En direct de l'Elysée : Sarkozy en forme mais où est le fond ?

 Le Président de la République s'est exprimé hier alors que les sondages n'ont jamais été aussi mauvais pour lui, il est même actuellement le président le plus impopulaire de la Cinquième République.

 

Le Président de la République s'est exprimé hier alors que les sondages n'ont jamais été aussi mauvais pour lui, il est même actuellement le président le plus impopulaire de la Cinquième République.

L'économie a très vite été abordée, la France va mal nous dit-il, et je le crois, nier la dette comme certains commencent à le faire, c'est une erreur monumentale, la dette est là, entre 11000 et 20000 euros par habitant ce qui est conséquent et un jour forçément si on ne fait rien on en paiera le prix.

Et bien, sur ce plan je ne suis pas rassuré. Il a été très flou quant à la manière de réduire les déficits, il n'a cité que la réduction du nombre de postes de fonctionnaires ce qui est insuffisant pour avoir un déficit zéro en 2012. Il a maintenu sa croissance à 1,6, chiffre que aucun économiste ne pense crédible.

De plus, on a assisté à un dialogue de sourd sur le paquet fiscal qui reflète bien la situation, c'est à dire que lui dit j'ai donné du pouvoir d'achat alors que les français perçoivent cette mesure comme injuste et ils ont à mon avis raison. Je donne l'exemple des droits de succession, je connais un notaire qui m'a confié qu'il n'y a jamais autant de donations (elles aussi exonérées d'impôts) que c'est derniers temps. Et bien sûr pour faire des donations il faut avoir beaucoup d'économie et donc appartenir à une classe aisée. Quant aux heures supplémentaires, Mediapart le confirmait récemment elles coûtent plus chères qu'elles ne rapportent. Ici, chacun a campé sur ces positions, rien de neuf.

Sur l'éducation, dans un premier temps, j'ai été convaincu, je suis persuadé que le qualitatif vaut beaucoup mieux que le quantitatif. Le problème est qu'il faut que cela s'inscrive dans une réforme claire et précise, de revalorisation du statut de professeur. Et là, encore une fois, le fond, y en a pas, zéro. Il nous dit il faut respecter son maître, apparemment augmenter les salaires, baisser le nombre d'heures des élèves, mais tout ceci est juste très consensuel, on a aucun calendrier, aucune piste pour éclairer cette réforme capitale. Conclusion, même s'il a essayé de jouer sur les mots, on a toujours l'impression que tout ceci n'est que pure logique comptable et la pilule a du mal à passer.

Sur les retraites, là c'est aux journalistes qu'il faut en vouloir. Dire, 41 ans de cotisations, c'est bien beau, mais encore faut-il qu'on soit pas mis à la porte à 50 ans! Sinon qu'est-ce-qui va se passer ? Les gens seront contraints d'avoir une retraite moins élevée n'ayant pas pu cotiser assez longtemps, tout ceci revient donc à sa troisième hypothèse qu'il a exclue c'est à dire baisser les retraites.

Sur le « capitalisme qui marche sur la tête », belle formule il est vrai, mais concrétement encore une fois, on n'apprend strictement rien sur ce qu'il peut faire s'il y peut quelque chose ! Il se réfugie derrière l'europe mais je doute qu'il réussisse à convaincre les Etats-Unis de sanctionner quoi que ce soit !

Enfin, dernier point, il est presque révoltant que personne n'ait réagit là dessus, lorsqu'il parle de la politique étrangère, nous dire qu'il refuse de parler au président Iranien parce qu'il a dit qu'il fallait rayer Israël de la carte alors que Kadhafi a fait exactement la même chose par la voix d'un de ses ministres, c'est vraiment culotté.

90 minutes pour rien alors ? On n'a quand même plus admirer une très belle salle des fêtes de l'élysée, un président sans doute un peu plus dans son rôle même s'il me donne toujours l'impression d'être en campagne, on a d'ailleurs eu le droit a son bon vieux slogan, il faut mettre son énergie pour faire plutôt que pour durer.

J'attendais un cap, et bien pour le moment, le brouillard gouvernemental est toujours aussi épais ....

 

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