Turquie, la résistance écolo contre l'hyperprésidence

"Les défenseurs de la vie disent Non!". Rassemblement contre la réforme constitutionnelle d'organisations environnementalistes. Le 16 avril prochain les Turcs sont appelés à se prononcer par référendum sur une réforme visant à renforcer les pouvoirs de la fonction présidentielle © Jérémie Berlioux "Les défenseurs de la vie disent Non!". Rassemblement contre la réforme constitutionnelle d'organisations environnementalistes. Le 16 avril prochain les Turcs sont appelés à se prononcer par référendum sur une réforme visant à renforcer les pouvoirs de la fonction présidentielle © Jérémie Berlioux

"Les défenseurs de la vie disent Non!". Les organisations de défense de l'environnement s'opposent à la réforme constitutionnelle proposée par le Parti de la Justice et du Développement (AKP) du Président Erdogan. Pour rappel, le 16 avril, 50 millions de Turcs sont appelés à ce prononcer sur une réforme constitutionnelle qui pourrait radicalement augmenter les pouvoirs de la fonction présidentielle. L'AKP et son allié le Parti d'Action Nationaliste (MHP, extrême droite) prétendent que cette réforme donnera au gouvernement la stabilité et les moyens de faire face aux défis du moment : terrorisme (PKK, TAK, FETO, DAESH) et difficultés économiques, notamment. 

Les organisations de défense de l'environnement ne sont pas du même avis. Ce dimanche 26 février, une centaine d'activistes de diverses organisations se sont donc rassemblés dans le Parc Maçka, en plein centre d'Istanbul pour déclarer leur opposition à la réforme constitutionnelle au nom de la démocratie, des libertés publiques et de la protection de l'environnement. Tout, donc, sauf Reccep Tayyip Erdogan qu'un activiste présent aime à qualifier de "roi du béton". "Si Erdogan obtient définitivement les pleins pouvoirs, on peut dire adieu à la démocratie et adieu à la nature superbe de Turquie", ajoute-t-il. 

La campagne référendaire divise un peu plus un pays à bout de nerfs et polarisé à l'extrême. Les tenants du "oui" n'hésitent pas à assimiler leurs opposants, y compris des partis politiques légaux, à des organisations terroristes. Nul ne peut prédire ce qui se passera si le "non" l'emporte. Ce samedi, les participants ne se faisaient pas beaucoup d'illusions. Ils savent qu'une victoire de leur camp pourrait leur couter cher.

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