants
- D'une part, à l'échelle de notre temps humain (quelques siècles...), l'instabilité des équilibres thermodynamiques, 
- D'autre part, à une échelle de temps géologique et du fait même de cette instabilité, l'impossibilité de déterminer précisément quel pourrait être (et dans quel délai et à quelle hauteur) le nouveau point d'équilibre.

Il est donc essentiel d'intégrer cette donnée de base qui est l'instabilité des équilibres thermodynamiques.
Le concept d'instabilité
 d'un équilibre est extrêmement simple : il se définit par le fait que tout écart à l'équilibre, aussi minime soit-il, accentue automatiquement cet écart à l'équilibre, ce qui accélère encore le déséquilibre. 
On constate que la plupart des échanges thermodynamiques naturels entrent dans des processus d'échanges qui se définissent comme des équilibres instables, à l'échelle de notre temps humain.

On pourrait l'illustrer de multiples façons. 
Par exemple, l'augmentation de la température terrestre moyenne accélère la fonte des glaciers. Cette fonte a pour conséquence une moindre réverbération de l'énergie solaire, et donc une augmentation de la température qui accélère encore la fonte des glaciers... 
Bien entendu, la combustion du charbon, des feux de forêt voire le réveil des volcans contribuent à l'élévation des températures, et de plus, les fumées et autres éjections de particules se retrouvent dans l'atmosphère, en particulier dans les nuages. A tel point que, cette année, le Groenland s'est trouvé recouvert d'une couche de neige noire(comme l'a constaté un spécialiste de la glace... ). Cette neige, de par sa couleur, absorbe d'avantage les rayonnements solaires, ce qui contribue à l'élévation des températures et accélère la fonte de la glace.
L'augmentation des émissions de CO2 entraîne une saturation de l'eau des océans en CO2 et donc leur acidification. Cette acidification nuit au développement des organismes vivants et en particulier ceux capables d'absorber le CO2... ce qui contribue à augmenter le phénomène d'acidification. Corrélativement, l'élévation de la température de surface des océans nuit au brassage des eaux : celles de surface, se trouvant en contact avec l'air chargé de CO2, ont donc tendance à se saturer plus rapidement (par défaut de brassage avec les eaux plus froides et plus profondes).
Plus généralement encore, l'élévation de la température entraîne une augmentation de l'évaporation des océans, qui charge l'air de d'avantage de vapeur d'eau, ce qui augmente l'effet de serre, qui contribue à son tour à une élévation de la température. Corrélativement, cette élévation des températures crée des zones de grande sècheresse, sur terre, de sorte que les plantes n'y poussent plus. Cette perte des surfaces absorbant le CO2 (par absorption chlorophilienne) entraine à son tour une augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère... etc...

On comprend, sur ces quelques exemples, le cercle vicieux des mécanismes d'instabilité qui peuvent entraîner des situations d'écart à l'équilibre difficile (voire impossibles) à corriger, puisque ces écarts impliquent des processus d'échange qui accentuent encore d'avantage les déséquilibres.


Nous avons, effectivement, les éléments de connaissance qui établissent le lien entre le réchauffement climatique et les activités humaines. Et la certitude des déséquilibres thermodynamiques que produit la croissance de ces activités si cette croissance dépasse le seuil de ce que la Terre peut absorber. 
Et comment peut-on avoir la certitude que ce seuil est atteint ou dépassé ? Tout simplement en intégrant l'ensemble des données qui attestent d'un début de réchauffement climatique. Nous y sommes !
Sur le très long terme et avec un taux de croissance inférieur à 1%, toutes les grandeurs sont multipliées par 6 en 2 siècles. A une échelle de temps plus proche, sur un siècle, on voit aussi qu'une croissance de 2,5% (dont rêvent certains politiques à courte vue) aurait un effet désastreux, avec une multiplication par 12 de toutes les grandeurs. Voilà donc une analyse rationnelle de notre situation, actuellement largement partagée par les scientifiques qui ont étudié ces questions. Il serait coupable de l'occulter plus longtemps en considérant, par exemple, qu'il s'agirait là d'une simple opinion parmi d'autres qui la vaudraient bien ...



Une transition.


la Terre est finie et on a vu qu'il y a donc une nécessité absolue à fixer une limite drastique au taux d'augmentation des dégagements de chaleur et de Gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et aussi à l'exploitation des ressources planétaires : une augmentation de quelques pourcent ne serait pas supportable sur le long terme. Voilà une conclusion qui a de lourdes implications au niveau individuel, au niveau de nos choix de société et de nos orientations politiques.

C'est en ce sens que l'on doit comprendre cette situation de transition qui est la notre. Une transition n'est jamais un passage tranquille. Les psycho-sociologues qui ont étudié les situations de transition, par exemple dans le système éducatif, ou dans les contextes professionnels, s'intéressent justement à des situations de rupture : passage de l'école primaire au collège, entre l'enseignement secondaire et le supérieur, situation de chômage ou changement de cadre professionnel.

La première situation de transition, primordiale, est celle de notre venue au monde. C'est à ce propos qu'a été forgé le concept d'objet transitionnel (Winicott). Ce concept (que tout le monde connaît aujourd'hui, même si on n'en connaît pas complètement la signification en théorie psychanalytique), se vérifie sans aucune exception par l'observation des très jeunes enfants : tous ont besoin, à un moment, d'un objet (un doudou) qu'ils investissent comme un intermédiaire entre eux et le monde extérieur. Et cette médiation par un objet transitionnel est une façon d'être dans le monde, de se définir par rapport à l'autre, voire de maîtriser symboliquement sa relation à l'autre. 
Sans entrer dans tous les détails de cette analyse, on peut se référer à la découverte de Freud à propos d'un enfant qu'une mère inquiète lui avait confié. Cet enfant jetait systématiquement une bobine que lui avait donnée sa mère (son objet fétiche) loin de lui... jusqu'au jour où, fatiguée de ramasser la bobine par terre, la mère avait décidé de l'attacher avec une ficelle la reliant à la chaise haute du bébé. Et là, le jeu jouïssif qu'avait inventé l'enfant consistait à jeter la bobine au loin, ponctué d'un "Fort" (qui veux dire loin), pour ensuite la ramener vers lui avec la ficelle, ponctué d'un 'Da" (qui veut dire ici). Découverte de Freud qui consista à donner un sens à ce jeu du Fort-Da : celui d'une maîtrise et d'un dépassement de la blessure que représentait pour lui, petit enfant, le départ de sa mère qui allait au travail tous les matins, avec la joie, tous les soirs, de la voir revenir vers lui... Maîtrise symbolique, donc, d'une situation cruciale.

Cette histoire n'a qu'une valeur anecdotique, nous ne sommes plus des enfants et nous n'en sommes plus à ce stade là, me direz-vous...
Pas si sûr !!! 
Certes, il y a la culture, la connaissance, la "maîtrise" de soi et des autres par des jeux de pouvoir qui nous font (peut-être) sortir de ce cadre d'analyse du "Fort-Da"... Il n'en demeure pas moins l'existence de systèmes d'objets qui nous positionnent symboliquement dans le monde et par rapport aux autres, et nous aliènent par des enchaînements que nous finissons, par habitude ou par paresse, par considérer comme naturels ou inévitables ou pas très graves... Car, bien entendu, il n'y a pas d'autre solution !

Mais il ne faudrait pas arrêter cette analyse en chemin en s'en tenant à un point de vue qui serait psychologisant : car il y a un savoir constitué, sur ces questions (on peut penser à Castoridis par exemple) qui montre que la société dans son fonctionnementinvente un imaginaire social qui apparaît à chacun comme une sorte de disponibilité pour assouvir ses pulsions les plus personnelles. Il me revient en mémoire ces gamins que je ne connaissais pas et qui, me voyant enfourcher ma moto, me demandèrent : "allez monsieur, démarre sur la roue arrière" !!! Quel bel exemple d'investissement libidinal que celui de ces motards qui dressent l'objet qu'ils ont entre les jambes (leur moto) avec une jouissance manifeste...

Nous sommes, à notre insu, enfermés dans un système stable de représentations auquel nous sommes attachés et assujettis : nous y sommes assujettis dans la juste mesure où ces représentations ont une fonction stabilisatrice qui, d'une certaine façon, nous "protège" de toute remise en cause. Ces représentations fonctionnent comme un recours, une idéologie englobante et rationnalisante qui "explique tout". 
Ainsi, concernant la question climatique, différentes postures intellectuelles sont disponibles : l'incrédulité et le déni, on l'a vu, mais aussi une attitude scientiste qui permet d'imaginer que les solutions à ce problème seront trouvées... car l'homme avec son savoir en a déjà résolu bien d'autres. Idéologie du progrès, fondée sur les progrès de la science qui permettrait à l'homme, quoiqu'il arrive, de se considérer comme maître et posseseur de la nature. Idéologie qui occulte le fait que la science est une activité humaine, parmi d'autres, qui ne doit pas échapper à la critique historique de ses développements et de ses insuffisances.

Voilà donc un point d'achoppement majeur. 
Pour reprendre l'analyse Freudienne : l'homme a connu 3 graves blessures narcissiques. Galilée qui lui a démontré que la Terre n'était pas le centre de l'Univers. Darwin qui lui a montré qu'il n'était pas une créature unique mais une descendance. Freud enfin, qui lui a montré qu'il n'était pas maître de ses pensées et de ses pulsions. Blessures auxquelles il convient d'en ajouter une quatrième : quoiqu'il en pense, l'homme n'est pas maître et possesseur de la nature : c'est plutôt la nature qui le contraint dans ses déterminismes.

Voilà qui impose à l'homme une sacré rupture dans son système de représentation. Et il ne faut pas s'y tromper : dans l'histoire des idées et des sciences, en particulier, une idée, un modèle, n'ont jamais été abandonnés sans qu'une autre idée, un autre modèle ne prenne la relève. Le nouveau modèle a toujours pour lourde tâche de rendre compte de tout ce qui semblait bien fonctionner dans l'ancien, mais en plus, de proposer une alternative sur les questions non résolues dans l'ancien modèle. Pour ce qui nous concerne ici, il est donc nécessaire de construire une autre représentation de notre place dans le monde, de procéder à l'élaboration collective d'un projet de sociétédans laquelle chacun devrait pouvoir vivre mieux, en partageant plus, en consommant moins et plus intelligemment. Une autre société donc et une autre idéologie que le productivisme. Assumer cette transition est un acte de pensée, un acte de courage, un acte fort qui implique de dire non !

Nous sommes au début de la piste... et nous aurons l'occasion d'y revenir. Mais revenons un instant sur les questions énergétiques qui étaient le point de départ de cette réflexion.


Des énergies.


Revenons à la question des énergies pour établir un état des lieux concernant les productions et les consommations.
 Deux schémas référencés ci-dessous caractérisent les sources et les formes d'énergie dans la consommation finale en France (ordres de grandeur en 2010)

 Sources d'énergie dans la consommation

  • Pétrole = 42,1%
  • Gaz naturel = 22,2%
  • Charbon = 4,7%
  • Energie Renouvelable = 11,8%
  • Agrocarburants 1,7%
  • Nucléaire 17,1%

Différentes formes d'énergie dans la consommation

  • Pétrole hors électricité = 41,6%
  • Gaz naturel hors électricité = 21,7%
  • Charbon hors électricité = 3,5%
  • Energie Renouvelable Thermique hors électricité = 3,5%
  • Agrocarburants 1,7%
  • Electricité 24,1% (dont nucléaire 17,1%)

Un autre schéma concernant l'évolution de la consommation d'énergie par secteur indique qu'en 2010, pour un total des consommations de l'ordre de 160 MTep, les trois plus grands secteurs de consommation se répartissent selon les ordres de grandeur suivants :

  • le résidentiel-tertiaire = 70 MTep soit environ 43,8%
  • les transports = 55 MTep soit environ 34%
  • l'industrie et la sidérurgie = 35 MTep soit environ 21,9%

Le plus gros poste de dépenses est donc celui concernant le chauffage des bâtiments. Il faut rappeler le raisonnement précédent concernant le "système Terre", que l'on peut reproduire à l'échelle de chaque bâtiment : toute la chaleur dépensée pour le chauffage se retrouve intégralement dans l'atmosphère et contribue à l'élévation des températures. Il faut se rappeler aussi que la politique énergétique en France a privilégié le chauffage électrique, ce qui est d'une totale absurdité par le fait que les centrales nucléaires qui produisent 80% de l'énergie électrique le font à partir de turbines, qui ont un rendement limité, de l'ordre de 30%. Ce qui signifie que 1 Kwh électrique dépensé par le client pour son chauffage correspond en réalité à un dégagement de chaleur total de 3 Kwh.
La première urgence.est donc de développer l'isolation des bâtiments anciens et de définir des normes de construction extrêmement sévères pour les nouveaux, de façon à limiter cette déperdition massive de chaleur dans l'atmosphère... ce qui, de surcroit représentera une économie considérable. Par ailleurs, toute mesure de récupération de chaleur au niveau des systèmes industriels et tous les dispositifs utilisant des panneaux solaires thermiques contribueront à cet objectif.

Les données ci-dessus montrent également la nécessité d'une substitution des énergies carbonées (pétrole et gaz) par des énergies renouvelables (solaire thermique, électricité d'origine renouvelable...). En particulier pour ce qui concerne les déplacements, second poste de dépense énergétique. Il est donc nécessaire de démontrer la plausibilité d'un tel objectif.

Rappelons quelques ordres de grandeur.

L'énergie totale rayonnée à la surface de la Terre par le soleil est d'environ 60.000 Gtep par an (soit 60.000 milliards de Tonnes Equivalent Pétrole par an).
- L'énergie totale reçue par les océans, c'est en gros la moitié = 30.000 Gtep par an 
La consommation d’énergie de l’humanité est d’environ 10 Gtep par an (10 milliards de Tep par an).
Autrement dit: la consommation totale d’énergie représente environ 1/6000 ème de l’énergie rayonnée au sol par le soleil. 
Voir par exemple le dossier : << L'énergie sur la terre : analyse des ressources et de la consommation. La place de l'énergie électrique.>>

L’énergie naturellement dissipée annuellement par les marées serait de l'ordre de 22.000 TWh (TéraWatt.heures, sachant que 1Téra =1000 Milliards ), ce qui représente l’équivalent de la combustion de moins de 2 Gtep ( 2 milliards de Tep par an). Et par ailleurs, les sites favorables à l'exploitation de l'énergie des marées ne sont pas très nombreux.

Toutes les autres énergies marines ont pour origine l’énergie irradiée par le Soleil et on a vu que le flux solaire moyen absorbé annuellement par l’océan est l’équivalent en chaleur à la combustion de 30.000 Gtep.
Un dixième de ce flux de chaleur (soit 3000 Gtep) contribue, avec celui de l’atmosphère, au transfert de chaleur des tropiques vers les régions polaires, essentiel à l’équilibre climatique actuel. Le Gulf Stream y contribue à lui seul pour près du tiers (soit 1000 Gtep). 
Ainsi, 
l’exploitation de seulement 1% du flux naturel de chaleur véhiculé par le Gulf Stream suffirait pour couvrir nos besoins mondiaux actuels en énergie (10 Gtep) !!! 
Si on arrivait à un tel niveau d'exploitation, on devrait cependant se poser la question des équilibres thermiques, car une telle exploitation de ce courant ne serait peut-être pas sans incidence sur le courant lui-même et donc sur les transferts de chaleur portés par ce courant.

Le vent
, quant à lui, dissipe à la surface des mers une énergie totale estimée à 40 Gtep., (soit 4 fois la consommation mondiale). Il faudra peut-être aussi envisager une limite à l'exploitation de cette quantité d'énergie portée par les vents. Mais nous en sommes très loin !

On peut, pour fixer les idées, établir un " Comparatif : nucléaire, éolien et solaire dans le monde ".
Jusqu'en 2005, la part du nucléaire ajouté annuellement (au niveau mondial) est supérieure au cumul éolien+photovoltaïque.
Par contre, le Nucléaire ajouté en 2013 représente moins de 30 TWh alors que (éolien+photovoltaïque) représente plus de 130 TWh, ajouté, soit plus de 4 fois plus.

Une dernière remarque s'impose, concernant la distinction entre puissance installée et énergie disponible
Il est question, dans ce qui précède, des énergies naturelles, rayonnées en moyenne par le soleil ou transportées par les vents, ou par le Gulf Stream... 
Pour être disponibles, ces énergies doivent être captées et transformées par des dispositifs techniques, qui ont un certain rendement (très inférieur à 1) et qui sont soumis aux aléas climatiques (et donc ne fonctionnent pas toujours à pleine puissance... et parfois même ne produisent aucune énergie) 
Pour éviter toute erreur d'interprétation, il faut donc insister sur le fait que les valeurs des "puissances installées" (des éoliennes, des turbines captant l'énergie des courants, etc...) sont les puissances correspondant à un fonctionnement optimum, ce qui n'est pas toujours le cas puisque la puissance électrique effective de la machine dépend de la vitesse du vent, du courant, etc... de sorte que l'énergie disponible réellement produite, par une éolienne, par exemple, doit intégrer ces variarions de puissance(avec une puissance nulle quand il n'y a pas de vent...).

C'est ainsi que, d'après les statistiques de EDF, << En 2012, les 7.449 MW éoliens installés en France ont permis de produire 14.900.000 MWh >>. soit 14,9 TWh. 
Autrement dit une puissance éolienne installée de 1MW a produit sur l'année une énergie électrique de l'ordre de 2000 MWh. 

Sachant que les éoliennes qui sont réalisées actuellement ont des puissances de l'ordre de 6 MW, parfois plus (voir l'éolienne Haliade 150 d'Alstom), une éolienne de 6 MW produirait (en moyenne) sur l'année une énergie électrique de 12.000 MWh.

Pour évaluer l'ordre de grandeur de l'énergie éolienne produite, on peut le comparer à l'énergie électrique d'origine nucléaire, de l'ordre 405 TWh., qui est produite annuellement en France par les 58 réacteurs répartis en 19 centrales (voir le dossier). La production moyenne d'un réacteur est donc de l'ordre de 7 TWh. Et donc l'énergie produite par les éoliennes en France est équivalente à la production de 2 réacteurs.



Quels dispositifs pour réussir la transition ?


C'est cette donnée qu'il convient d'utiliser pour déterminer, par exemple, le nombre d'éoliennes qu'il faudrait installer pour satisifaire l'objectif annoncé, de ramener à 50% le pourcentage d'énergie électrique fabriqué à partir du nucléaire.
En supposant qu'on limite le recours aux énergies fossiles mais que, en contre-partie, la consommation annuelle d'électricité de la France reste stable et s'établisse autour des 560.000.000 MWh.actuels, on devrait donc fabriquer environ 280.000.000 MWh. avec des énergies renouvelables. 
Pour fixer les idées, si la moitié de cette énergie renouvelable était fabriquée par des éoliennes (offshore ou autres), il faudrait de la sorte produire 140.000.000 MWh. avec des éoliennes. Il faudrait donc installer de l'ordre 12.000 éoliennes du type Haliade ou équivalent.

Voilà donc l'un des chantiers qu'il faut absolument planifier si on souhaite réellement tenir les engagements. Faute de le planifier, on sait par avance que les engagements ne seront pas tenus.
Et ce chantier particulier n'est pas le seul, il faut y ajouter tous ceux concernant les autres énergies renouvelables...

Et ce n'est pas tout : un autre domaine de recherches doit être développé, lié à la contrainte majeure qu'imposent les énergies renouvelables : elles ne sont pas forcément disponibles en quantité suffisante quand on en a besoin, et lorsqu'on en a de trop, on ne sait pas (pas encore) stocker l'électricité en très grande quantité. Il est donc nécessaire de pouvoir stocker de l'énergie sous une autre forme (Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP), fabrication de métane ou d'Hydrogène et injection dans le réseau de gaz, ou stockage d'H2 sous forme solide dans des galettes métalliques, etc...) avec des dispositifs capable de restituer de l'énergie quand on en a besoin... et d'améliorer les rendements des procédés industriels mis en oeuvre.

D'autres problèmes techniques encore sont à résoudre, tel la gestion des réseaux de transport (HT et THT) avec non plus uniquement des grosses centrales de production mais avec une production délocalisée, répartie en petites unités de production (solaire en particulier), et avec des compteurs "intelligents" permettant de différer certains usages en cas de besoin (pics de consommation et déficit de production).

La question des lignes HT et THT est cruciale. L'exemple de l'Allemagne le montre, avec une production d'énergie éolienne concentrée dans le Nord qui n'arrive pas toujours à être acheminée vers les gros centres industriels du Sud, par défaut de capacité du réseau électrique. Cette insuffisance conduit parfois à stopper la production de certaines éoliennes.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire complet des problèmes techniques à résoudre...

Pourtant, les quelques éléments rappelés ici mettent en évidence que la transition énergétique implique une transition du système de production et de consommation, et que ce bouleversement n'a aucune chance de se réaliser dans de bonnes conditions si les objectifs ne sont pas clairement évalués et leur réalisation clairement planifiée. Ce serait une cécité coupable de croire que ce système complexe pourrait muter de lui même, grace à "la libre concurrence des moyens de production", alors qu'à l'évidence, la recherche des niches les plus profitables conduit à des engagements industriels limités par les exigences de profit à court terme ainsi qu'à des retraits de capitaux qui nuisent aux développements sur le long terme. 
Force est de constater que le problème, dans sa complexité, n'est pas seulement technique. Il met en jeu des représentations sociales et des structures (financières, de recherche, de production) qui lui confèrent une dimension essentiellement politique.



Transition : l'impasse capitaliste.


Quelle est la politique climatique de l'Union Européenne, qui définit le cadre des orientations de la politique de la France ?

En totale cohérence avec la représentation néo-libérale dominante, c'est le marché qui est censé apporter la meilleure réponse possible à quelque problème que ce soit !!! C'est ainsi qu'ont été imaginés le Marché Carbone et un système basé sur la finance : le Système Communautaire d’Echange de Quotas d’Emissions (SCEQE), comme solution au problèmes liés au réchauffement climatique.

Il s'avère, à l'usage, que ce système financier est un échec complet. Il n’a jamais été à l’origine de la moindre diminution d’émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). En effet, les diminutions d’émissions de GES en Europe sont principalement dues à la crise d’une part (et donc à la diminution d’activité économique), et aux délocalisationsd’autre part. Et le marché carbone fonctionne aujourd’hui, comme tous les autres, avec son lot de produits financiers dérivés, de bulles spéculatives voire de fraudes. 
En toute légalité, par exemple, lors de la fermeture des aciéries du Nord de la France, Arcelor Mittal a récupéré des "droits à polluer" dont il a tiré le plus grand profit en les revendant, ce dont quelques journaux ont fait état : << La fermeture de l'aciérie de Florange rapportera des millions à ArcelorMittal grâce aux quotas CO2 >>

Ce système de quotas agit comme une vaste escroquerie dans la lutte contre le changement climatique.

- Il empêche toute politique structurelle par l’effet de compensation. Une entreprise peut ainsi poursuivre son activité polluante et même la développer, dans les conditions sociales et environnementales désastreuses, pourvu qu’elle puisse acheter les crédits nécessaires.

- Il s’oppose à toute forme de « régulation » puisque cela contreviendrait au principe du « juste prix » en interférant avec le marché. C’est ainsi, par exemple, qu'on continue de privilégier le transport routier de passagers et de marchandises plutôt que des modalités moins polluantes (le rail et le ferroutage, les voies navigables, le cabotage...). Ou que l'on se concerte pour contre-venir ponctuellement au marché libre en mettre en oeuvre des niches incitatives (fixant par exemple les prix de rachat d'électricité renouvellables) qui constituent un effet d'aubaine, à court terme. C'est ainsi que certains investissement dans l'éolien ont permis de réaliser des profits de 20%. Même la cour des comptes a révéllé cette évidence que ces niches fonctionnent comme des rentes et coûtent beaucoup plus chers que des investissements directs que pourraient réaliser les Etats.
C'est l’exact opposé d’une politique de planification écologique où le long terme de l’intérêt général prévaut sur le court terme du marché, où la délibération collective qui aboutit à une loi partagée de tous s’impose sur la concurrence libre et non faussée, où la propriété collective domine sur l’accaparement individuel.

- << La priorité immédiate pour la Commission Européenne, c'est l’achèvement du marché intérieur de l’énergie, à la fois pour l’électricité et pour le gaz... Un marché intérieur de l’énergie compétitif et intégré procure l’environnement et les signaux de prix nécessaires pour réaliser d'une manière économiquement avantageuse les objectifs de la politique énergétique. >> 
C’est ainsi que la Commission résume dans son document l’un des éléments cadres de sa politique pour 2030.
Elle appelle donc à l’accélération de la concurrence : << Des niveaux élevés de concurrence sur le marché intérieur de l’énergie seront indispensables pour progresser par rapport à tous les objectifs de la politique énergétique de l’Union à l’horizon 2030. >>

- Contrairement aux effets d'annonce, la politique climatique Européenne est en réalité très peu ambitieuse
L’objectif adopté par le Parlement Européen de 40% de réduction des émissions en 2030 par rapport à 1990 est souvent décrit comme ambitieux. Mais il ne fixe aucun objectif contraignant à chacun des Etats et ne prend pas en compte le dernier rapport du GIEC qui demande d’accentuer les efforts avant 2030 pour maintenir le réchauffement climatique sous les 2°C, au delà desquels nous savons les conséquences irréversibles pour l’humanité. La Commission Européenne fait exactement l’inverse.



Pour une vision globale : écosocialisme et planification écologique.


Les inspirations du courant écosocialiste actuel sont multiples. Parmi les textes assez récents, on peut citer le « Manifeste écosocialiste » que Michael Löwy co-rédige en 2001 avec Joel Kovel. Ce texte, à l'origine du « Manifeste écosocialiste international », a servi de référence pour la constitution à Paris en octobre 2007 du « Réseau écosocialiste international ».

Les 18 thèses pour l'écosocialisme mises en débat par le Parti de Gauche ( voir le Premier manifeste : 18 thèses pour l’écosocialisme ) ont été traduites dans une douzaine de langues et réalisent un prolongement politique de ces idées. Des assises pour l'éco-socialisme se sont déroulées dans de nombreuses villes, en France mais aussi en dehors de notre territoire et, depuis son congrès européen de décembre 2013, l’écosocialisme est l’orientation idéologique du Parti de la Gauche Européennequi regroupe notamment en France des organisations du Front de Gauche, au Danemark l’Alliance Rouge-Verte, en Grèce Syriza, au Portugal le Bloco de Esquerda, en Allemagne Die Linke.
Voir par exemple une récente Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur l'écosocialisme (2014).

On peut citer enfin une étude inattendue de la NASA (de 2014) : " Selon la Nasa, la fin la civilisation industrielle est très proche " 
qui estime que notre civilisation industrielle n’en a plus que pour quelques décennies d’existence. Les causes ? Une mauvaise répartition des richesses et une surconsommation des ressources naturelles. Les solutions ? Le partage des richesses, l’utilisation de ressources renouvelables, la baisse de la consommation.

L'écosocialisme réalise actuellement une synthèse des courants socialiste et écologistese et se pose donc en alternative au capitalisme et au productivisme.

La planification écologique y occupe une place centrale, avec quelques idées de base :

- Constitution d’un pôle public bancaire nécessaire à l’investissement à long terme dans le développement des filières industrielles (transport, économies d’énergie, agriculture, énergies renouvelables etc.).
- Retour sur les privatisations et libéralisations du marché de l’énergie.
- Constitution d’un pôle public de l’Energie sur la base des entreprises EDF, GDF, Arévéa, Alstom etc.
- Développement massif du ferroutage en Europe par le biais d’autoroutes ferroviaires mais également de plateformes de proximités permettant de rapprocher les marchandises au plus près.
- Abandon des projets inutiles et imposés comme l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le Barrage de Sivens: (agrobusiness, conflit d'intérêts et mauvaise gestion)
- Refonder la PAC pour une agriculture paysanne et écologique.
- Sortie de la financiarisation des politiques climatiques par l’abrogation du marché carbone et la lutte contre les projets issus du protocole de Kyoto qui marchandisent les forêts et exploitent les peuples.

Pour plus de détails voir aussi le " Manifeste pour l’écosocialisme adopté par le Congrès du Parti de Gauche "

Après son livre récent décrivant "Le capitalisme du désastre", Naomi KLEIN publie un nouvel ouvrage (pas encore traduit en Français): << This changes everything, Capitalism versus the climate...>>, montrant que le capitalisme détruit le climat.
<< Il est toujours plus facile de nier la réalité que d’abandonner notre vision du monde >>, écrit Naomi Klein, "qui en appelle au sursaut des consciences. Un livre fort et passionné, facile à lire, où l’urgence sonne à chaque page". (une analyse publiée dans le site reporterre : http://www.reporterre.net/spip.php?article6440 )

Abandonner notre vision du monde pour re-construire ce monde !!!

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