Didier Seban : champion des dossiers perdus

Dans la cellule de son cabinet consacrée depuis quinze ans aux affaires criminelles non élucidées, Didier Seban, 59 ans, vient de reprendre la pire énigme de Paris : celle de "l’homme au visage grêlé". Ce sauvage tueur et violeur en série des années 1980 et 1990 est toujours recherché. Comme pour les quelque soixante autres cas où Didier Seban agit en partie civile avec ses associés Corinne Herrmann et Camille Rigal, il s’agit de réveiller des vieux dossiers. Il sollicite souvent des recherches rendues possibles par les progrès de la génétique ou de la science. Parfois, il empêche un enterrement judiciaire définitif, comme en 2015, où Me Seban a obtenu à Grenoble la réouverture d’une procédure sur deux disparitions d’enfants et un enlèvement dans les années 1980. "On me reproche de faire de l’archéologie judiciaire. Mais les meurtriers oubliés sont toujours en âge de passer à l’acte !" C’est souvent à fonds perdus que cet ancien communiste, natif de Casablanca, président du syndicat étudiant Unef dans sa jeunesse, agit dans ces "cold cases" pour des familles modestes. Plaideur posé, brillant et d’une grande humanité, il est aussi un avocat de référence pour les collectivités territoriales. En avril 2016, il a obtenu la réduction en appel de la peine du maire de la Faute-sur-Mer, mis en cause pour les victimes de la tempête Xynthia.

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