Georges Kiejman : l'avocat de Liliane Bettencourt

A fleur de peau, grand séducteur et amateur de bons mots.Georges Kiejman, l'avocat de Liliane Bettnecourt est un franc-tireur du barreau.

Georges Kiejman prête serment au barreau de Paris en décembre 1953 ; il obtient la coupe d'éloquence des jeunes avocats (UJA) en 1954 ; il est nommé deuxième secrétaire de la conférence du stage en 1955.

De 1962 à 1991, il est l'avocat de nombreux éditeurs, notamment des éditions Gallimard. À cette occasion, il plaide pour Eugène Ionesco, Henri de Montherlant, et les héritiers d'Albert Camus. Il assure la défense des éditions du Seuil dans la série de procès intentés au livre Les Dossiers noirs de la police française de Denis Langlois.

En 1976, il défend Pierre Goldman et, aidé par un comité de soutien de personnalités intellectuelles ou artistiques de gauche, obtient son acquittement du meurtre de deux pharmaciennes.

En 1977, il défend Guy Debord et l'éditeur Gérard Lebovici. Les lettres polémiques qu'ils s'échangèrent sont recueillies dans le volume 1 de la Correspondance des Éditions Champ Libre publié en 1978.

Il est l'avocat d'Alain Caillol, criminel français condamné en 1982 à vingt ans de réclusion criminelle pour la séquestration du baron d'Empain.

Il est également l'avocat des Cahiers du Cinéma et de réalisateurs de la Nouvelle Vague (François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Louis Malle, Constantin Costa-Gavras et Maurice Pialat), ainsi que pour de nombreux acteurs (Simone Signoret, Jeanne Moreau, Yves Montand, Sophie Marceau). Cela le conduira à être président de la commission d'avance sur recettes de films (1989-1990).

En 1987, il est l'avocat du gouvernement américain dans le procès qui conduit à la condamnation à perpétuité du chef des FARL, Georges Ibrahim Abdallah.

En 1987, il est l'avocat de la famille de Malik Oussékine, l'étudiant tué en marge d'une manifestation contre le projet de loi Devaquet. Il s'est battu activement pour la libération des enfants du Général Oufkir, détenus au Maroc jusqu'en 1991.

En 1996, il est l'avocat des héritiers de François Mitterrand, parties civiles lors du procès du Docteur Gubler. ce dernier étant accusé par le Ministère public de violer le secret médical dans son livre Le Grand Secret. En 1998, il obtient la condamnation du journaliste Gérard Chauvy pour diffamation envers les époux Lucie et Raymond Aubrac.

En 2002, il est l'avocat de la famille de Ghislaine Marchal devant la Cour de révision à l'occasion de la tentative de révision du procès Omar Raddad. Ce dernier est défendu par Jacques Vergès.

En 2005, il défend la psychanalyste Élisabeth Roudinesco, attaquée en diffamation pour avoir suggéré un « antisémitisme masqué » instillé par l’ouvrage Mensonges freudiens de Jacques Bénesteau et le Club de l'horloge.

En 2007, il est avec Richard Malka l'un des deux avocats à la défense de l'hebdomadaire Charlie Hebdo lors du procès concernant les caricatures de Mahomet, intenté par l'UOIF, le Conseil français du culte musulman et la Mosquée de Paris à l'issue duquel le journal est relaxé.

En tant qu'avocat, c'est lui qui pilota la procédure de divorce à l'amiable entre Nicolas Sarkozy et Cécilia Sarkozy ou qui représenta la famille de Marie Trintignant dans le procès de Bertrand Cantat.

En 2009, il défend Roman Polanski.

Il devait être l'avocat de Liliane Bettencourt dans le procès l'opposant à sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers ; le procès n'eut pas lieu à la suite d'un accord conclu entre les protagonistes de l'affaire Banier-Bettencourt. Ses services ont été rémunérés à hauteur de 1,2 million d'euros.

En 2011, il rejoint la défense de l'ancien président Jacques Chirac.

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