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Billet de blog 3 juil. 2008

Origines du christianisme, contexte national et pédagogique (2)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après avoir évoqué, le 24 juin, le contexte politique et international de la "Nouvelle évangélisation",

premier article

voici le début d'un texte qui traite de l'enseignement du fait religieux dans nos écoles.

(On le trouve aussi sur mon site, version pdf téléchargeable : )

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Le fait religieux. Quel enseignant, en France, ne connaît pas cette expression ? Qui ne sait que le fait religieux est, doit être, objet d’enseignement ? Nul ne l’ignore. Quant à savoir ce qu’il convient d’entendre par une telle expression, l’hésitation, immédiatement, apparaît. Si l’on est dans l’enseignement, on sait généralement que l’expression figure dans le titre d’un petit ouvrage du philosophe Régis Debray qui, au début de 2002, fut à la fois publié par les éditions Odile Jacob et par la documentation française (où via Internet, il est en accès libre). Le livre s’intitule : Enseigner le fait religieux à l’école laïque (1)

Chacun, aujourd’hui,dans les milieux spécialisés, s’accorde à reconnaître la paternité des termes à cet auteur, en quoi il aurait eu comme un coup de génie, débloquant par cette ressource rhétorique, une situation figée depuis longtemps et couramment désignée par l’enseignement de l’histoire des religions. En réalité, il est l’heureux diffuseur d’une formule qui allait faire fortune, mais qui avait été employée au moins plusieurs fois avant lui par d’autres auteurs .

Par exemple, René Nouailhat en l’an 2000 (2). L’éditeur était Magnard. Titre : Le fait religieux dans l'enseignement . Fait extrêmement significatif qu’il serait regrettable d’ignorer à ce stade, le même auteur, allait publier un peu plus tard une nouvelle mouture de son ouvrage, qu’il intitule cette fois : « Enseigner le fait religieux, un défi pour la laïcité” et, cette fois, il s’agit d’une co-édition impliquant l’éditeur privé Nathan et Le CNDP de Bourgogne, service public, donc. Nouailhat n’a pas à s’excuser d’emprunts intempestifs auprès de Debray, puisque l’emprunt aurait plutôt eu lieu dans l’autre sens. De toutes façons, là n’est pas la cause du fait, fort inattendu pour René Nouailhat qui a déjà une longue experience de formateur en ce domaine spécifique, que sur intervention du minister de l’éducation publique de l’époque, Luc Ferry, le livre est retiré de la vente et mis au pilon. Nous verrons plus loin pourquoi. Retenons seulement pour l’instant que le theme de l’enseignement du “fait religieux” est ultra-sensible et que l’on a tout intérêt à bien choisir ses mots quand on écrit sur la question, surtout si c’est professionnellement et es-qualité.

Quoiqu’il en soit, la paternité de l’expression “fait religieux” ne doit pas être attribuée non plus à René Nouailhat, puisque un numéro de la revue Echelles du CRDP de l’Académie de Créteil , le numéro 9 de janvier 2000, utilize ces mots à plusieurs reprises. Donc, l’expression “fait religieux” est dans l’air, elle s’emploie au singulier et on l’associe à la laïcité (comme le montre ce numéro d’Echelles) (Elle figurait aussi dans un rapport célèbre de 1989, sur lequel nous reviendrons dans un instant).

Compte tenu donc du haut degré de sensibilité du sujet, il ne faut pas penser que ce soit par hasard qu’en 2007, un autre ouvrage, collectif, avec une préface de Régis Debray , sous la direction de Dominique Borne et Jean-Paul Willaime, deux autres éminents spécialistes, qu’un autre ouvrage se propose à la lecture des personnes intéressées sous le titre de : « Enseigner les faits religieux, »,(3) le sous-titre étant « quels enjeux ? » Dans sa préface, Régis Debray se gardera de s’étonner, lui qui pourtant connaît pourtant le poids des mots et toutes les ressources de la stylistique , de ce que peut bien signifier le passage du singulier au pluriel, encore moins de la disparition dans le titre de la référence à « l’école laïque » qui était, spécifiquement, le problème évoqué dans son propre ouvrage, paru cinq ans plus tôt.

Quoiqu’il en soit de la paternité authentique de l’expression « le fait religieux », la parution, de ce livre doit être considérée comme un événement un évenément fondateur de quelque chose puisque, d’une part, il contient des propositions qui sont (au moins partiellement) mises en œuvre aujourd’hui et que, d’autre part, il semble dénouer une situation bloquée, puisqu’il était depuis longtemps question du problème et qu’existait notamment, depuis 1989, un certain rapport de Philippe Joutard,à l’époque recteur de l’Académie de Besançon, sur le thème « enseigner l’histoire des religions à l’école», qui n’avait pas eu d’effet particulièrement notable, si ce n’est l’organisation quelques années plus tard d’un grand colloque d’où aucune initiative nouvelle n’était sortie (4).

Régis Debray avait-il eu un coup de génie en substituant « fait religieux » à « histoire des religions » ou bien,, plus simplement, la situation avait-elle changé ?

Dans ce rapport qui répondait à une commande du ministre de l’Education nationale d’alors, Jack Lang, Régis Debray partaitt du constat que « l’étude du religieux » - on voit aussi apparaître l’expression « d’information religieuse » - manquait dans les programmes, alors qu’elle serait indispensable pour comprendre le monde moderne.

En réalité, déjà le rapport Joutard concluait à la nécessité d’accorder une plus grande place à l’histoire des religions dans les programmes d’histoire, invitant les enseignants à montrer « l’importance du fait religieux dans l’histoire et sa permanence dans le monde contemporain », ainsi que de mettre en lumière, via d’autres disciplines, « l’insertion du religieux dans la vie culturelle et la civilisation du quotidien ». La réforme des programmes de 1996 en tenait compte, et, au moment où Régis Debray écrivait, au collège, en classe de sixième, on enseignait en 6ème s les religions égyptienne, grecque, romaine ; les Hébreux ; la naissance du christianisme; au lycée, en seconde, à nouveau la naissance du christianisme. (5) Le livre de Régis Debray ne soufflé mot de l’existence des manuels et de l’usage qui en fait ou qui n’en est pas fait quand l’enseignant choisit d’ignorer des contenus qui sont suceptibles de heurter sa déontologie. (6)

Le propos de l’auteur consiste à énoncer toutes les raisons pour lesquelles , ce « déficit d’étude du fait religieux » qu’il a cru pouvoir diagnostiquer. Il préconise, quant à la solution « la recherche à travers l’universalité du sacré (…) d’un fonds de valeurs fédératrices pour relayer en amont l’éducation civique et tempérer l’éclatement des repères comme la diversité, sans précédent pour nous des appartenances religieuses dans un pays heureusement ouvert sur le grand large ». Le but n’est pas de remettre « Dieu à l’école » mais de « prolonger l’itinéraire humain à voies multiples » qui, selon le philosophe, distingue l’homme de l’animal. Il en arrive à cette première conclursion : « Traditions religieuses et avenir des humanités sont embarquées sur le même bateau ».

Ces formules, et toute une série d’autres, sont d’une belle plume, ce dont on ne saurait se plaindre ; cela ne saurait nuire à la recherche d’un accord, puisque tel est son but. Mais cet accord recherché ne sera pas facile, puisque la deuxième partie consiste à examiner les oppositions : il s’agit, de « méfiances symétriques » qui « redoublent l’inhibition », du côté laïque le « retour du cheval de Troie d’un cléricalisme masqué », du côté ecclésiastique ou croyant « un autre cheval de Troie, celui d’un confusionnisme et d’un relativisme dénigreurs ». En page 12, Régis Debra croit constater que « la relégation du fait religieux hors des enceintes de la transmission rationnelle et publiquement contrôlée des connaissances favorise la pathologie du terrain au lieu de l’assainir. Le marché des crédulités, la presse et la librairie gonflent d’elles-mêmes la vague ésotérique et irrationaliste ». En page 13, Debray distingue, face à la question religieuse, l’approche objectivante et l’approche confessante ou, selon une autre formule, le religieux comme objet de culture et le religieux comme objet de culte. En page 14, l’auteur rappelle que la déontologie enseignante et qui s’applique à l’exposé des doctrines en philosophie, comme à celui des systèmes sociaux, en histoire, stipule la mise entre parenthèses des convictions personnelles. Donner à connaître une réalité ou une doctrine est une chose ; promouvoir une norme ou un idéal en est une autre (…) Les religions ont une histoire, mais ne sont pas que de l’histoire. Enfin, pour résumer très brièvement la présentation du problème, indépendamment des solutions proposées, Régis Debray observe que « le religieux est transversal à plus d’un champ d’études et d’activités humaines », d’où il s’ensuit que l’enseignement du fait religieux à l’école ne concerne pas que les professeurs d’histoire.

En raison des répercussions qu’il va entraîner immédiatement et qui continuent à produire des effets, le rapport , malgré sa brièveté (35 pages) marque une date capitale dans ce très long, très ancien, très complexe débat relatif aux rapports réciproques entre la religion. L’effet négatif, c’est qu’il gomme tout un passé que l’on n’a pourtant aucun intérêt à méconnaître. Le rapport Debray sur l’enseignement du fait religieux fait aujourd’hui autorité et rien en la matière ne saurait être légitime sans y faire référence d’une manière ou d’une autre. Un tel effet n’est obtenu que par une succession de ruses et un subtil dosage entre le dit et le non-dit.

Dès la première phrase, l’auteur présente comme majoritaire une position de l’opinion française qui serait en faveur d’un enseignement accru du fait religieux. Dès lors, on peut avoir le sentiment que c’est à cette attente que le rapport répond et non à la commande d’un ministre. Ce n’était pourtant certainement pas par hasard que Jack Lang s’était tourné vers Régis Debray plutôt que vers, par exemple, Henri Pena-Ruiz, également philosophe.

Régis Debray n’écrit pas non plus au hasard : derrière chaque ligne se cache une argumentation puissante. Ce n’est pas de son imagination qu’il tire cette allégation d’une position majoritaire de l’opinion. Il a dans ses cartons un sondage « Le Monde-Encyclopédia Universalis » de 1988 qui établit que « 65% des Français sont favorables à une enseignement d’histoire des religions ». Qu’importe que les sondages se suivent, se ressemblent ou se contredisent ! Il aurait pu en trouver d’autres ; mais celui-ci fait l’affaire. (C’est même, d’ailleurs, à la suite de ce sondage que Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale avait créé une commission interministérielle – c’était aussi l’époque,octobre 89 où, première manifestation d’une longue série avait éclaté la première affaire de foulard - commission ministérielle, donc, qui avait abouti à ce rapport Joutard que Debray ne cite qu’en passant). Cela étant fait, il n’en parlera plus, ni non plus de tout ce qui avait précédé et tout ce qui avait suivi ce fameux rapport que son propre travail va définitivement envoyer aux oubliettes.

Impasse complète sur les multiples plaintes de tout un nombre d’enseignants qui surgissent dans les années 1970 et dans lesquelles l’islam n’est pas en cause, mais le christianisme et qui avaient amené la Ligue de l’Enseignement, lors de son colloque de 1982 tenu à Montpellier à prendre position face au problème vécu par de nombreux profs d’avoir à commenter certaines présentations pseudo-historiques faites par certains manuels.

Pas un mot non plus, comme si cela n’avait jamais existé, du sort fait à Alain Savary, premier ministre de l’Education nationale de François Mitterrand qui visait à laïciser et à unifier l’enseignement secondaire en France, conformément aux promesses du programme commun qui, après 23 ans d’opposition, avait porté la gauche au pouvoir. L’idée était de réintégrer l’enseignement confessionnel dans un enseignement laïque en donnant aux écoles libres le statut « d’établissements d’intérêt privé » (E.P.I.), faisant passer le corps professoral sous le contrôle de l’Etat. Le 4 mars 1984, 600000 défenseurs de l’enseignement privé défilaient dans les rues de Versailles, ce qui amenait le retrait du texte et la démission du ministre, puisque les contre-manifestations organisées un mois et demi plus tard par le Comité National d’Action laïque, n’étaient pas apparues comme une défense suffisante et fiable. Avec le naufrage d’Alain Savary, sombrait le SPULEN (Service Public Unifié et Laïc de l’Education Nationale), l’une des propositions du Programme Commun, et ce ne serait pas la seule à connaître ce sort.

Cette affaire peut être considérée comme le début d’une lente reconquête par l’Eglise catholique d’une influence perdue, à laquelle il lui était impossible de renoncer, reconquête d’autant plus redoutable qu’elle s’est faite discrète, du moins jusqu’à nouvel ordre, ou plutôt nouveau rapport de forces.

La loi Debré, du 31 décembre 1959, établissant le contrat d’association avec l’Etat avait cru sauver le principe de laïcité en imposant que le caractère confessionnel propre à l’institution scolaire privée ne soit pas un critère d’admission ou de refus. Cette disposition qui avait fait à peu l’unanimité contre elle, est pourtant l’une des clefs de la réussite de cette loi apportant une seconde vie à un système devenu moribond pour des raisons financières. Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que l’enseignement privé a meilleure réputation que l’enseignement public et que la discipline, le soutien, les résultats sont autant de raisons qui incitent des familles de sensibilité agnostique, athée ou de confession musulmane à y envoyer leur progéniture, puisque c’est ce que cette disposition de la loi Debré permet.

Bien entendu, les parents en cause ignorent qu’ils envoient, par le fait, leurs enfants en terre de mission…C’est pourtant ce qui est clairement dit dans le nouveau statut de l’enseignement catholiqu promulgué par l’Assemblée plénière extraordinaire des évêques de France, réunis les 13 et 14 mars 1992 et qui est, sinon énoncé aux parents, en tous cas, bien spécifiés aux enseignants à leur embauche :

« Refusant tout endoctrinement, l’Enseignement catholique sait bien que sa mission consiste à servir l’homme. Nos établissements ne sont plus des établissements catholiques. Ils sont des lieux de mission. Un signe en est le nombre de baptêmes d’élèves chaque année. Les chefs d’établissement reçoivent de l’Eglise une mission d’évangélisation. Ils ont la responsabilité de faire de leur établissement des lieux, non seulement d’enseignement et d’éducation, mais aussi d’évangélisation. Nous croyons qu’éduquer des hommes et des femmes en leur proposant la Bonne Nouvelle du Christ, c’est rendre service à la société française. C’est pour cela que les établissements catholiques ne sont , en fait, pas « privés », mais associés au service public d’éducation. Le caractère propre de l’enseignement catholique, ce n’est pas la catéchèse, même si, bien sûr, elle a toute sa place, mais le bien, la cohérence, entre enseigner, éduquer, évangéliser »

Les écoles confessionnelles ne sont donc plus catholiques, ses responsables osent l’écrire, elles ne sont plus « privées », Elles sont le service public d’évangélisation. Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe. Par conséquent, cette nouvelle évangélisation qui se fait, comme nous l’avons vu précédemment au niveau de la planète et par différents moyens, se fait également en France, par le moyen des écoles « libres », financées par les fonds publics.

On aurait pu imaginer que l’opinion publique s’en émeuve. Ce n’est pas le cas, pas massivement en tous cas. Il est vrai que cette opinion pourrait se sentir découragée quand – sauf, elle ne le sait pas davantage, mais l’intéressé, lui, le sait – le ministre de l’Education nationale du moment, déjà Jack Lang, dont la laïcité se présente comme exemplaire, du moins à ses dires, - c’est lui, l ‘intéressé » -n’est en rien gêné de signer, un mois après cette déclaration des évêques, avec l’un des reponsables de l’enseignement privé, le Père Max Cloupet, un protocole d’accord prévoyant, entre autres, la formation des enseignants dans le cadre des IUFM

Ce détail est à retenir, car dans le registre des recommandations pratiques, le rapport de Régis Debray recommandera, pour la mise en oeuve de l’enseignement du fait religieux, de prévoir une formatin à l’intention des élèves-professeurs dans le cadre des IUFM.

Mais nous ne sommes encore que dans les années 1990. Dans cette même académie de Besançon dont Philippe Joutard est le recteur se tient, les 20 et 21 novembre 1991 un colloque qui diffuse aussi largement que possible les idées du rapport, tout en impliquant un certain nombre d’acteurs.

(à suivre)

(1) Debray Régis, Enseigner le fait religieux à l’école laïque, Odile Jacob 2002

(2) Nouailhat René, Le fait religieux dans l'enseignement [Texte imprimé] / R. Nouailhat – Magnard – 2000. –

(3) Borne Dominique et Willaime Jean-Paul (sous la direction de ) Enseigner les faits religieux, quels enjeux, Armand Colin 2007

(4) (CZAJKA Henri , JOUTARD Philippe, LEQUIN Yves (dir.), Enseigner l’histoire des religions dans une démarche laïque, CNDP/CRDP de Besançon, 1992, 348 p.

(5) En première, il est question du role de l’Eglise dans l’avènement de la société industrielle aux XIXème et Xxème siècles…En terminale, le “fait religieux” dans le monde contemporain est au programme.

(6) Cette pratique est facilitée par le fait que les programmes sont relativement chargés : une quarantaine d’heures en histoire pour la 6ème réparties en 32 semaines et que la naissance du christianisme se situe à la fin :

(7) L'accueil par l'Institut catholique de Paris, en janvier 2008 d'une session de formation (six mois, 400 heures de cours) à l'intention de futurs imams, en janvier 2008, fit couler beaucoup d'encre à l'époque pour être tout de suite après oublié. La chose la plus 'étonnante venait de ce que les 25 étudiants venant de la Mosquée de Paris, censés recevoir un module complémentaire, à une formation professionnalisation organisée par la Moquée de Paris sur le thème : "« Religions, laïcité, interculturalité». (par conséquent sans contenu théologique) s'était adressés au Bureau des cultes du Ministère de l'Intérieur qui s'était lui-même tourné vers plusieurs universités françaises, lesquelles déclinèrent la demande au nom du principe de laïcité. Seule la "catho" accepta, non sans que son recteur, Pierre Cahné, commente ainsi l'initiative "C'est la preuve du service que nous offrons à la cité". Cependant, l'Union des Organisations Islamiques de France et le Collectif des Musulmans de France dénonçaient l'opération, d'accord, pour la circonstance avec les groupuscules catholiques extrémistes qui faisaient valoir, quant à eux, que cela contribuait à banaliser "l'implantation douce de l'islam en France qui, lorsqu'il sera numériquement plus fort changera de visage". Souhaitant plutôt que l'on explique aux catholiques en quoi, la conception de Dieu, de l'homme et de la femme enseignée par l'islam est différente de celle du christianisme, le leader de droite Bernard Antony prophétisait en février 2008 que bientôt, des prêtres seraient reçus à la Mosquée de Paris pour une formation à la connaissance du Coran et des Hadiths. Polémique mise à part, il ne se trompait pas puisque le Service National pour les relations avec l’Islam (SRI), organe interne de l’Eglise de France, organisait du 3 au 10 juillet à Orsay une session de formation sur le thème de « Connaître et rencontrer les musulmans », avec au programme une large place faite à « l’initation au Coran »…

(8) Voir note 4.

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