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J'entends d'ici que l'on me dit : mais on le remplace par quoi ?
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Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'il y a trois bonnes raisons de l'abolir. (Et sans doute, plus).
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1° Il n'y a pas la moindre raison, il n'y a jamais eu la moindre raison pour que la majorité ait raison. Le juste et l'injuste, le vrai et le faux ne se mesurent pas quantitativement.
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2° La structure de l'électorat est tripartite : la droite qui vote toujours à droite; la gauche qui vote toujours à gauche; le centre qui vote tantôt à droite, tantôt à gauche. Ce que nous avons pris l'habitude d'appeler centre pourrait aussi bien s'appeler le parti des indécis. Il est anormal que ce soit les indécis qui fassent la décision.
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3° Le vote blanc et l'abstention ne sont pas pris en compte, alors que ce sont des attitudes politiques. Il peut arriver, il pourrait arriver que les abstentionnistes soient majoritaires. Il faudrait, dans ce cas, au nom du principe de la majorité, annuler l'élection. (*)
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jean-paul yves le goff
démocrate utopiste
républicain réaliste
http://www.lelivrelibre.net
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(*) La France s'étonne, en ce 22 novembre 2008, du problème créé par le fait que Martine Aubry l'emporte de 42 voix sur Ségolène Royal et la question des irrégularités est posée. On n'accorde pas la moindre attention au fait que parmi les militants (233.000 inscrits), ils sont quelques 130.000 seulement à avoir voté, donc, moins de 59 %, en d'autres termes, 42% d'abstention. J'aimerais comprendre comment un tel taux d'abstention est possible, chez des militants, par conséquent des citoyens par définition spécialement conscients et motivés, payant cotisation, compte tenu, en outre, de l'enjeu particulier de cette consultation: l'avenir de leur parti.
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J'aimerais bien que l'un de nos politologues fasse un billet là-dessus.