Medialogie : BHL, la Libye, le Mali, la Syrie…

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Je n'ai malheureusement pas l'occasion de lire (enfin, de sitôt) l'entretien exclusif de Bernard-Henri Lévy avec des journalistes de Nice-Matin, passé dans le giron de Bernard Tapie, publié ce lundi 14 janvier 2013.

Je m'en remets au titre paru sur le site du quotidien (« Hollande a compris que les terroristes n'ont pas de frontière ») et à cette phrase relative à l'intervention militaire française au Mali : « Les terroristes n'ont pas de frontières. Les démocrates ne doivent pas en avoir non plus. Le poison, le vrai poison, c'est le souverainisme. Et je suis heureux que Hollande, comme Sarkozy, l'ait compris. La Libye a fait précédent, le Mali fera jurisprudence. ».

Transposons : je suis heureux que Poutine, comme Sarkozy, l'ait compris. Le Mali fera jurisprudence et ouvrira la voie à une intervention de la Russie et de l'Iran en Syrie.

J'aimerais lire au plus vite l'ensemble de l'entretien pour vérifier si une question sur la Syrie a été posée à BHL.
Il semble qu'il ait été interrogé sur Gérard Depardieu, dont on s'attend qu'après avoir eu vent de l'entretien de BHL, il interpelle Poutine et l'appelle, avec la Très Sainte et Très Orthodoxe Russie, à soutenir l'offensive française au nord du Mali. Et puis, une nouvelle version de Babette s'en va en guerre, avec Brigitte Bardot sous le casque au Mali, ce serait certainement bienvenu.
Ah, mais non, BHL ajoute : « la seule chose qui m’a vraiment choqué ce sont les déclarations de Depardieu sur la Russie de Poutine. Traiter en grand démocrate le massacreur des Tchéchènes, le tortionnaire des Pussy Riot, l’homme qui continue d’envoyer au goulag les ennemis de son régime, c’est assez dégueulasse. ».

Sur divers points de l'implication de la France au Mali, on pourra consulter sur Come4News (.com) :
« La France frappe au cœur : boum, La Mecque rasée ».
Mais c'est un autre sujet.

Il s'agira de constater, à la lecture de l'édition papier de Nice-Matin, comment se mène un entretien avec Bernard-Henri Lévy, ou plutôt ce qu'il en résulte. Les bonnes questions ont-elles été posées ? Les bonnes questions de relance ont-elles suivi (pour savoir ce qu'il en aurait résulté, il faudrait obtenir des informations de la rédaction de Nice-Matin, notamment du secrétariat de rédaction). ?

Comment BHL choisit-il ses formules (ainsi de « mieux vaut un enfant adopté par des homosexuels aimants que mis au congélateur que mis au congélateur par les époux Courjault ») ? Lui rétorque-t-on que Jean-Louis Courjault a obtenu un non-lieu (pour l'accusation de complicité) ou non ?

Alors que, pour La Règle du Jeu, BHL envisage pour la Syrie « le pire scénario [qui] laisserait face à face, le moment venu, extrémistes et démocrates, fous de Dieu et musulmans modérés », lui est-il opposé quelques similitudes avec la Libye d'à-présent ? Lorsqu'il préconise de faire en Syrie « ce que les Américains ont fait en Irak », lui oppose-t-on ce qu'il en subsiste aujourd'hui ?

Une chose est sûre, comme il l'énonce : « Poutine ne mourra pas pour Tartous ». Et Bernard-Henri Lévy ne mourra pas pour Bamako.

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